Analytique, complet, indépendant |
|
Institutions / InstitutionsImprimer l'article | ![]() ConseilLa Belgique en pleine crise politique reprend la direction de l’UEPar Eric Ravenne | lundi 06 septembre 2010
Alors que les travaux européens retrouvent leur rythme de croisière après la pause estivale, la Belgique reprend les rênes de l’Union pour quatre mois de présidence sans avoir résolu ses problèmes politiques internes. Les négociations de réforme de l’Etat, qui avaient pourtant démarré dans un climat optimiste, ont en effet débouché dans une nouvelle impasse. Le « préformateur », Elio Di Rupo (socialiste), qui était pressenti pour devenir Premier ministre, a rendu sa démission le 3 septembre après avoir échoué à mettre d’accord les deux communautés du pays. Malgré l’ampleur de la réforme envisagée, qui prévoyait de larges transferts de compétences vers les Régions et la résolution du problème de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le dernier compromis n’a pas suffi aux nationalistes (N-VA) et aux chrétiens-démocrates (CD&V) flamands. Conformément à la pratique, le Roi Albert II a donc désigné deux médiateurs, une décision qui rappelle la dernière crise de 2007, où le Souverain avait déployé une créativité sans précédent en la matière, nommant des « explorateurs » et autres « démineurs ». Mais, en tout état de cause, la formation d’un gouvernement n’est pas imminente : une fois conclu un accord institutionnel, les partis de la majorité devront encore s’entendre sur un vaste programme d’économies avant de constituer l’équipe gouvernementale. Certains responsables belges devront donc mener de front ces négociations ardues et la gestion de la présidence belge du Conseil de l’UE, au prix d’un agenda très serré. C’est le cas notamment de la ministre de l’emploi, Joëlle Milquet, et de la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx. Le ministre des Finances, Didier Reynders n’est pas dans cette situation : son parti, le MR, a en effet connu un revers aux dernières élections et ne participe pas aux pourparlers gouvernementaux. Le président en exercice de l’EcoFin a mis à profit son temps libre pour dégager un accord en trilogue sur la supervision financière. Il ne devrait pas s’ennuyer non plus dans les prochaines semaines. De la taxe sur les transactions financières aux capitaux des banques, l’ordre du jour de l’EcoFin est très chargé. A l’instar de M. Reynders, la Belgique s’efforcera dans les prochains mois de prouver qu’elle peut assumer ses responsabilités européennes. Le 5 septembre, le Premier ministre en affaires courantes, Yves Leterme, a rencontré le président de la Commission, José Manuel Barroso, pour évoquer les dossiers de la rentrée, notamment les « initiatives-phares », attendues dans le cadre de la nouvelle stratégie « UE 2020 ». La Commission, qui a déjà présenté un agenda numérique, a confirmé qu’elle déposerait prochainement des projets en matière d’innovation, de jeunesse, de pauvreté et de politique industrielle. La Belgique espère qu’elle pourra y exercer ses talents de médiation entre les 27. Faute de réussir à faire s’entendre les deux communautés qui la composent. |
|



Election des questeurs du Parlement -
