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Institutions / Réformes institutionnellesImprimer l'article | ![]() Politique européenneFortes attentes de la gauche européenne à François HollandePar Pierre Lemoine à Rome | jeudi 03 mai 2012
Devant un parterre d’économistes et de politiques de la gauche européenne, réunis en séminaire à Rome, Mario Monti, en homme tranquille des réformes impopulaires en Italie, a joué, le 2 mai, à l’homme du recours au niveau de l’UE. Anticipant la victoire du candidat socialiste, François Hollande, à l’élection présidentielle en France ce dimanche 6 mai, le président du Conseil italien a déclaré : « Ce qui pourrait se produire en France pourrait devenir un facteur important » de l’évolution politique et économique dans l’UE, ajoutant : « Je n’ai pas besoin de souligner avec fierté ce que nous avons réalisé jusqu’à ce jour en Italie » (sous-entendu depuis sa prise de fonctions en novembre dernier à la tête d’un gouvernement de techniciens qui a l’appui du centre doit et du centre gauche). Dans la foulée, il a fait une offre de services sans équivoque : « Je pense que l’Italie occupe une bonne position pour aider la France et l’Allemagne à trouver un nouvel équilibre si la question se pose »car « nous avons réussi à devenir plus présents, et j’espère plus convaincants, dans le cadre européen ». L’ancien commissaire européen au marché intérieur puis à la concurrence faisait allusion aux nouvelles politiques que François Hollande espère pouvoir mettre en place pour desserrer l’étau du pacte budgétaire européen, voulu par la chancelière Angela Merkel. Le positionnement de Mario Monti trahit son souci d’obtenir de l’Allemagne des assouplissements mais sans la brusquer : « Dans le débat sur les crises de la dette publique, a-t-il dit, nous avons besoin, d’un côté, de faire pression sur l’Allemagne. De l’autre, nous devrions être reconnaissants à l’Allemagne car, au début des années 1990, des règles contraignantes ont été mises en place, qui peuvent apparaître aujourd’hui archaïques et perverses, mais, sans ces règles, l’Allemagne n’aurait jamais accepté de partager sa monnaie et, sans ces règles, à mon avis, l’Italie serait restée empêtrée dans des cercles vicieux. Sans l’économie sociale de marché, que nous partageons en Europe malgré nos différences culturelles et économiques, nous n’aurions pas d’autorité de la concurrence, pas de règles sur les déficits, nous aurions eu l’inflation ». Massimo d’Alema, président de la fondation de gauche Italianieuropei, ancien président du conseil des ministres et ancien ministre des affaires étrangères italien, nuance la proposition Monti. A Europolitique, il a dit : « La France et l’Allemagne n’ont pas besoin d’intermédiaire. Si le bloc Merkozy disparaît, l’Italie aura évidemment un rôle à jouer. Cela permettra peut-être aux institutions européennes de reprendre l’initiative. L’Allemagne et la France auront toujours un rôle particulier mais celui-ci doit être mis au service de l’Europe ». D’Alema, comme d’autres dirigeants socialistes et sociaux-démocrates présents à Rome, a exprimé de fortes attentes à l’égard de François Hollande : « François Hollande a demandé la renégociation du traité budgétaire, pas parce qu’il est contre la rigueur mais parce qu’il faut un engagement européen pour la croissance. Je pense que la France dirigée par Hollande sera un partenaire précieux pour l’Italie et pour Monti ». Hannes Swoboda, patron du groupe S&D du Parlement européen, a ajouté : « On a besoin d’une solution globale et d’une réponse très forte à une solution qui est devenue gravissime avec un chômage des jeunes très inquiétant, on ne veut pas de changements gadgets comme ceux annoncés aux derniers sommets européens. Avec un Président Hollande en France, avec d’autres victoires qui renforceront la démocratie sociale en Europe, on pourra changer la gouvernance économique européenne ». Ernst Stetter, secrétaire général de Fondation for European Progressive Studies, principal organisateur de la réunion de Rome, a précisé : « L’important est qu’il existe un projet pour mettre fin aux politiques d’austérité. Le projet peut se faire sur la base du développement des instruments qui ont été mis en avant, comme la taxe sur les transactions financières, comme l’augmentation du capital de la Banque européenne d’investissements ». |
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