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Institutions / Réformes institutionnellesImprimer l'article | ![]() Initiative citoyenne européenneAttention aux « ambitions irréalistes », prévient Martin SchulzPar Elise Mertens | jeudi 29 mars 2012
« L’initiative citoyenne européenne permet une nouvelle forme de démocratie participative mais il ne faut pas avoir des ambitions irréalistes », a prévenu le président du Parlement européen, Martin Schulz, présent aux côtés du commissaire chargé des relations interinstitutionnelles et administratives, Marcos Sefcovic, et du ministre des Affaires étrangères danois, Nicolai Wammen, lors d’une conférence de presse le 28 mars à Bruxelles en vue du lancement de l’ICE début avril. « Cela va permettre de rendre l’Union européenne encore plus démocratique en donnant la possibilité aux citoyens de définir l’agenda européen mais ce n’est pas un remède miracle », a renchéri le ministre danois. L’ICE est souvent présenté comme un instrument pour renforcer l’expression citoyenne et combler le déficit démocratique de l’UE. Mais attention, cet outil ne réglera pas non plus tous les problèmes et toutes les propositions citoyennes ne pourront pas être prises en compte : « Les citoyens pourront mettre leurs desideratas à l’ordre du jour mais on ne peut pas garantir que toutes les ICE se transformeront en législations. De toute façon, ce n’est pas le but : l’ICE est un moyen supplémentaire de faire valoir la démocratie mais ne doit pas devenir une alternative aux processus législatifs qui existent déjà », a affirmé Nicolai Wammen. Selon Marcos Sefcovic, cela aura pour effet majeur de revitaliser le débat européen en créant un espace politique plus fort : « Avec un million de signatures en provenance de minimum sept pays, les citoyens européens vont devoir établir un discours transfrontalier et discuter tous ensemble de ce qui compte vraiment pour eux. » INITIATIVE CITOYENNE OU POLITIQUE ?Reste qu’une des craintes les plus récurrentes est de voir le citoyen lambda dépossédé de sa nouvelle influence par les lobbies, les grandes ONG, les parlementaires ou encore les partenaires sociaux. En effet, l’initiative citoyenne pourrait aussi être un moyen détourné pour les acteurs politiques de faire parvenir leurs revendications à la Commission : d’une politique sur l’égalité salariale à l’instauration de la taxe sur les transactions financières en passant par la création d’une ligne budgétaire pour l’aide alimentaire, les idées fusent déjà de partout. Mais le commissaire n’est pas inquiet car qui que soit l’initiateur d’une ICE, il aura tout de même besoin du soutien d’un million de citoyens européens. Du coup, pas de risque selon lui que ceux-ci disparaissent du cœur du processus : « Même si parfois, les politiques ont une bonne idée, ils n’arrivent pas toujours à la mettre en œuvre. Or, avec un tel soutien populaire, une proposition ne pourra pas être ignorée et il faudra forcément ouvrir un débat politique. » Pour le moment, en tout cas, l’heure est à l’optimisme, comme on peut le constater dans le chef de l’eurodéputé français, Joseph Daul (France, PPE) : « Le 1er avril est un jour important pour la démocratie directe en Europe. Nous pourrions même l’appeler Journée des Citoyens Européens. » |
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