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Economie & monnaie / Euro & UEMImprimer l'article | ![]() Zone euroPas de FME sans modification du traité, selon André SapirPar Sarah Collins | mercredi 10 mars 2010
L’UE devra revoir le traité de Lisbonne pour assurer la stabilité de l’euro, estime André Sapir, économiste au centre de réflexion financier Bruegel. Il s’est prononcé en faveur d’un organe européen de prêt en dernier recours, du type du FMI, qui, selon lui, est la seule façon de s’assurer qu’une autre crise n’affecte pas la zone euro. « Un jour, vous aurez toujours besoin d’un prêteur de dernier recours. Les pays en meilleure situation devront y entrer», a-t-il déclaré le 10 mars à Bruxelles lors d’un débat à la Fondation Madariaga. Cet avis a pour toile de fond le débat sur un éventuel fonds monétaire européen (FME) et l’implication de l’Allemagne. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a récemment présenté un projet pour un tel fonds, largement basé sur un document informel émanant du chef économiste de la Deutsche Bank Thomas Mayer et de Daniel Gros, économiste au Centre for European Policy Studies. Ce document propose un prêteur de dernier recours alimenté par les États membres en défaut, comme la Grèce, l’Irlande ou la Lettonie, qui ont dépassé les seuils de déficit et de dette fixés par le Pacte de stabilité et de croissance (voir Europolitique n°3935). Pour M. Sapir, la Commission pourrait étendre aux pays de la zone euro l’article 143 du traité de Lisbonne, qui prévoit une aide à la balance des paiements pour les pays hors zone euro. Ce mécanisme a été utilisé l’an dernier pour la Lettonie, la Hongrie et la Roumanie, ces pays acceptant d’imposer de sévères coupes budgétaires. « Nous avons déjà un fonds monétaire européenne», a-t-il dit, « mais il n’est disponible que pour les pays hors zone euro». Il a ajouté qu’il serait «déraisonnable»de demander sans cesse des mesures d’austérité aux Grecs sans au moins la perspective ultime d’une aide. « Ce serait terrible si nous devions imposer de Bruxelles une austérité budgétaire de style FMI sans la partie prêt. Ce serait les tuer», dit-il. Soit on fait appel au FMI - avec cette composante «aide» - soit on prévoit un prêt du côté européen. Le président de la Commission José Manuel Barroso a déclaré le 9 mars à Strasbourg que l’UE travaillait « activement avec les membres de la zone euro pour élaborer un mécanisme que la Grèce pourrait utiliser en cas de besoin ». Il a ajouté que « la Commission est prête à proposer un cadre européen pour une assistance coordonnée, ce qui nécessiterait le soutien des États membres de la zone euro ». Sans vouloir préciser son fonctionnement pratique, il a précisé qu’il ne violerait pas la clause de non-renflouement du traité de Lisbonne (article 123) et inclurait une « stricte conditionnalité » pour la Grèce. L’article 123 interdit à la Banque centrale européenne ou aux banques centrales nationales de proposer des crédits ou «facilités de crédit» aux gouvernements, ce qui s’opposerait au plan allemand évoqué pour garantir la dette grecque, dit M.Sapir. L’idée de FME sera évoquée lors de la réunion de l’eurogroupe et du Conseil EcoFin les 15-16 mars. |
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L’admissibilité toujours en débat -