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Economie & monnaie / Euro & UEMImprimer l'article | ![]() Banque centrale européenneMario Draghi revient avec son projet de « pacte de croissance »Par Sarah Collins | jeudi 03 mai 2012
Le Président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a étoffé son idée d’un « pacte de croissance » pour la zone euro tout en insistant sur la poursuite des réductions budgétaires, la réforme du travail et de la concurrence et un programme d’infrastructure financé par l’UE pour les régions pauvres. « Nous devons remettre la croissance au coeur de l’agenda tout en poursuivant l’effort budgétaire », a-t-il déclaré à Barcelone le 3 mai, à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE. « Il faut une discipline commune européenne dans la réalisation de ces réformes, rappelant ce que nous avons pu mettre en place pour la discipline monétaire et budgétaire au niveau de la zone euro », a-t-il affirmé. Selon lui, les responsables politiques doivent s’engager sur une « voie pour l’euro » notamment en cédant plus de pouvoirs à l’UE en termes de politique budgétaire. « Si nous voulons une union budgétaire, nous devons accepter la délégation de la souveraineté budgétaire des gouvernements nationaux vers une certaine forme d’autorité centrale », a-t-il déclaré. « La clarté sur notre avenir européen commun est un ingrédient important de la croissance », a-t-il ajouté. Pour M. Draghi, il faut faire revenir les investissements privés sur le marché en levant les obstacles juridiques à la concurrence entre les entreprises et en modifiant les règles qui empêchent les employeurs de licencier les travailleurs âgés. « Qui va créer des emplois ? Le secteur privé crée des emplois, et certains - peu- seront créés par le secteur public par le biais de dépenses dans les infrastructures », a-t-il dit. M. Draghi pense que les réformes doivent être entreprises « avec conviction et rigueur. Cela libérera des énergies dans le secteur privé qui créera des emplois ». Il a ajouté que l’UE pourrait injecter de l’argent dans les secteurs à faible rentrées via le budget et la Banque européenne d’investissement. Le Président de la BCE a ainsi changé de ton alors que sévit une double récession causée, selon le commissaire à l’Emploi László Andor, partiellement par le fait que les deux dernières années ont été marquées par « la consolidation budgétaire et la dévaluation interne ». La Commission a donc plaidé pour une augmentation de capital de la BEI de 10 milliards d’euros et pour l’introduction d’obligations de projets (en énergie, transports et renouvelables). M. Draghi estime que les gouvernements doivent continuer à réduire leurs dépenses, surtout de « non investissement », et essayer de ne pas augmenter les taxes. Par ailleurs, la BCE a maintenu à 1 % son taux directeur pour le cinquième mois d’affilée, et ses taux d’emprunt à un jour et de dépôt à 1,75 % et 0,25 %, respectivement. M. Draghi a noté une « stabilisation de l’activité économique à un niveau bas » et a averti que les problèmes de dette souveraine pourraient encore freiner la croissance. Il a félicité l’Espagne et l’Italie pour leurs réformes et estimé que certains gouvernements « devaient être plus ambitieux ». |
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