Zone euro
Echos de la crise
mardi 10 avril 2012
Rome va réviser en forte baisse sa prévision de PIB pour 2012 - Le gouvernement italien va réviser en forte baisse sa prévision de PIB pour cette année mais ne devrait pas en revanche modifier ses prévisions de déficit public, affirme le 10 avril le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Alors que la dernière prévision officielle du gouvernement datant de décembre fait état d’une contraction du PIB de 0,4 % en 2012, le gouvernement devrait tabler sur une contraction comprise entre « 1,3 % et 1,5 % », selon Il Sole. Cette nouvelle prévision, qui «
est encore susceptible de varier », sera «
transmise d’ici peu à Bruxelles », ajoute le journal. L’UE prévoyait déjà une baisse de 1,3 % du PIB italien cette année tandis que le FMI table sur une contraction de 2,2 %. En ce qui concerne le déficit public, Rome compte toujours en revanche arriver à l’équilibre budgétaire en 2013 et enregistrer un déficit de 1,3 % cette année, assure le quotidien.
Portugal : les emprunts des banques auprès de la BCE à un nouveau plus haut- Les emprunts des banques portugaises auprès de la BCE ont atteint en mars un nouveau record de 56,3 milliards d’euros, selon des données publiées le 9 avril par la Banque du Portugal. Ce chiffre représente un nouveau plus haut depuis le record historique enregistré en août 2010, à 49,1 milliards d’euros. Fin février, les emprunts auprès de la BCE s’élevaient à 47,5 milliards. Par ailleurs, le niveau des créances douteuses des entreprises et des ménages a atteint en février de nouveaux sommets depuis que la Banque du Portugal a commencé à recueillir ces données en 1997, respectivement à 8,28 et 4,87 milliards d’euros. Sans accès au marché interbancaire depuis l’éclatement de la crise de la dette en zone euro, les banques portugaises sont devenues très dépendantes du financement de la BCE, qui a maintenu le 4 avril son taux directeur à 1 % et écarté un abandon de ses mesures anti-crise.
En plus d’un taux d’intérêt historiquement bas, ces mesures consistent en un soutien quasi inconditionnel aux banques de la zone euro, dont la dernière illustration en est le prêt de 1 000 milliards d’euros sur trois ans à quelque 800 établissements lors de deux opérations en décembre et février.
L’IIF veut moins d’austérité et plus de ressources communes - L’organisation bancaire internationale IIF a plaidé le 9 avril pour moins d’austérité budgétaire et plus de ressources communes afin de sortir de la crise économique en zone euro. «
L’accent mis jusqu’ici sur l’austérité budgétaire, bien que dans une certaine mesure nécessaire pour les pays en difficulté pour se financer sur les marchés, est excessif quand elle est généralisée », écrit l’Institut de la finance internationale dans sa lettre semestrielle de recommandations aux Etats membres du FMI. Cette austérité «
a déjà contribué à une forte contraction de la demande intérieure dans la zone euro dans son ensemble », a déploré l’IIF. Selon l’organisation, «
il importe d’aller au-delà de la seule discipline budgétaire » et « de s’engager dans un rééquilibrage budgétaire plus progressif et différencié entre pays affaiblis, pays à excédent comme l’Allemagne et autres pays disposant d’une marge de manoeuvre, de façon à éviter le risque d’un excès d’austérité ».
Espagne : le gouvernement veut redéfinir les dépenses des régions - Le gouvernement espagnol entend redéfinir les dépenses des régions, notamment en matière de santé et d’éducation, afin de réduire le déficit public, a affirmé le 9 avril le ministre du Budget, Cristobal Montoro. Face à une nouvelle crise de confiance des marchés et à l’inquiétude de ses voisins européens, Madrid multiplie les déclarations assurant que l’Espagne va remplir son objectif de réduction du déficit public, revu à la hausse, à 5,3 % du PIB pour 2012, contre 4,4 % prévus précédemment. «
Il est nécessaire d’avoir un pays plus fiable face à nos créanciers et nos partenaires européens », a souligné le ministre dans un entretien au journal El Mundo. «
Nous allons définir avec les communautés autonomes quels services publics elles doivent offrir, en matière de santé, d’éducation et de prestations » sociales, a-t-il déclaré. Les régions doivent «
renoncer à dépenser une grande part de ce qu’elles dépensent aujourd’hui », a-t-il ajouté.