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Politiques externes / USA-UE Sécurité alimentaireImprimer l'article | ![]() VolailleVolailles chlorées : une « interdiction injustifiée » ?Par Brian Beary | jeudi 25 juin 2009
![]() Depuis 1996, les volailles américaines ne peuvent plus être vendues en Europe. L’UE s’oppose aux traitements anti-salmonelles appliqués par l’industrie américaine aux produits volaillers. Les carcasses sont trempées dans des bains de chlore ou de solutions similaires pour être désinfectées. Pour l’UE, cette méthode est trop radicale et inutile si, tout au long de la chaîne de production, on lutte contre le développement des bactéries. « Nous pensons que le traitement ouvre la porte à la négligence durant la production », précise un fonctionnaire européen. « Nous voulons empêcher toute contamination. Nous contrôlons les niveaux de salmonelles dans les élevages de volailles. Si les tests pratiqués dans les élevages sont positifs, la vente de volailles entières, fraîches ou congelées, provenant des élevages concernés est interdite – seuls les produits transformés, comme les nuggets de poulet, peuvent être vendus. » De plus, depuis 2004, un règlement européen (835/CE) prévoit que les produits carnés doivent être lavés à l’eau potable. En 2007, l’administration américaine a placé cette question à l’ordre du jour du Conseil économique transatlantique (CET), l’instance intergouvernementale créée en avril 2007 pour supprimer les obstacles commerciaux liés à la réglementation. La Commission a présenté un compromis en juin 2008. Ce texte lève l’interdiction à la condition que les producteurs américains utilisent exclusivement un des quatre traitements de réduction des agents pathogènes (PRT) à la fois, lavent les volailles dans de l’eau potable par la suite et appliquent sur le produit une étiquette signalant qu’il a subi les traitements PRT. De plus, les eaux usées provenant des usines de traitement américaines doivent être conformes aux exigences européennes en matière d’environnement. REJET DU COMPROMIS DE LA COMMISSIONCe compromis n’a satisfait aucune des deux parties. « Il comportait de sérieuses lacunes », selon un fonctionnaire américain au commerce. Les Etats-Unis ont estimé que la formulation proposée (« décontaminé par des produits chimiques » ou « traités avec des substances antimicrobiennes ») était un avertissement qui aurait conduit le consommateur européen à ne pas acheter le produit. Les ministres européens de l’agriculture ont rejeté le texte eux aussi, en décembre 2008, dans un vote 26-0 (le Royaume-Uni s’est abstenu). En janvier 2009, l’administration américaine a décidé de déposer plainte à l’OMC. Les consultations informelles se sont mal passées et Washington devrait demander la constitution d’un groupe spécial. Selon Richard Loeb du Conseil américain de la volaille, un lobby de l’industrie américaine de la volaille, l’interdiction européenne des volailles américaines remonte aux années 1950. Il explique que l’UE a d’abord imposé des quotas et des droits tarifaires. Dès qu’ils ont été interdits par l’OMC dans les années 1990, l’UE a commencé à appliquer des mesures de sécurité alimentaire. Même en France, les élevages de volailles utilisent l’hyper chloration pour les exportations vers le Moyen-Orient et le chlore pour le traitement des volailles destinées au marché national, affirme M. Loeb. L’élargissement de l’UE a également nui aux exportations de volailles américaines. « Nous avions un marché en Pologne mais nous l’avons perdu depuis que ce pays est entré dans l’UE et a dû se conformer aux exigences européennes ». L’industrie américaine estime son potentiel d’exportation sur le marché européen à 200-300 millions de dollars. Ce déficit est comblé principalement par le Brésil. Le plus grand producteur européen est la France, suivie de près par l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne et la Hongrie. Les exportateurs américains de volailles se sont tournés vers d’autres marchés, notamment la Chine, la Russie le Mexique et le Canada. Selon M. Loeb, l’utilisation du chlore n’est pas juridiquement obligatoire aux Etats-Unis mais aucune alternative n’a été prévue pour le contrôle des salmonelles. Un fonctionnaire européen a admis que les problèmes rapportés de volailles contaminées aux salmonelles sont plus nombreux en Europe qu’aux Etats-Unis, mais il a ajouté que cela peut être dû au fait que le niveau de problèmes divulgués est plus élevé en Europe. Quoi qu’il en soit, les deux parties s’entendent sur le fait que la contamination des volailles par les salmonelles est un vrai problème. SALMONELLES : UN VRAI PROBLÈME« Si nous voulons sérieusement respecter nos objectifs en matière de salmonelles, il nous faudra utiliser toutes les moyens possibles : prévention et décontamination », indique une source européenne. « L’UE affirme que nous utilisons le chlore pour pallier la faiblesse de nos pratiques de fabrication mais nous ne sommes pas d’accord. Ce traitement est nécessaire en tant que garantie supplémentaire », fait valoir Bill Roenigk, vice-Président du Conseil américain de la volaille. Il ajoute qu’environ 20 % des poulets qui se trouvent dans les rayons des supermarchés en Europe et aux Etats-Unis contiennent des salmonelles mais que ces bactéries sont tuées lorsque le consommateur cuit la viande. Il fustige l’UE pour avoir d’abord motivé son interdiction par le caractère cancérigène des substances PRT puis par le fait que les PRT nuisent à l’environnement en créant des bactéries résistantes, en raison du déversement des eaux usées dans le circuit d’approvisionnement d’eau. Traitements de réduction des agents pathogènes L’industrie américaine de la volaille utilise quatre composés différents, parfois combinés entre eux, pour tuer les bactéries des volailles : bioxyde de chlore, chlorite de sodium acidifié, triphosphate de sodium et peroxyacide. Les volailles sont plongées dans de l’eau froide (4 degrés Celsius) contenant l’un des produits précités, qui est censé supprimer tout agent pathogène du produit durant 10 à 14 jours. |
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Un règlement tracassier sur la pasteurisation -
