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Politiques externes / USA-UE Sécurité alimentaireImprimer l'article | ![]() Maladie de la vache folleESB : la levée de l’embargo américain sur le bœuf se fait attendrePar Brian Beary | vendredi 26 juin 2009
Au plus fort de l’épidémie de la maladie de la vache folle dans les années 1990 en Europe, cette dernière a imposé des restrictions commerciales sévères aux Etats membres les plus touchés, principalement au Royaume-Uni. Le régulateur européen a réagi au quart de tour à l’émergence de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), nom scientifique de la dégénérescence du système nerveux des bovins. Un train de mesures a été mis en place pour généraliser la détection par tests de l’ESB chez l’animal d’élevage, confiner les foyers de maladie, puis éradiquer l’ESB. Mais le problème n’est pas entièrement résolu. Un des principaux marchés potentiels d’exportation pour l’UE - les Etats-Unis - maintient son embargo sur la viande bovine d’origine européenne. Même la viande bovine d’Etats membres peu ou pas atteints d’ESB, comme la Suède, n’a pas été épargnée par l’embargo. Jugées appropriées il y a quelques années, ces mesures ne sont plus considérées comme utiles de nos jours par une Union européenne qui milite pour leur levée. L’administration américaine ne juge d’ailleurs plus la viande européenne impropre à la consommation. Un représentant officiel des Etats-Unis a annoncé que l’embargo serait levé dès la procédure bureaucratique bouclée. « Le ministère américain de l’Agriculture élabore une règle globale. C’est une priorité pour nous », a-t-il précisé. Mais la patience de l’UE a ses limites. Un fonctionnaire européen note qu’« on nous le promet depuis quatre ans mais on n’a jamais rien vu venir ». L’UE pourrait porter plainte à l’Organisation mondiale du commerce pour violation de l’accord sanitaire et phytosanitaire de 1994, mais elle espère ne pas devoir en arriver là. Lorsque l’embargo sera levé, les producteurs de viande européens (France, Allemagne, Royaume-Uni et Irlande) pourront développer tout un marché outre-Atlantique, par exemple de saucisses. L’arroseur arrosé ? Toujours est-il que les Américains mènent leur propre bataille de l’ESB contre les pays d’Asie, qui ont fermé leur marché à la viande bovine en provenance des Etats-Unis dont ils jugent trop laxiste le régime censé empêcher les foyers d’ESB. Les Etats-Unis ont sporadiquement connu des incidences d’ESB, mais à bien moindre échelle que l’UE lors du pic de l’épidémie. L’explication en serait que les éleveurs européens ont nourri leur bétail de farines animales obtenues par broyage de carcasses d’ovins, tandis que leurs collègues américains ont nourri leur bétail de farine de soya, moins chère. Les farines à base de viande et d’os bovins sont proscrites dans l’UE depuis 1994. Ce sont à elles qu’est attribuée en bonne partie l’épidémie. Le Japon, Taïwan, la Chine et Hong-Kong continuent d’interdire la viande bovine américaine, ce que tente d’arranger le représentant au Commerce Ron Kirk. L’UE n’a jamais restreint l’importation de viande bovine américaine en rapport avec l’ESB, mais à cause des hormones de croissance interdites dans l’UE (article séparé). Globalement, les problèmes commerciaux qu’a posés l’ESB ont été traités via l’Organisation mondiale de Santé animale (OIE, ex-Office international des Epizooties), à Paris. L’OIE a été créée en 1924 pour améliorer la santé animale de par le monde. Elle compte 174 pays et territoires parmi ses membres. C’est à l’OIE qu’un accord mondial a vu le jour en 2006 pour permettre à la filière bovine de se relever après le coup porté par l’ESB. L’UE et les Etats-Unis se sont beaucoup impliqués dans l’élaboration de cet accord. Pour combattre l’ESB, l’UE s’est dotée d’un règlement (999/2001CE) qui a intensifié les contrôles vétérinaires et exclu de la chaîne alimentaire, pour l’homme et l’animal, la moelle épinière, le cerveau, les yeux et les amygdales des bovins, ovins et caprins. Le nombre de cas d’ESB a chuté de 35 % entre 2002 et 2007, le plus spectaculairement au Royaume-Uni, de 37.056 cas en 1992 à 129 en 2006. La Commission a indiqué en 2007, que les cas d’ESB devraient continuer à se présenter jusqu’en 2010 voire plus tard, la période d’incubation étant de quatre à six ans. L’ESB en dates L’ESB a été diagnostiquée en 1986. Les premières mesures de prévention européennes ont été prises en 1989. Un décompte en août 2007 avait répertorié 184.600 cas au Royaume-Uni et 5.250 cas dans le reste de l’UE, principalement chez le bétail né en 1994, 1995 et 1996. Le consommateur de viande infectée par l’ESB peut contracter la variante humaine de l’ESB : la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ) dont 195 cas avaient été confirmés en juillet 2007 : 163 au Royaume-Uni, 22 en France, quatre en Irlande, deux aux Pays-Bas, deux au Portugal, un en Italie et un en Espagne. |
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Un règlement tracassier sur la pasteurisation -
