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Politiques externes / USA ObamaImprimer l'article | ![]() Entretien avec Kristen Silverberg, Ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’UE« L’Afghanistan sera le premier test »Par Sebastien Falletti | vendredi 16 janvier 2009
![]() L’Ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’UE, Kristen Silverberg, prend la défense de l’héritage de George Bush en matière de relations transatlantiques. Après avoir secondé l’ambassadeur américain à Bagdad, elle a été nommée en avril 2008 à Bruxelles par l’Administration républicaine. Mme Silverberg estime que Washington a pris l’UE de plus en plus au sérieux lors du second mandat du président. Concernant l’ère Obama, elle dit s’attendre à ce que l’Afghanistan soit le premier test du partenariat transatlantique. En Europe, la perception générale est que les relations transatlantiques ont touché le fond lors de l’ère Bush. Qu’en dites-vous ? Le débat sur la guerre en Irak a manifestement mis une forte pression sur les relations transatlantiques de part et d’autre. Mais nous avons travaillé très dur aux Etats-Unis pour éviter que ce dossier n’entame notre capacité de coopérer sur un éventail plus large de questions. Je pense que le voyage du Président Bush à Bruxelles, le tout premier déplacement à l’étranger de son second mandat, illustrait notre volonté de tendre la main à l’Europe et de faire en sorte que le président cicatrice toute division. Je pense que nous avons bien réussi. Nous sommes maintenant convenus de stratégies sur pratiquement toutes les grandes questions de politiques étrangères. Nous avons instauré des mécanismes de coopération générale. Pensons à des questions comme l’Iran, où M.Solana est le négociateur clé avec les Iraniens. Ou le Kosovo, où les Etats-Unis participent à une mission d’Etat de droit que mène l’Europe. Ou la Géorgie, où la présidence française a pris la tête de la négociation avec la Russie – efforts que nous avons soutenus. Nous coopérons aussi en Afghanistan, Irak ou Afrique. Pensez-vous qu’il y a eu un changement de cap sous Bush ? Je pense que, dès le premier jour, le Président Bush a pris l’Europe au sérieux, mais il y eu désaccord. C’est normal même pour des partenaires étroitement liés. Des désaccords surgissent parfois. Nos visions des intérêts à long terme sont très proches, nos valeurs sont très proches, mais cela ne signifie pas qu’on soit d’accord sur tout. La perception en Europe est plutôt négative. Reconnaissez-vous que le style du Président Bush cadrait mal avec les attentes de l’opinion publique européenne ? Je pense qu’il est fort possible pour le public des deux côtés de mal percevoir les déclarations de leaders. Les Etats-Unis ont parfois réagi négativement aux observations de dirigeants européens. Je pense que nous devons travailler là-dessus. Il arrive qu’une mauvaise perception ne reflète pas la coopération très étroite qui a bel et bien lieu. Chaque année, un millier d’officiels américains viennent, via cette mission [américaine] parler à leurs homologues européens. Je crois que ce chiffre est plus élevé que toute autre mission dans le monde. Il reflète ce qui se passe ici au quotidien et la reconnaissance de l’importance de Bruxelles. Contrairement à George Bush, Barack Obama est très populaire en Europe. Est-ce selon vous un atout ou un défi ? Le défi est de transformer cette bonne volonté en actions concrètes dans certaines de nos priorités spécifiques partagées. Nous devons traduire cet élan en engagement plus marqué envers l’Afghanistan, qui est l’intérêt majeur des Etats-Unis et de l’Europe. Nous devons traduire cela en coopération sur la crise financière. Et nous devons faire en sorte de travailler ensemble pour coordonner nos systèmes réglementaires. Pensez-vous que l’Afghanistan sera le premier test ? Oui. L’Afghanistan a été une priorité centrale des Etats-Unis et le président élu Barack Obama a précisé qu’il entendait en faire une priorité. Il y a beaucoup que nous espérons que l’Europe puisse faire, même davantage, pour contribuer au développement de l’Afghanistan. Ainsi, un engagement accru à réformer la police afghane serait une contribution précieuse de l’UE. Croyez-vous les Etats membres prêts à envoyer plus de troupes ? Nous l’espérons. Il existe beaucoup de contributions de différents types dont nous espérons débattre. Pour l’heure, il y a 200 effectifs sur le terrain dans le cadre d’EUPOL. Les Etats-Unis continuent de fournir 95 % des ressources de formation policière en Afghanistan et nous estimons que l’UE peut faire plus dans ce domaine. Les Etats-Unis soutiendront-ils la PESD ? Nous pensons qu’il y a plus à faire sur la PESD et nous l’appuyons. Nous espérons que tant l’OTAN que la PESD adopteront une approche plus globale. La PESD doit voir ses capacités renforcées côté sécurité dite « dure ». L’OTAN doit aussi pouvoir travailler avec des acteurs civils. Mais elles auront toujours des rôles différents à jouer. L’OTAN restera l’institution centrale de la sécurité européenne. |
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