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Le contexte social tendu va peser sur le Sommet

Par Sophie Petitjean | mardi 09 février 2010

Dans un contexte social en pleine dégradation, le Sommet organisé par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy tombe à pic. Trois dossiers devraient en effet faire l’objet de discussions ce 11 février : la stratégie économique pour les 10 années à venir (qui succédera à la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi) et les mécanismes de sortie de crise, la problématique des changements climatiques et la catastrophe d’Haïti. En ce qui concerne le premier sujet, le Président belge a fait savoir, quelques jours seulement après sa nomination et dans la perspective de ce Sommet, que l’UE avait «  besoin de davantage de croissance économique en vue de financer sur une base solide le modèle social et préserver le mode de vie européen ».

Les chiffres sur la situation de l’emploi en Europe publiés fin janvier par Eurostat témoignent de la gravité de la situation : le taux de chômage dans la zone euro était en décembre 2009 le plus élevé depuis plus de 10 ans. En décembre 2009, 23,012 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’UE27, dont 15,763 millions dans la zone euro.

Conscients de cette réalité, les partenaires sociaux européens et les trois pays qui présideront l’UE au cours des 18 prochains mois (Espagne, Belgique et Hongrie) avaient réaffirmé lors du Conseil Emploi Affaires sociales des 28-29 janvier, leur volonté de maintenir l’Europe sous perfusion sociale. Le même jour, les syndicats belges défilaient dans les rues de Bruxelles, plaidant pour un plan de relance européen pour l’emploi. Selon leurs calculs, une taxation des transactions financières permettrait de dégager des moyens importants pour la relance. A l’occasion du Conseil, la présidence espagnole de l’UE avait, elle, fermement défendu le maintien des mesures nationales de soutien à l’économie tant que le chômage augmentera tandis que la Commission européenne, dans un récent rapport, avait pour sa part jugé que les critères d’éligibilité aux mesures de crise devraient être beaucoup plus sévères qu’en 2009.

A côté de l’emploi, l’Europe sociale doit faire face à d’autres défis. Lors de son audition devant les eurodéputés, Lazslo Andor, commissaire désigné aux affaires sociales, à l’emploi et à l’inclusion, a identifié le vieillissement de la population et la modernisation des Fonds structurels en vue d’une gestion plus souple. Interrogé sur le chômage et la pauvreté des jeunes, il a affiché sa volonté de travailler sur la formation. En outre, la révision de la directive « temps de travail », axée sur les problèmes de calcul du temps de garde dans le secteur de la santé, sera un autre gros dossier à régler dans les mois à venir. La dernière tentative de réviser cette directive avait en effet échoué au printemps 2009. Et si des versions provisoires, en vue d’une révision de la directive, circulaient l’année passée, la Commission n’a encore rien présenté officiellement.



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