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Politiques externes / UE2020Imprimer l'article | ![]() L’UE pourrait sous-estimer le défi des géants émergentsPar Sébastien Falletti à Séoul | mercredi 10 février 2010
Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réunissent le 11 février à Bruxelles pour discuter de l’avenir de l’économie européenne et de sa future stratégie de croissance. Mais alors que les géants émergents - Chine, Inde, Brésil - représentent un des défis majeurs pour l’économie européenne de demain, rien ne dit qu’ils seront au coeur de la stratégie de l’Union. La Chine a détrôné l’Allemagne, il y a quelques semaines, de sa place de premier exportateur mondial et contrecarré les objectifs de l’UE en matière de climat, à Copenhague. Malgré la montée en puissance de ténors en Asie et en Amérique latine, il n’est pas encore sûr que ce Conseil informel qu’organise le Président du Conseil Herman Van Rompuy accordera beaucoup d’attention à la stratégie extérieure de l’UE. A ce jour, la plupart des propositions qu’ont dévoilées les leaders européens avant la réunion prônent davantage de coordination économique au sein du bloc européen. La montée de la Chine et de l’Inde « est le contexte dans lequel aura lieu ce brainstorming », indique néanmoins un porte-parole de M. Van Rompuy. « Nous ne pouvons pas ne pas prendre en compte ce facteur, y compris l’augmentation du chômage ici », ajoute-t-il. Les analystes reconnaissent pour la plupart que l’émergence, ces dix dernières années, de nouveaux concurrents, a changé la donne sur la scène mondiale. La crise financière a accéléré le changement d’axe de l’économie mondiale vers l’Asie, la Chine devenant le moteur de la croissance mondiale. Cette tendance se poursuivra lors de la décennie à venir, au détriment de la position des entreprises européennes. L’Europe voit de plus en plus en cette montée de nouveaux concurrents une menace aux emplois dans la production. Dès lors, la tentation protectionnisme semble une option pour l’opinion publique et les décideurs européens. Rien n’indique à ce stade que le débat portera sur la politique commerciale - l’outil global le plus influent dont disposent les institutions européennes. Le discours officiel de l’UE reste axé sur le bouclage du cycle de Doha malgré le fait que les négociations sont dans l’impasse depuis des années. L’affirmation de l’Inde et du Brésil, le manque de participation de la Chine, et le peu de soutien des Etats-Unis sont les facteurs déterminants de cet enlisement, selon la plupart des analystes. Il reste à voir si des dirigeants européens demanderont que soit revue la stratégie commerciale de la Commission, pour obtenir au final davantage d’influence contre une Chine ou une Inde plus forte. « Nous n’en sommes pas encore là », tempère une source du Conseil. L’on pourrait en dire autant des négociations mondiales sur le climat. L’UE n’a pas réussi à obtenir un accord ambitieux en décembre, exposant son industrie au risque de désavantage concurrentiel. Pourtant, la question d’une stratégie alternative et d’éventuelles mesures d’ajustement, face à la position que se consolident Pékin et New-Delhi, ne devraient pas dominer l’ordre du jour de la stratégie UE 2020 à adopter en juin. Haïti : une pression sur les budgets européens Haïti s’est ajouté tardivement à l’ordre du jour de la réunion. Les trois grandes institutions européennes se sont engagées à soutenir le pays dévasté par un tremblement de terre. L’Union dans son ensemble a déjà accordé plus de 400 millions d’euros non remboursables. Alors que prend fin la phase initiale d’urgence, l’attention se tourne vers l’assistance à long terme et ses modalités. Les défis à moyen terme qu’il faudra relever englobent la préparation à la saison des pluies : prévoir de meilleurs abris et un suivi médical des personnes traitées dans l’immédiat après la catastrophe. La réunion du 11 février examinera aussi les priorités majeures d’une reconstruction et réhabilitation à plus long terme encore, avec l’aide pour reconstruire les fonctions gouvernementales. |
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Le contexte social tendu va peser sur le Sommet -
