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Les noms du Bottin transatlantique

Par Brian Beary à Washington | mercredi 01 avril 2009

Alors que le Président américain Barack Obama est en Europe cette semaine pour participer à plusieurs sommets, Europolitique lève le voile sur les personnalités de Washington dont les politiques et positions sont susceptibles d’avoir un impact sur les affaires européennes, qu’il s’agisse de membres du gouvernement Obama, du Congrès, de think tanks ou encore des médias.

Certaines de ces personnalités, comme le vice-Président Joe Biden, sont déjà connues des Européens. D’autres, par contre, comme Carol Browner surnommée « tsar du climat », le sont moins alors qu’elles joueront pourtant un rôle majeur dans les décisions politiques clés qui affecteront les relations UE-Etats-Unis. D’autres encore, comme la Sénatrice californienne Diane Feinstein, peuvent être connues pour les fonctions qu’elles occupent mais leur influence sur les relations avec l’UE est parfois moins connue.

On notera également dans cette liste que nombre de ces personnalités ont servi sous le dernier Président démocrate des États-Unis, Bill Clinton. Il pourrait s’agir à première vue d’une bonne nouvelle pour l’UE, puisque les relations transatlantiques étaient généralement plus harmonieuses sous l’ère Clinton que durant la présidence de George W. Bush. Pourtant, le fait qu’au Congrès les personnalités marquantes pour l’UE soient toutes Démocrates, ne signifie pas nécessairement qu’elles agiront de concert avec l’UE dans les domaines d’intérêt commun. Ainsi, le Congressiste Jim Oberstar a promis de s’opposer vigoureusement à la libéralisation du transport aérien transatlantique.

JOE BIDEN

Vice-Président. La fonction du vice-Président n’est pas décrite dans la constitution américaine, de sorte que, depuis toujours, il appartient au Président et à son vice-Président de définir ce rôle. Dans le cas de M. Biden, ancien Sénateur du Delaware, il apparaît déjà de manière évidente que M. Obama souhaite lui faire jouer un rôle majeur dans l’élaboration de la politique étrangère et de défense. Cela n’a rien de vraiment surprenant, puisque M. Biden s’intéresse depuis toujours aux relations étrangères, un domaine dans lequel il a aussi une grande expérience. Il a en effet présidé la commission des affaires étrangères du Sénat durant de nombreuses années. Joe Biden est bien connu et très apprécié en Europe. Dans le discours qu’il a prononcé récemment lors de la conférence de Munich sur la sécurité, il a dévoilé la politique américaine concernant la Russie, la Géorgie, l’OTAN, la défense antimissiles et le désarmement nucléaire.

JOHN BRENNAN

Vice-conseiller à la sécurité nationale, Conseil de sécurité nationale. En tant que conseiller du Président pour la lutte contre le terrorisme, M. Brennan sera chargé de réviser la politique américaine relative aux transferts, à la détention et aux interrogatoires des terroristes présumés. M. Obama a demandé cette révision deux jours après son investiture à la Maison Blanche, dans le cadre de son ordre de fermeture du centre de détention des terroristes présumés, sur la base militaire américaine de Guantanamo Bay (Cuba), d’ici janvier 2010. M. Brennan est un habitué de la controverse. Il avait été pressenti comme directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), mais il a renoncé à cette fonction suite aux protestations des groupes de défense des libertés civiles qui ont rappelé que M. Brennan était un haut fonctionnaire de la CIA à l’époque de la mise en place des programmes, très critiqués, de transferts et d’interrogatoires, sous le gouvernement Bush. Dans plusieurs entretiens télévisés, John Brennan a défendu, par le passé, la pratique des transferts extrajudiciaires de terroristes présumés entre pays, ainsi que la technique de simulation de noyade (méthode d’interrogatoire autorisée par le Président Bush qui peut être considérée comme de la torture et que M. Obama a rendue illégale).

LAEL BRAINARD

Sous-secrétaire aux affaires internationales, Département du Trésor. L’Europe et les États-Unis vont renforcer la réglementation du secteur financier suite à la quasi-faillite, à l’automne dernier, du système bancaire et de la crise économique et financière qui a suivi. Dans ce contexte, la coordination transatlantique sera cruciale. Mme Brainard jouera un rôle important sur ce plan, aux côtés de ses homologues de la Commission européenne qui préparent plusieurs nouveaux règlements. Conseillère en politique économique sous le gouvernement Clinton, elle était jusqu’à il y a peu «  Director of Global Economy and Development » à la Brookings Institution, un think tank basé à Washington qui a été un bon terrain de recrutement pour le gouvernement Obama.

CAROL BROWNER

Assistante du Président pour l’énergie et le changement climatique. Surnommée « tsar du climat » par la presse, Mme Browner prendra la tête de la « green team » de Barack Obama et dirigera l’élaboration de la politique américaine sur le changement climatique – une question capitale dans les relations transatlantiques. Elle a la confiance de l’UE et a dirigé l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) sous le Président Clinton. Les autres membres de la « green team » de Barack Obama sont Lisa Jackson, la nouvelle directrice de l’EPA ; Nancy Sutley, présidente du Conseil sur la qualité de l’environnement, et Todd Stern, représentant de la Secrétaire d’État Hillary Clinton pour le climat (voir plus loin). La répartition des tâches entre eux n’a pas encore été définie et, plus important encore du point de vue de l’UE, on ne sait pas encore qui formulera la position des États-Unis lors des négociations des Nations unies sur le traité « climat » qui succédera au protocole de Kyoto après 2012.

JOHN BYERLY

Secrétaire adjoint pour les transports, Département d’Etat. M. Byerly est une figure bien connue des Européens puisqu’il a été durant de nombreuses années le négociateur en chef des États-Unis du premier accord « Ciel ouvert », conclu en 2007, sur la libéralisation du transport aérien transatlantique. La négociation d’un nouvel accord (« Ciel ouvert II ») qui doit approfondir cette libéralisation a été lancée en 2008. Elles n’ont pas vraiment progressé jusqu’à présent car les deux parties attendent de connaître la position de Barack Obama. Le doute subsiste quant au maintien de M. Byerly à ce poste. Ce qui plaide en sa faveur : sa popularité et la confiance qu’il inspire aux Européens. Il est considéré en général comme le négociateur d’un accord politiquement acceptable par le Congrès, qui continue de résister à la demande européenne concernant la propriété et le contrôle des compagnies aériennes américaines.

GREG CRAIG

Conseiller de la Maison Blanche. Principal conseiller juridique du Président Obama il aidera à démêler les questions juridiques complexes, y compris celles qui ont été à l’origine des tensions dans les relations transatlantiques : par exemple, la possibilité pour le gouvernement américain d’intercepter et de surveiller les appels téléphoniques, les courriels, les virements bancaires, ainsi que son droit à capturer, détenir, transférer et interroger des terroristes présumés à l’étranger. M. Craig a travaillé pour le Président Bill Clinton dans les années 1990 et l’a défendu lorsqu’il fut l’objet d’une procédure d’empêchement. Dans sa carrière juridique, M. Craig est surtout connu pour avoir défendu avec succès John Hinckley Jr. en 1981, qui avait tiré sur le Président Ronald Reagan mais avait été acquitté pour aliénation mentale.

IVO DAALDER

Ambassadeur désigné à l’OTAN. Cet universitaire d’origine néerlandaise a été conseiller du Président Bill Clinton en affaires européennes, au Conseil de sécurité nationale. Il y a élaboré la politique américaine à l’égard de la Bosnie. Il fait partie des anciens de la Brookings Institution à avoir rejoint l’équipe Obama. M. Daalder était conseiller en politique étrangère pour Obama durant la campagne présidentielle 2007-2008. L’ambassadeur actuel à l’OTAN est Kurt Volker, que le Président Bush a nommé en 2008.

ANTHONY FAIOLA

Journaliste au Washington Post. Le commerce étant le volet politique le plus important des relations UE/États-Unis, le fait que M. Faiola soit correspondant en mondialisation au Post, le journal qui fait autorité auprès des décideurs politiques américains, le rend incontournable pour les Européens. M. Faiola écrit sur l’incidence de la mondialisation sur la vie quotidienne dans les pays développés et en développement. Il est l’auteur d’articles sur la clause «  Buy American » du plan de relance, contre laquelle l’UE s’est battue, en vain. Anthony Faiola a passé une dizaine d’années en tant que chef de bureau du Post à Buenos Aires et à Tokyo.

DIANE FEINSTEIN

Sénatrice. Une figure de la politique américaine. Sa longue carrière l’a vue maire de San Francisco de 1978 à 1988 et sénatrice démocrate de Californie depuis 1992. Mme Feinstein intéressera les Européens par son hostilité au programme d’exemption de visa (Visa Waiver Programme - VWP). Alors que l’UE tente d’obtenir l’inclusion dans ce programme des cinq derniers Etats membres encore exclus, Diane Feinstein pourrait se révéler être un obstacle à elle seule. Car elle estime que ce programme (qui permet de se rendre sans visa aux États-Unis pendant 90 jours) risque d’être exploité par des terroristes étrangers, surtout Al Qaïda. Membre de la commission des affaires judiciaires du Sénat, dont les compétences couvrent le VWP, Mme Feinstein a proposé récemment un projet relevant la barre, tant pour les pays aspirant à être intégrés au programme, que pour les pays déjà bénéficiaires.

BARNEY FRANK

Député. Ce représentant énergique du Massachusetts – certains diront impétueux - intéressera l’UE en tant que président de la commission de la Chambre des Représentants sur les services financiers. À ce titre, il est la porte d’entrée d’une nouvelle législation dans le domaine – capitaux que doivent impérativement détenir les banques, agences de notation du crédit, instruments financiers dont les contrats d’échange sur défaut, et un nouvel encadrement réglementaire du secteur. Si M. Frank est sur la même longueur d’ondes que l’UE, en ce sens qu’il est favorable à davantage de réglementation, les affrontements ne sont pas à exclure. Surtout si l’UE adopte une législation non compatible avec les projets qu’il parraine. Ainsi, lorsque la socialiste française Pervenche Berès, présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, s’est entretenue récemment avec lui à Washington, Barney Frank l’a mise en garde contre une législation européenne sur les contrats d’échange sur défaut car les États-Unis n’ont pas encore tranché cette question.

DANIEL FRIED

Émissaire sur la fermeture de Guantanamo, Département d’État. Daniel Fried fera la liaison avec l’UE concernant les éventuels transferts de détenus de Guantanamo vers l’Europe. Un processus qui pourrait commencer ces prochains mois, vu que le Président Obama a ordonné la fermeture du centre de détention en janvier 2010 et que son équipe a fait savoir qu’il serait souhaitable que l’Europe accueille d’anciens de Guantanamo. Fried est bien placé pour traiter avec les gouvernements européens, ayant été, sous George Bush, secrétaire d’État adjoint pour les Affaires européennes et eurasiatiques. Sa connaissance encyclopédique de la politique européenne sera utile pour faire progresser ce dossier des plus épineux. Sa franchise l’a mis en difficulté avec le gouvernement turc en 2007 lorsque, commentant une menace de coup militaire, il avait déclaré « nous ne prenons pas parti ». Une réflexion sur laquelle est rapidement revenue l’ Administration américaine.

MICHAEL FROMAN

Adjoint au conseiller à la sécurité nationale pour les affaires économiques internationales, Conseil de sécurité nationale. Michael Froman participe à la coordination de la réponse de l’UE et des États-Unis à la crise économique. Il a été pressenti pour codiriger le Conseil économique transatlantique (CET). S’il est nommé au CET, il serait chargé d’abolir les barrières réglementaires pour mieux intégrer l’économie européenne et américaine. Le CET n’en est qu’à sa petite enfance, la chancelière allemande Angela Merkel et le Président américain George Bush l’ayant porté sur les fonts baptismaux en 2007. Il est difficile de prédire si le CET sera apte à déboucher sur du concret, ou s’il tombera dans l’oubli faute d’intérêt de la part des Américains. La nomination de Forman à ce poste aurait tout pour plaire à l’UE car il travaille directement pour la Maison Blanche et pourrait dès lors accéder plus facilement à Obama qu’un responsable provenant d’un ministère.

PHIL GORDON

Secrétaire d’État adjoint pour les Affaires européennes et eurasiatiques, Département d’État. Si la secrétaire d’État Hillary Clinton sera le visage des États-Unis à l’étranger, son implication dans la politique au jour le jour à l’égard de l’Europe sera limitée, puisqu’elle concentrera surtout son attention sur les points chauds de la planète dont l’Afghanistan, le Proche-Orient, l’Iran et la Corée du Nord. La nomination de Phil Gordon, que le Sénat doit encore confirmer, aura une portée géographique très vaste, du Groenland à l’Europe occidentale et orientale, la Russie, les Balkans et le Caucase. Comme de nombreuses autres personnes nommées par Obama, M. Gordon provient d’un des groupes de réflexion les plus en vue à Washington, la Brookings Institution.

DANIEL HAMILTON

Directeur du Centre pour les Relations transatlantiques, School of Advanced International Studies, de l’Université Johns Hopkins. Daniel Hamilton a été un des plus actifs partisans d’une relance des relations transatlantiques à Washington. Mis à jour chaque année, son ouvrage The Transatlantic Economy rappelle aux décideurs politiques américains que malgré tout ce qui est dit sur la montée en puissance de la Chine et de l’Inde, l’économie transatlantique reste de loin la relation économique la plus importante que les États-Unis ont nouée avec un partenaire commercial. Favorable au Conseil économique transatlantique dès son lancement en 2007, M. Hamilton s’efforce sans relâche de convaincre l’élite politique à Washington de l’utilité du CET pour faire tomber les barrières réglementaires au commerce. C’est justement ce qui compte le plus pour les relations bilatérales, car les barrières tarifaires UE/États-Unis sont minimes.

RON KIRK

Représentant au Commerce. Cet ancien maire de Dallas est le principal interlocuteur de l’UE pour les questions commerciales. Il vient juste d’être confirmé dans ses fonctions par le Sénat, de sorte que l’on ne sait pas encore très bien où se situera sa position sur l’échelle qui va du protectionnisme au libre-échange. En tant que responsable des plaintes adressées à l’OMC, il devra élaborer une stratégie pour la gestion des grandes dissensions politiques avec l’UE dans des domaines tels que les organismes génétiquement modifiés, le bœuf aux hormones et la volaille lavée au chlore. Il a adressé quelques remarques bien senties à l’attention de l’UE lors de sa séance de confirmation au Sénat – laissant entendre qu’il était prêt à contrer tout règlement européen sur la sécurité alimentaire. Cette attitude n’avait peut-être pour seul but que de persuader les Sénateurs de le soutenir. M. Kirk a négocié avec l’UE la résolution du long différend concernant l’embargo européen sur le bœuf américain aux hormones. Jusqu’à présent, il n’a pas été très loquace sur sa disposition à soutenir un accord dans le cadre du Cycle de Doha de l’OMC.

JANET NAPOLITANO

Secrétaire à la Sécurité intérieure. Mme Napolitano occupe l’un des postes les plus importants dans le gouvernement et l’UE aura souvent à traiter avec elle. Cette ancienne gouverneur de l’Arizona est responsable du programme de dispense de visa, de l’accord UE-Etats-Unis sur les données personnelles des passagers aériens ( Passenger Name Record Agreement) qui oblige les compagnies aériennes à transmettre les données personnelles des passagers aux autorités américaines, et de la loi sur le scannage à 100 % des conteneurs qui prévoit que tous les conteneurs maritimes à destination des États-Unis doivent être scannés avant de quitter leur port de départ (l’UE est vigoureusement opposée à cette loi). Lors de son audition de confirmation au Sénat, Mme Napolitano s’est montrée consciente de l’importance de ces dossiers, mais a évité de détailler sa position car elle estime avoir besoin de plus de temps pour analyser les dossiers. Sur la base de l’expérience qu’elle s’est forgée en Arizona, elle prévoit de renforcer les contrôles frontaliers avec le Mexique et il se peut qu’elle se concentre davantage sur les frontières terrestres. Nombreux sont ceux à Washington qui estiment que c’est le domaine qui appelle désormais le plus de mesures puisque les initiatives de sécurité adoptées suite aux attentats du 11 septembre 2001 concernaient surtout la sécurité aérienne. Ce point pourrait avantager l’UE car Mme Napolitano pourrait se montrer ouverte à l’inclusion de l’ensemble des vingt-sept États membres dans le programme de dispense de visa (Visa Waiver Programme).

JIM OBERSTAR

Député. En tant que président de la commission des Transports à la Chambre des Représentants, Jim Oberstar a été en quelque sorte « une épine dans le pied de l’UE ». Défenseur de l’industrie aérienne de son pays, il est l’opposant le plus puissant aux exigences européennes de modification de la loi américaine. L’UE demande que les compagnies européennes soient autorisées à racheter des compagnies américaines. C’est la seule pierre d’achoppement dans les négociations de l’accord « Ciel ouvert II » sur la libéralisation du transport aérien. M. Oberstar estime que l’abandon de cette loi protectionniste, qui date des années 1930, serait préjudiciable aux intérêts américains en matière de sécurité nationale. Il a introduit récemment une loi visant à renforcer encore les dispositions protectionnistes – une initiative qui déplaît vivement à la Commission européenne. Même si l’accord « Ciel ouvert II » peut être adopté sans l’approbation du Congrès, le soutien de ce dernier est requis pour modifier les restrictions relatives à la propriété des compagnies aériennes. Tous les membres du Congrès ne partagent pas forcément l’avis de M. Oberstar, mais ils hésiteront sans doute à s’opposer à lui puisqu’il préside la commission concernée.

CHARLES RANGEL

Député. Ce juriste new-yorkais préside la commission des finances de la Chambre des Représentants, à qui incombe la politique commerciale américaine. C’est lui qui devrait donner son feu vert pour tout renouvellement du mandat de négociation appelé Trade Promotion Authority (TPA). Cela compte énormément pour l’UE car renouveler la TPA, qui est venue à expiration en juillet 2007, est jugé crucial pour un accord dans le cycle de Doha à l’Organisation mondiale du Commerce. Il est cependant peu probable que M. Rangel soit pressé de renouveler la TPA vu que son parti (démocrate) est sceptique, voire carrément hostile, à une libéralisation accrue des échanges commerciaux.

MARCIE RIES

Principale secrétaire déléguée adjointe, Département d’État. Subordonnée au secrétaire d’État adjoint Phil Gordon, Mme Ries est responsable du bureau des affaires européennes et asiatiques et sa responsabilité s’étend à l’UE, l’OTAN et l’Europe occidentale. Elle est diplomate de carrière (donc non issue de la politique) et elle n’occupe sa fonction que depuis l’été 2008. Avant cela, elle a été ambassadrice en Albanie (2005-2007) et Chef de Mission au Kosovo (2003-2004).

ARNOLD SCHWARZENEGGER

Gouverneur de Californie. Le seul « non Washington » de la liste. Europolitique englobe « Terminator » dans sa sélection en raison de son influence sur la scène politique nationale dans le dossier du changement climatique. Républicain, modéré, pro-entreprise, Arnold Schwarzenegger est une véritable force qui pousse son pays à emboîter le pas à la Californie en adoptant un système d’échange et de plafonnement des émissions et en appliquant des réductions ambitieuses des émissions de gaz à effet de serre. A ce titre, il est un allié indispensable d’Obama et de l’Union européenne. Marié à Maria Shriver, de la dynastie politique des Kennedy (qui sont démocrates contrairement à Schwarzenegger), le gouverneur d’origine autrichienne se rend régulièrement à Washington, où son aura lui ouvre les portes du Président Obama.

JEANNE SHAHEEN

Sénatrice. Cette démocrate récemment élue du New Hampshire préside la sous-commission des affaires européennes. Elle montre déjà des signes d’intérêt réel pour sa mission et s’engage à organiser des auditions sur les dossiers liés à l’UE. Son prédécesseur à ce poste, un certain sénateur de l’Illinois du nom de Barack Obama, s’est vu reprocher lors de la campagne présidentielle 2007/2008 de n’avoir organisé aucune audition. Cela dit, vu l’éventail des compétences de sa commission, rien ne garantit que Mme Shaheen pourra être influente. Ce seront probablement les présidents des commissions du Congrès qui gèrent les dossiers d’intérêt européen spécifique, comme la commission des transports (Jim Oberstar, de notre liste) ou des services financiers (Barney Frank, également de notre liste), qui auront un impact plus tangible.

TODD STERN

Émissaire sur le changement climatique, Département d’État. Todd Stern est une personnalité clé dans les négociations des Nations unies qui doivent culminer avec un nouveau traité, en décembre 2009 à Copenhague. Si beaucoup de personnes sont associées à l’élaboration de la position américaine en vue de Copenhague (dont Carol Browner, de notre liste), M. Stern sera l’interlocuteur privilégié des Européens. En tant qu’émissaire, il a l’avantage de ne pas avoir besoin d’être confirmé par le Sénat. Mais il a pour inconvénient d’être moins familiarisé qu’un diplomate de carrière, par exemple, avec la manière dont fonctionne la bureaucratie du Département d’État. Todd Stern a travaillé sous le Président Clinton comme conseiller en politique du climat, et comme négociateur principal aux négociations de l’ONU qui ont débouché sur l’adoption du protocole de Kyoto.



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