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Scanners corporels: Washington ne partage pas les craintes de l’UE

Par Brian Beary à Washington | jeudi 18 mars 2010

La généralisation des scanners corporels dans les aéroports divise Américains et Européens. En Europe, le débat commence à s’animer. Un rapport de la Commission européenne évaluant l’efficacité de ces dispositifs - dont le but est de détecter des objets suspects dissimulés à la surface du corps dans le cadre de la lutte anti-terrorisme - et leur impact sur la santé et le respect de la vie privée des citoyens est attendu en avril. En revanche, côté américain ce sujet ne fait pratiquement pas débat.

La Commission avait dans un premier temps renoncé aux scanners corporels en 2008, suite aux pressions du Parlement européen. Le sujet est revenu sur le devant de la scène depuis qu’un Nigérian a réussi à dissimuler des explosifs dans ses sous-vêtements avant d’embarquer à bord d’un vol Amsterdam-Detroit, le 25 décembre 2009. La commissaire à la Justice Viviane Reding et son homologue aux Transports Siim Kallas, ont émis des réserves au sujet de ces scanners en raison de motifs liés au respect de la vie privée.

Aux États-Unis la Secrétaire américaine à la sécurité intérieure, Janet Napolitano, a organisé depuis janvier plusieurs réunions avec les compagnies aériennes et des gouvernements étrangers afin de les persuader de recourir à ces appareils. La US Transportation Security Administration (TSA), responsable du déploiement des scanners, est tout aussi proactive (1) et insiste sur le fait que la technologie «  est sûre pour tous les passagers », plusieurs agences gouvernementales et instituts scientifiques américains ayant établi que le système ne présentait pas de risque pour la santé humaine. Quant au respect de la vie privée, TSA estime qu’il n’y a pas de problème puisque l’image ne peut être ni stockée, ni transmise ni imprimée et qu’elle est immédiatement effacée après avoir été visionnée. De plus, les passagers ont la possibilité d’opter pour la fouille corporelle.

L’opinion publique américaine n’y est pas non plus opposée. Une enquête CNN menée en janvier 2010 a révélé que 79 % des sondés étaient favorables à l’utilisation des scanners corporels, que 18 % seulement pensaient qu’il y avait un risque pour la santé et que 82 % préféraient le scanner à la fouille corporelle. Quarante-trois scanners ont été installés dans les aéroports américains et Mme Napolitano envisage d’en installer encore 450 en 2010.

Les États-Unis ont absolument besoin de la coopération de l’UE dans ce domaine, la menace d’une attaque terroriste sur le sol américain étant sans doute la plus grande au départ de vols internationaux et transatlantiques. Washington a déjà abordé la question au niveau bilatéral avec les États membres de l’UE et Mme Napolitano en a discuté au Conseil Justice Affaires intérieures du 21 janvier dernier à Toledo (Espagne). Une bataille transatlantique similaire à celle entourant l’accord SWIFT n’est pas à exclure, si l’UE adopte une législation qui imposerait des restrictions au déploiement des scanners corporels.

Une bataille transatlantique similaire à celle entourant l’accord SWIFT n’est pas à exclure si l’UE adopte une législation restrictive
(1)  www.tsa.gov/approach/tech/imaging_technology.shtm

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