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Institutions / Trois têtes pour l'EuropeImprimer l'article | ![]() Trois têtes pour l’Europe demainLes prétendants au poste de président du Conseil européenPar Nicolas Gros-Verheyde | lundi 08 juin 2009
LE CANDIDAT « PUBLIC », TONY BLAIR (ROYAUME-UNI, PSE)Aujourd’hui représentant du Quartet pour la paix au Proche-Orient (UE, ONU, États-Unis et Russie), Tony Blair est donné régulièrement par plusieurs chefs de gouvernement comme le premier Président du Conseil européen, si le Traité de Lisbonne est ratifié. Ce qui pourrait être un cadeau empoisonné pour les présidences futures, le Britannique ne se contentant certainement pas des seconds rôles. Né en 1953 à Edimbourg (Ecosse), après des études de droit à Oxford, Tony Blair se destine au métier d’avocat. Entré au Parti travailliste, assez tard, à 35 ans, il impulse un New Labour, en enlevant les clauses typiquement socialistes et en lui donnant une connotation plus centriste. En 1997, âgé de 44 ans, il devient le plus jeune Premier ministre du Royaume-Uni et exerce le pouvoir durant dix ans. A son actif, la mise en place de l’accord de Belfast, qui rétablit la paix en Irlande du Nord, son engagement résolu au Kosovo puis, toujours aux côtés des Américains, en Afghanistan et en Irak, dans la guerre contre le terrorisme. Durant la présidence de l’UE, de juillet à décembre 2005, il prône une limitation et une réorientation du budget communautaire, avec une réforme en profondeur de la Politique agricole commune (PAC), ainsi qu’un développement du marché unique et de la politique étrangère de l’UE. L’ALTERNATIVE, FELIPE GONZALEZ (ESPAGNE, PSE)S’il existe une explication au soutien, à contre-courant, apporté par le socialiste Zapatero au conservateur José-Manuel Barroso, outre la solidarité de la péninsule ibérique, c’est bien Felipe Gonzalez. L’Espagne se verrait bien occuper ce poste de Président, ce qui coïnciderait avec sa prise de fonction à la tête de l’Union (premier semestre 2010). Né en 1942, Felipe Gonzalez rejoint le parti socialiste, dans la clandestinité, et travaille notamment en Suisse comme délégué syndical permanent de la fédération des métiers du bois et du bâtiment. Il prend la tête du parti en 1974, lors du congrès en exil tenu à Suresnes. Arrivé au pouvoir en 1982, il ne le quittera plus durant 14 ans, jusqu’en 1996. Il accompagne ainsi les mutations de son pays, tant au niveau économique et social qu’au niveau extérieur, adhésion à la CEE et à l’OTAN. Il préside aujourd’hui le groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe. Il a signé, début juin 2009, avec sept autres anciens Premiers ministres socialistes, un appel pour refuser la reconduction de J.-M. Barroso à la tête de la Commission. L’EXPERT, JEAN-CLAUDE JUNCKER (LUXEMBOURG, PPE)La candidature du Luxembourgeois, cité souvent en exemple comme un des dirigeants les plus expérimentés d’Europe, il y a quelques mois, ne figure plus dans les « hits parades » récents. Il reste cependant une figure clé de la diplomatie européenne et il est l’un des rares dirigeants en exercice « survivants » du Traité de Maastricht. Né en 1954 à Redange-sur-Attert, son père, très actif au sein de la Confédération syndicale chrétienne luxembourgeoise, l’initie très jeune à l’engagement politique. Après des études de droit à Strasbourg, il est nommé en 1982, à 28 ans, secrétaire d’Etat au Travail et, deux ans plus tard, il est élu à la Chambre des députés. En 1989, un grave accident le laisse plus de deux semaines dans le coma. Mais il retrouve les chemins ministériels. De 1990 à 1995, il est ministre des Finances, du Travail, de l’Emploi et du Trésor et il est à ce titre un des architectes de l’Union économique et monétaire. En 1995, il accède au poste de Premier ministre, mais garde la charge de ministre des Finances, postes qu’il occupe toujours. Il a présidé à deux reprises l’Union européenne et il est depuis 2005 président permanent de l’Eurogroupe, la réunion informelle des ministres de la zone euro. Il a refusé, en 2004, le poste de président de la Commission européenne, officiellement pour pouvoir rester à la tête du Luxembourg, officieusement car le Royaume-Uni s’oppose à sa candidature. UNE FEMME DE TÊTE, MARY ROBINSON (IRLANDE, PSE)Citée par plusieurs personnalités européennes, comme la commissaire suédoise Margot Wallström, l’ancienne présidente d’Irlande a de nombreux atouts pour elle. A commencer par sa popularité qui a dépassé les frontières de son pays. Confier ce poste à une citoyenne de la patrie de Samuel Beckett serait aussi donner un gage sérieux à l’Irlande pour la ratification du Traité de Lisbonne. Née en 1944, à Ballina (comté de Mayo), elle suit des études au Trinity College de Dublin – avec une dérogation spécifique de l’Archevêque (les femmes n’étant normalement pas admises), puis à Harvard. Elle revient ensuite à Dublin pour y enseigner le droit, notamment européen. Elue comme candidate indépendante en 1969, Dáil Éireann, la chambre haute irlandaise, elle y siège jusqu’en 1989, dans les rangs travaillistes, s’y battant pour le droit des femmes, la légalisation de la contraception. Tous sujets difficiles dans l’Irlande de l’époque. Elle devient, en 1990, la première présidente d’Irlande, poste qu’elle occupe jusqu’en 1997, et y acquiert une nette popularité. Suivant une solide tradition irlandaise, elle continue ensuite une carrière aux Nations unies, comme Haut-Commissaire aux Droits de l’homme (1997-2002) où elle se distingue, notamment, par sa visite au Tibet et sa critique de l’usage de la peine de mort aux Etats-Unis. |
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Un renouvellement soumis à l’aléa démocratique ? -
