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Politiques externes / Relations UE/AsieImprimer l'article | ![]() L’ASEM a encore un long chemin à parcourirPar Sébastien Falletti à Séoul | jeudi 17 septembre 2009
Treize ans après son lancement, le processus de « Dialogue Asie-Europe » ( Asia-Europe meeting ou ASEM) peine toujours à décoller et a produit peu de résultats tangibles. En 1996 à Bangkok, les dirigeants européens avaient lancé ce processus pour permettre à l’Europe de rattraper son retard en Asie, face à l’influence dominante des Etats-Unis. Cette première réunion avait pour objectif de faire valoir les intérêts économiques européens dans une région en développement rapide et l’ASEM devait être le pendant de la coopération économique Asie-Pacifique (APEC) menée par les États-Unis. Avec un sommet tous les deux ans, alternativement en Asie et en Europe, le processus de l’ASEM a néanmoins conduit à une amélioration notable des relations, offrant l’occasion de discuter des enjeux régionaux et mondiaux au plus haut niveau. Il s’est élargi à plus de 40 membres aujourd’hui - dont l’Inde et le Pakistan en 2006 - qui représentent plus de la moitié du PIB mondial. « Lorsque l’UE et l’Asie coopèrent, ils peuvent avoir une influence au niveau mondial », souligne un fonctionnaire de la Commission européenne. Ainsi, le dernier sommet de l’ASEM, à Pékin en octobre 2008, a donné une impulsion à une riposte coordonnée et ambitieuse à la crise économique et financière mondiale à un moment délicat lorsque le gouvernement sortant aux États-Unis était réticent à prendre des mesures concrètes. En 1998, au lendemain de la crise asiatique, les dirigeants européens sont venus à la rescousse de leur partenaire, en maintenant leur engagement économique lors du sommet de Londres. Sur le terrain, la Fondation Asie-Europe (ASEF), créée et basée à Singapour, joue un rôle actif dans la promotion des échanges entre personnes ou universitaires des deux continents. Mais le processus de l’ASEM n’a pas encore acquis l’importance de l’APEC, constatent de nombreux observateurs. « Il s’agit essentiellement d’un lieu de débat », résume un diplomate. La nature informelle du processus empêche dirigeants et ministres de prendre des décisions contraignantes et les déclarations conjointes des sommets ressemblent souvent à un catalogue de bonnes intentions, avec peu de conséquences concrètes. Au cours des nombreuses réunions ministérielles thématiques qui ont lieu toute l’année, la fréquentation est souvent limitée et va rarement au-delà d’un échange d’idées. Les questions sensibles - telles que la Birmanie, les droits de l’homme ou l’environnement - sont souvent mises en veilleuse afin d’éviter une confrontation ouverte, notent les ONG. Cette situation devrait durer, puisque ni les pays européens ni les pays asiatiques ne sont prêts à transformer l’ASEM en une instance plus formelle avec un secrétariat. À Pékin, les dirigeants sont convenus d’augmenter la visibilité du processus de l’ASEM qui demeure très faible parmi les citoyens, mais aucune mesure spectaculaire n’a été prise, telles que la mise en place d’un secrétariat. Les progrès réalisés seront examinés lors du prochain sommet qui se tiendra en octobre 2010, à Bruxelles. |
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La stratégie européenne pour l’Asie-Pacifique toujours en gestation -
