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Institutions / Présidence tchèqueImprimer l'article | Imprimer cet article

Prague a bon dos

lundi 05 janvier 2009

L’arrivée de Barack Obama comme 44e président des Etats-Unis, les soubresauts de la crise financière mondiale aux allures d’escroqueries, la récession économique qui, partout, pousse le chômage à la hausse et la consommation à la baisse, la mondialisation qui remet en cause les rapports entre puissances, les conflits lointains qui nous concernent (Israël-Palestine, Irak, Iran, Afghanistan, Afrique), les tensions plus proches qui nous bousculent (Balkans, Géorgie). Que représente l’Europe des Vingt-sept dans tout cela ? Que sera-t-elle capable de faire en 2009 pour défendre ses intérêts et protéger ses citoyens ?

L’interrogation est d’autant plus grande que 2009 est une année de renouvellements pour le Parlement européen d’abord, pour la Commission européenne ensuite, sans oublier l’hypothétique changement de gouvernance, tributaire de la ratification du Traité de Lisbonne (voir en pages intérieures). Entre le 4 et le 7 juin, les citoyens de l’UE seront appelés pour la septième fois à élire leurs représentants au Parlement européen qui fêtera les trente ans de son élection au suffrage universel direct. Incertitudes institutionnelles, inquiétudes sociales, morosité économique rendent naturellement, dans ce scrutin, les préoccupations nationales prééminentes et les enjeux européens plus lointains. Les gouvernements et toutes les formations politiques portent la lourde responsabilité de faire voter les citoyens (le Parlement demeure la seule institution directement élue) et de leur faire dire clairement ce qu’ils veulent pour les cinq ans à venir. Il sera difficile de les convaincre quand certains Etats s’apprêtent à renouveler leur confiance, le 15 juillet, au président sortant d’une Commission européenne devenue le ventre mou des institutions.

Dans ce contexte mondial et européen, la présidence du Conseil de l’UE est confiée pour six mois à la République tchèque dont le gouvernement de Mirek Topolanek, disposant d’une fragile majorité, n’est pas franchement euroenthousiaste et dont le président Vaclav Klaus est carrément europhobe. Notre correspondant à Prague et nos interviews d’eurodéputés tchèques expliquent l’imbroglio politique local. La conception ultralibérale du pouvoir à Prague aura sûrement une influence sur les dossiers européens en cours (voir nos articles dans cette édition spéciale et dans notre production au quotidien). Avant de passer le relais en juillet à la Suède, la Tchéquie s’est fixé trois priorités : économie, énergie, Europe dans le monde (ses trois « E »), qui relèvent plus du suivi de dossiers que de politiques nouvelles.

Si les facteurs d’inquiétude pour les autres Etats de l’UE ne peuvent être cachés, il n’y a pas lieu non plus de les exagérer. « Nous sommes un pays responsable », assurait récemment le vice-premier ministre tchèque Alexandr Vondra, en charge des affaires européennes.

Malgré cette promesse, on ne peut que rappeler le leitmotiv majoritaire : l’UE a besoin d’une refondation et d’une gouvernance stable (promises par le Traité de Lisbonne), bref d’un projet politique. Après le 20 janvier, les relations avec les Etats-Unis sont à réinventer. Au printemps, Prague réunit un sommet spécial des Vingt-sept avec six autres Etats de l’Est – Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie, Ukraine –, un « Sommet du partenariat oriental », sans la Russie. Le 2 avril à Londres, un nouveau G20 est chargé de redessiner l’architecture financière mondiale. Le 3 avril à Strasbourg et à Kehl, l’Otan fête ses soixante ans et incite l’Union européenne à prendre sa part de la sécurité mondiale. Le 7 décembre à Copenhague, la communauté internationale s’engage dans une nouvelle ère industrielle en définissant de nouveaux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, auquel l’UE apporte sa contribution avec son plan « énergie-climat » adopté fin 2008. La responsabilité de faire front aux grands rendez-vous de 2009 et aux crises qui surgiront n’est pas seulement l’affaire de la République tchèque, c’est la responsabilité de toute l’Union.



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