Analytique, complet, indépendant
Bannière
 
Politiques externes / Présidence tchèqueImprimer l'article | Imprimer cet article

Politique de voisinage

Objectif : un compromis sur le Partenariat oriental

Par Joanna Sopinska | lundi 05 janvier 2009

Après la France, qui a axé sa présidence sur la région de la Méditerranée, la République tchèque entend surtout se tourner vers ses voisins de l’Est. Ainsi, elle entend bien faire avaliser par le Conseil européen de mars les modalités du Partenariat oriental (PO), l’initiative étant ensuite lancée lors d’un Sommet en avril ou mai, en présence des dirigeants des six pays concernés (Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie et Ukraine). Ceci ne se fera que lorsque le Conseil aura fait le bilan de la suspension temporaire des sanctions imposées au Belarus. La participation du Belarus au PO dépendra, en effet, de cette évaluation, précisent les milieux tchèques .

Parmi les difficultés à résoudre par la nouvelle présidence : la contribution financière de l’UE, la structure de l’initiative et son rapport à l’égard de la Russie.

Présentée le 3 décembre (Europolitique n°3638), la proposition de la Commission a reçu un accueil généralement favorable des capitales européennes. Toutefois, des préoccupations sur certains éléments du document ont été exprimées lors des deux premières discussions au niveau du Conseil en décembre. Chypre, l’Espagne, la France, la Grèce et l’Italie - des Etats traditionnellement proches des voisins méridionaux de l’UE - ont plaidé pour un maintien de l’équilibre des fonds entre pays du Sud et de l’Est participant à la Politique européenne de voisinage (PEV). L’Italie a prévenu qu’elle n’accepterait pas que l’on crée des politiques distinctes pour ces deux groupes de pays.

Dans sa communication, la Commission propose d’ajouter aux ressources déjà prévues un total de 600 millions d’euros pour financer le PO en 2010-2013. Certains pays (Bulgarie, Grèce, Hongrie) craignent toutefois que cela se traduise par une réduction des financements d’autres dossiers, comme les projets relevant de la Synergie de la mer Noire. La Grèce et la Pologne font en outre valoir que toute décision financière ne doit pas préjuger des débats sur les prochaines perspectives financières. Varsovie insiste pour que soient respectés les rubriques et plafonds de la programmation en cours.

Les Etats membres n’ont pas encore décidé de la structure du PO. France, Espagne et Italie veulent comme modèle l’Union pour la Méditerranée (UPM). Mais d’autres pays, surtout de l’Est, et la Commission estiment que, contrairement à l’UPM, un secrétariat distinct n’est pas nécessaire pour le Partenariat oriental. La Pologne et la République tchèque jugent utile qu’un coordinateur spécial soit nommé au sein de la Commission.

D’autres divisions sont apparues concernant les relations UE-Russie. Grèce, Italie et Portugal - trois pays qui ont des liens traditionnels avec la Russie - craignent un effet négatif du PO sur des relations déjà tendues avec Moscou. Ils plaident pour que l’initiative ne vise pas à isoler la Russie, mais soit perçue comme une voie parallèle aux relations européennes avec Moscou.



Copyright © 2008 Europolitics. Tous droits réservés.
cover