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Politiques externes / Présidence suédoiseImprimer l'article | ![]() ÉLARGISSEMENT/Présidence suédoiseUn champion de l’élargissement face à des blocages en sériePar Fabrice Randoux | mercredi 01 juillet 2009
« Les Balkans occidentaux peuvent toujours vous occuper quand vous n’avez rien d’autre à faire ». En dépit d’un agenda fort chargé, le ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt n’entend pas délaisser sa région de prédilection (il fut envoyé spécial de l’UE puis Haut-représentant en Bosnie-Herzégovine de 1995 à 1997 puis envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU dans les Balkans de 1999 à 2001). Bien au contraire, « il est extrêmement important que l’ensemble des Balkans occidentaux progresse vers l’UE, même si ce n’est pas à la même vitesse. Nous avons actuellement une série de blocages qui se fait au détriment de la stabilité dans la région », constate-t-il. CONFLITS BILATÉRAUX DANS LES BALKANSPremier blocage : le veto slovène depuis décembre 2008 à la poursuite des négociations d’adhésion de Zagreb à l’UE en raison d’un différend sur le tracé de leur frontière terrestre et maritime. Après six mois de médiation en vain, le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a jeté l’éponge et M. Bildt ne veut pas dans l’immédiat prendre de nouvelle initiative. « C’est maintenant le temps d’une période de réflexion pour les deux pays. C’est une dispute bilatérale et c’est à eux de la résoudre. S’ils ont quelque chose à dire, j’écouterai avec intérêt », souligne-t-il. En outre, Zagreb doit encore achever sa réforme de la justice, renforcer son combat contre la corruption et remettre des documents exigés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie dans le cadre du procès d’anciens généraux à La Haye. Même si Ljubljana levait son veto dans les prochaines semaines, la fin des négociations n’est de fait plus attendue avant 2010 pour une adhésion au plus tôt en 2011. Même philosophie de M. Bildt à propos du conflit sur le nom de la Macédoine entre Skopje et Athènes, qui risque de bloquer à la fin de l’année une décision du Conseil d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Macédoine. « Il faudra un compromis des deux côtés. Mais là encore, je voudrais souligner que la responsabilité de résoudre les questions bilatérales est du ressort des pays concernés. Nous ne pouvons pas imposer une solution et nous n’avons pas l’intention de le faire », explique-t-il. Pour le reste des Balkans, la présidence suédoise compte transmettre la candidature de l’Albanie à la Commission, comme cela a été récemment fait pour le Monténégro, afin que celle-ci rende son avis (ce qui prendra plus d’un an). M. Bildt juge aussi que la Serbie a amélioré sa coopération de « manière très substantielle » avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et s’efforcera de convaincre les Pays-Bas de lever leur opposition à la mise en œuvre intérimaire de l’Accord de stabilisation et d’association avec Belgrade. Enfin, il espère faire adopter par le Conseil la proposition de la Commission attendue en juillet sur un régime d’exemption de visas pour la Macédoine, la Serbie et le Monténégro. CHYPRE DOSSIER PRIORITAIREMais le dossier le plus important des mois qui viennent n’est pas dans les mains de M. Bildt, à savoir les négociations sur la réunification de Chypre, dont l’issue aura aussi de fortes conséquences sur la Turquie. Des pourparlers sous l’égide de l’ONU ont commencé en septembre 2008 entre le président chypriote Demetris Christofias et Mehmet Ali Talat, dirigeant de la République turque de Chypre Nord (uniquement reconnue par Ankara). Ils ont relancé l’espoir d’une solution négociée après des années de blocage et l’échec d’un plan de l’ONU rejeté en 2004 par les Chypriotes-grecs. « Je suis très impressionné par la détermination des deux dirigeants politiques », a affirmé M. Bildt, même si pour l’instant ces pourparlers n’ont pas encore enregistré d’avancée décisive. Toute percée au second semestre aurait un impact direct sur les négociations d’adhésion de la Turquie dans la mesure où l’UE a gelé en 2006 l’ouverture de huit chapitres de négociations en réaction au refus d’Ankara d’ouvrir ses ports et aéroports à Chypre. Le sommet de décembre doit revoir cette décision sur la base d’un rapport de la Commission à l’automne. Outre la question chypriote, la progression des négociations est également freinée par le ralentissement des réformes côté turc et l’opposition réitérée pendant la campagne des européennes d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy à l’adhésion d’Ankara. « Certaines attitudes du côté européen ont ouvert la voie à une sérieuse érosion de l’enthousiasme populaire et du consensus dans l’opinion publique », a déploré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Dans ce contexte, M. Bildt, bien qu’il considère que l’Europe ait un « intérêt stratégique » à l’entrée de la Turquie, reste très prudent sur la possibilité d’ouvrir de nouveaux chapitres dans les mois qui viennent. Seuls 11 des 35 chapitres de négociation ont été ouverts, dont un seul (fiscalité) sous présidence tchèque le 30 juin. L’ISLANDE INVITÉ SURPRISELa tâche de la présidence suédoise sera beaucoup plus facile avec un autre pays du nord, l’Islande, dont la candidature, revenue sur le tapis avec l’arrivée d’un gouvernement de gauche au printemps, est attendue dès juillet après un vote au Parlement. « L’Islande a déjà fait les trois quarts du chemin », selon M. Bildt, parce que c’est une vieille démocratie et qu’elle applique déjà une très grande partie de la réglementation européenne comme membre de l’espace économique européen. « Cela ajoutera une nouvelle dimension à l’Union européenne au moment où tout le monde s’intéresse à l’Arctique, en termes de ressources énergétiques, voies maritimes et protection de l’environnement », souligne-t-il. Le principal obstacle à une adhésion portera sur la pêche et l’application des quotas européens. |
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