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Economie & monnaie / Présidence suédoiseImprimer l'article | ![]() Politique économique/Présidence suédoisePour un encadrement plus strict de l’économiePar Ylva Nilsson | mercredi 01 juillet 2009
L’économie européenne va mal et la Suède a été touchée plus que d’autres États membres. Une situation qui n’a pas entamé la confiance des nouveaux capitaines du vaisseau européen, le Premier ministre Fredrik Reinfeldt et son ministre des Finances Anders Borg. Lors de la présentation à Bruxelles des projets de la présidence suédoise, M. Reinfeldt a déclaré : « A l’automne se fera sentir le besoin d’une gestion continue de crise. Cela doit se faire avec vigueur et intelligence. Il a été beaucoup fait référence au traitement réussi de la crise bancaire suédoise dans les années 1990, et je comprends pourquoi ». M. Borg affiche autant de confiance : « Un instrument important – et je parle ici de ma propre expérience en Suède – est un ensemble de bonnes règles fiscales qui sont observées même en cas de pression. En Suède, nous avons eu une très bonne expérience en matière de règles fiscales ». L’économie suédoise peut être confrontée, selon Anders Borg, à la situation la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais les deux capitaines affirment savoir comment s’en sortir. Jusqu’à récemment, la Suède avait un excédent budgétaire de 130 milliards de couronnes (SEK). Cette année, le déficit devrait s’approcher des 200 milliards de SEK selon le gouvernement. L’économie régressera de près de 5 % et ne reprendra son souffle qu’en 2010. Le chômage a atteint 6 % l’année passée, mais ce pourcentage devrait dépasser 9 % fin 2009, et près de 12 % l’année prochaine. La contraction de l’économie est plus forte en Suède, car le marché national est très ouvert et fortement dépendant des exportations de produits de base tels que le bois et l’acier. Mais ce n’est pas tout. Le secteur financier en Suède a subi de plein fouet la crise mondiale. Les grandes banques suédoises s’exposent fortement dans les pays baltes. Si la situation ne s’améliorait pas, elle se muterait en véritable cauchemar pour M. Borg. Le gouvernement a promis qu’il n’hésitera pas à reprendre une banque en difficulté. L’année passée pourtant, il cédait les entreprises publiques arguant qu’il n’appartenait pas à l’État de gérer des entreprises. Mais il en va autrement pour le secteur bancaire, pilier de l’économie. M. Borg a expliqué que cette intervention ne visait pas à sauver les banquiers mais ceux qui ont confié leur argent aux banques. Après les banques, la crise a frappé de plein fouet l’automobile suédoise. Volvo et Saab licencient par dizaines de milliers, et annulent leurs commandes à la multitude de PME sous-traitantes. Le secteur ne sera pas logé à la même enseigne que les banques : le gouvernement conservateur n’a pas l’intention de renflouer les géants industriels suédois que détiennent les américaines GM et Ford. Comme le dit M. Reinfeldt : « Lorsqu’un bateau coule, mon objectif premier est de sauver les marins, et non le bateau ». Pour M. Borg, en cas de crise, les finances publiques sont la clé. Discipline, vision à long terme et bonne gestion des fonds publics sont à l’ordre du jour. Dans pareille situation, il est essentiel de sauvegarder les finances publiques sur le long terme. La décision de Stockholm, très contestée sur la scène politique suédoise, a consisté à maintenir au niveau plancher toute stimulation de l’économie par l’État. MM. Borg et Reinfeldt préconisent d’encadrer les finances publiques de règles strictes, diriger toute stimulation et relance vers la population active, éventuellement sous forme d’abattements fiscaux, et appliquer de vigoureuses politiques du marché du travail excluant des allocations ceux qui ne cherchent pas activement un emploi ou ne font pas de recyclage professionnel. Anders Borg compte véhiculer ce message à l’Europe. Il reproche au pacte de stabilité et de croissance de ne pas se faire respecter. Il préconise donc de renforcer les règles disciplinaires du pacte. De nouveaux critères budgétaires devraient être convenus et chacun devrait appliquer au national la même discipline stricte. Il s’agit d’un programme ambitieux pour le ministre des Finances d’un pays hors de la zone euro. D’autant qu’il ne tient pas à voir la Suède entrer dans la zone. En théorie, MM. Borg et Reinfeldt, tous deux du Parti Modéré, appuient l’adoption de l’euro par la Suède. Ils ont choisi cette ligne en opposition, lorsque les sociaux-démocrates au pouvoir ont tant chancelé que les électeurs ont fini par rejeter la proposition par référendum en septembre 2003. Une situation embarrassante pour la classe politique suédoise puisque le pays remplit toutes les conditions pour adopter la monnaie unique et n’a pas d’opt-out ou d’opt-in comme le Royaume-Uni ou le Danemark. L’UE prétend poliment que ce dilemme n’existe pas. La question de l’euro revient aujourd’hui sur le tapis. Le Parti Libéral plaide pour une adhésion, comme d’autres poids lourds du Parti du Centre (tous deux membres de la coalition gouvernementale). Le fait que l’Islande et le Danemark parlent euro peut avoir changé l’opinion publique suédoise, en plus de la crise économique. Selon le dernier sondage, 47 % sont pour une adhésion, et 44 % contre. Des chiffres qui n’impressionnent pas le Premier ministre : « A mon avis, il faut endosser une responsabilité vaste et à long terme. Cela signifie être prudent, même si l’on a le sentiment que l’euro fonctionne bien. On ne peut prendre de décision sur base d’une petite majorité qui se dégage d’un seul sondage. Il faut un accord entre moi-même et les sociaux-démocrates pour avancer ». Cela reporte sérieusement l’adoption de l’euro : la chef de file des Sociaux-Démocrates, Mona Sahlin, se refuse à même ouvrir le débat avant 2014 – soit dix ans après le référendum. Anders Borg accepte cette position. Il préfère gérer l’économie sans ingérence extérieure. Mais si d’autres États membres suivent son conseil et acceptent sa manière de faire, il se pourrait que M. Borg, après la présidence suédoise, milite pour l’adhésion à la zone euro. La Suède Superficie : 450 000 km² (3e plus grand pays d’Europe occidentale) Plus longue distance nord-sud : 1.574 km Plus longue distance est-ouest : 499 km Population : 9 millions Langues : suédois ; langues minoritaires reconnues : sami (lapon), finnois, meänkieli (ou finnois tornédalien), yiddish, romani chib (langue rom). Parlement : Riksdag (349 membres) Religion : Église évangélique luthérienne de Suède (82 %) Espérance de vie moyenne : hommes 77 ans, femmes 82 ans. |
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