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Environnement/Présidence suédoise

Climat : objectif Copenhague

Par Anne Eckstein | mercredi 01 juillet 2009



S’il est un domaine où, quelle que soit la situation institutionnelle de l’Union européenne (avec ou sans Traité de Lisbonne), la présidence suédoise aura la main, c’est bien celui du climat. La Suède va s’efforcer d’emmener l’Union sur le chemin de Copenhague et d’un nouvel accord international sur la lutte contre le changement climatique. Et si elle annonce deux autres priorités en ce qui concerne sa politique environnementale, à savoir la protection de la biodiversité et l’émergence d’une économie durable basée sur l’éco-efficacité, ces deux thèmes sont étroitement liés au climat.

COPENHAGUE : PAS DE PLAN « B »

Le climat et les négociations internationales pour donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (ETS) constitueront donc l’axe central de l’action présidentielle. Pour Andreas Carlgren, ministre suédois de l’environnement, la tâche ne sera certes pas aisée. L’Union, a-t-il rappelé le 26 juin à Bruxelles, veut aboutir à Copenhague à un accord «  ambitieux », répondant aux recommandations scientifiques pour maintenir la hausse des températures en deçà de +2 °C par rapport à la période préindustrielle. «  Il nous faut un tel accord. Il n’y a pas d’alternative, pas de plan B », a martelé M. Carlgren. «  La présidence conduira l’UE sur la dernière ligne droite qui y mène. Et plus grand sera le succès de la conférence de Copenhague, plus ambitieux sera cet accord, plus importante sera la tâche des présidences suivantes, au premier rang desquelles l’Espagne et la Belgique, pour le mettre en œuvre », a-t-il ajouté. Les positions de l’UE sont connues. Reste la question du financement de l’aide aux pays en développement : Andreas Carlgren a confirmé qu’il n’y aurait aucun chiffre sur la table avant fin octobre. Le président du Conseil estime qu’à ce stade, ce ne sont pas les chiffres qui comptent pour débloquer la négociation mais bien l’élaboration d’une architecture financière qui tienne la route.

Le temps presse, a-t-il ajouté, confirmant qu’il reste en effet peu (3 à 4 semaines) de sessions de négociations «  utiles » avant Copenhague. Il poursuivra donc intensément le travail préparatoire au sein du Conseil ainsi que les consultations multi et bilatérales nécessaires. Le Conseil européen d’octobre donnera un mandat mais la position définitive de l’UE sera arrêtée au Conseil Environnement du 23 octobre. Andreas Carlgren s’est dit prêt à organiser des réunions extraordinaires si nécessaire. A ce propos et comme l’avait fait son prédécesseur, Martin Bursik, lors du Conseil informel de Prague (16 avril), M. Carlgren a mis les points sur les « i » : «  ce sont les ministres de l’environnement qui ont la responsabilité globale des négociations sur le climat. D’autres formations du Conseil, dont le Conseil EcoFin, ont leur mot à dire, mais c’est nous et nous seuls qui sommes responsables de la coordination et de parler, d’une seule voix, au nom de l’UE ».

BIODIVERSITÉ

Outre le fait que la biodiversité est d’une importance capitale tant sur le plan environnemental et climatique (disparition des espèces, dégradation des forêts, résilience des écosystèmes au changement climatique) que socio-économique, des échéances internes et internationales poussent ce dossier sur le devant de la scène. Sur le plan interne, l’UE s’était fixé comme objectif de stopper d’ici 2010 les pertes de biodiversité. Bien que l’on sache déjà que cet objectif ne sera pas atteint, la Commission européenne doit présenter à l’automne un bilan du plan d’action communautaire en la matière ainsi qu’une évaluation aussi pointue que possible de la situation. Elle devra ensuite proposer en 2010 une nouvelle stratégie et de nouveaux objectifs. La présidence suédoise compte suivre de près ce dossier et lancer le débat sur l’après 2010 d’autant que les options internes seront à la base de la position que l’UE défendra lors de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la biodiversité d’octobre 2010. Le Conseil devrait être en mesure d’adopter des conclusions sur ce thème en décembre 2009.

VERS UNE ÉCONOMIE PLUS VERTE

Troisième axe prioritaire pour la Suède : mettre l’Europe sur le chemin d’une économie plus verte, plus éco-efficiente. Stockholm a fait sien le message délivré depuis longtemps déjà par la Commission européenne, à savoir que protection de l’environnement n’est pas incompatible avec développement économique. Au contraire, dit M. Carlgren, s’il y a un lien entre la crise économique actuelle et l’environnement, c’est celui qui consiste à voir dans le développement d’une économie verte le moyen de sortir de la crise. Il faut, à cet effet, développer les technologies propres, et l’efficacité énergétique et augmenter les investissements dans la recherche et dans ces secteurs. Plusieurs dossiers sur ce thème sont en attente de seconde lecture. La Suède tentera de les faire progresser (mais elle dépend pour ce faire du calendrier du Parlement européen). Ce thème, comme celui du climat, sera au centre débats des réunions informelles des ministres de l’Energie et de l’Environnement (23-25 juillet, Are, Suède).

STRATÉGIE POUR LA MER BALTIQUE

Sans surprise, la Suède a placé parmi ses priorités la stratégie pour la Mer Baltique. Elle engagera le débat sur base de la communication présentée par la Commission le 10 juin dernier. Pour Stockholm, ce dossier doit servir d’exemple pour montrer aux autres régions d’Europe comment une zone polluée et en difficulté peut, par une approche intégrée et à l’échelle d’une macro-région, retrouver un statut écologique sain tout en donnant un coup de pouce à son développement économique. Stockholm espère pouvoir faire avaliser cette nouvelle stratégie communautaire par le Conseil européen d’octobre.



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