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Politiques externes / Présidence françaiseImprimer l'article | ![]() Commerce multilatéralDoha, un casse-tête pour la FrancePar Sébastien Falletti | jeudi 10 juillet 2008
La poursuite des négociations de Doha sur la libéralisation du commerce international: un casse-tête pour la France qui craint que ce dossier ne complique sa présidence aux dépens de son ordre du jour bilatéral ambitieux et ne l’empêche de défendre au mieux ses intérêts à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Paris se retrouve dans la délicate position de devoir gérer aux côtés du commissaire européen Peter Mandelson une réunion ministérielle décisive à l’OMC en Juillet. Un diplomate français avait prévenu que si les débats s’éternisaient jusqu’en juillet, ce serait « de mauvaises nouvelles pour nous ». Si les tentatives de sauvetage du Cycle de négociations lancé en 2001 se sont intensifiées ces derniers mois, la France s’oppose de plus en plus fermement à la poursuite des travaux, et dénonce le « déséquilibre» des propositions faites à Genève. « Il serait totalement invraisemblable qu’on continue à vouloir négocier un accord où nous n’avons obtenu rien sur les services, rien sur l’industrie (...) et qui conduirait à une baisse de 20% de la production agricole, dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent de faim», a prévenu Nicolas Sarkozy le 20 juin, lors du Sommet européen. Et d’ajouter : « Il y a un enfant, toutes les 30 secondes, qui meurt parce qu’il a faim et on irait négocier dans le cadre de l’OMC une réduction de la production européenne de 20% ?» La logique qui sous-tend ces attaques au vitriol est simple : enterrer tant qu’il en est encore temps Doha. La perspective de devoir traiter ce dossier n’enchante pas les diplomates français, qui savent qu’ils ne pourront défendre avec l’ardeur voulue leur position. Assumer la présidence implique la recherche de consensus, et Paris ne pourra dans ce contexte s’opposer directement à la Commission et aux Etats membres à propension libérale. La France, qui aura toujours une voix au Conseil, compte désormais sur les Etats membres proches de sa politique pour qu’ils mènent la résistance contre M.Mandelson. « Les Italiens feront le boulot» indique un expert. Rome a d’ailleurs salué la création d’un nouvel « axe commercial» après la visite en Italie de la secrétaire d’Etat française chargé du Commerce, Anne-Marie Idrac, il y a quelques semaines. Nombreuses sont les capitales, dont Berlin, à refuser tout accord sans nouvelles concessions des pays émergents sur les biens et les services. Les experts doutent en général des chances d’un déblocage, faute de volonté politique suffisante des leaders des pays développés et des pays en développement. La réunion ministérielle OMC «de la dernière chance» prévue le 21 juillet à Genève sera-t-elle en mesure de réussi la percée tant attendue? La question reste grande ouverte. La tentative précédente remonte à juillet 2006 et fut un fiasco un fiasco.. L’enjeu est de taille pour la présidence, puisque un déblocage sur les modalités cet été intensifierait les travaux au second semestre afin de finaliser un accord. Il resterait alors peu de place pour le programme bilatéral cher à la France (lire article séparé). Un gel de Doha, au contraire, pourrait relancer les négociations avec la Corée, le Canada et les Etats du Golfe. DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLEParis privilégie en revanche un accord commercial multilatéral anti-contrefaçon. La France juge ensuite prioritaire l’application des Droits de propriété intellectuelle et voudrait conclure dans les plus brefs délais cet accord que négocient l’UE, les Etats-Unis, le Japon et d’autres partenaires économiques d’importance. Si les négociations viennent de commencer, tant la France que le gouvernement américain voudraient les voir bouclées en 2008. Ce qu’une source de la Commission estime «pas réaliste». « Il serait totalement invraisemblable qu’on continue à vouloir négocier un accord où nous n’avons rien obtenu» |
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Un objectif, mais pas une priorité pour la présidence française -
