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Politiques externes / Présidence espagnoleImprimer l'article | ![]() Politique étrangèreL’Espagne contrainte à la modestie en politique étrangèrePar Fabrice Randoux | lundi 04 janvier 2010
Avec le traité de Lisbonne, le rôle de la présidence tournante va être fortement réduit en politique étrangère puisqu’elle ne fera plus partie de la fameuse troïka, dorénavant composée du président du Conseil, de la Haute représentante et du président de la Commission. Mais l’Espagne se considère comme une « présidence de transition » et exercera donc encore une influence sur l’agenda de l’UE. Une dizaine de sommets sont prévus pendant la présidence, dont plusieurs en Espagne : UE-Amérique latine (en mai à Madrid), UE-Etats-Unis (en mai ou juin à Madrid), UE-Maroc (en mars à Grenade), UE-Pakistan (en avril à Madrid), UE-Mexique (en mai à Santander), UE-Egypte (en juin à Barcelone), alors que tous ces sommets doivent maintenant se dérouler à Bruxelles. Les Espagnols font valoir que ces réunions nécessitaient d’être planifiées à l’avance, avant d’être sûrs de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Mais José Luis Zapatero a été clair : c’est Herman Von Rompuy qui présidera ces sommets, le chef du gouvernement espagnol se contentant d’en être l’hôte. Et M. Zapatero ne participera pas aux sommets dans les pays tiers, au Japon, au Canada ou en Russie. Si M. Zapatero ne semble pas contrit de devoir céder la vedette, cela semple plus difficile pour le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos. Ce n’est en effet plus lui, mais Catherine Ashton qui présidera les réunions des chefs de la diplomatie. M. Moratinos a assuré qu’il serait « à la totale disponibilité » de Mme Ashton. Sur un dossier comme le Proche-Orient, il pourra certes apporter sa « modeste expérience » d’ancien envoyé spécial de l’UE de la région mais « elle ne m’a pas délégué le dossier », a-t-il assuré. Cela n’empêche pas M. Moratinos d’organiser une réunion informelle (Gymnich) à Cordoue début mars. Et d’avoir aussi quelques priorités plus espagnoles en tête, comme l’Amérique latine. MORATINOS RÊVE D’UN ACCORD AVEC CUBAM. Moratinos veut ainsi plaider pour établir un accord bilatéral de coopération entre l’UE et Cuba. Les relations entre La Havane et l’UE sont soumises à une « Position commune » de 1996 qui lie le dialogue politique au respect des droits et libertés sur l’île communiste. L’Espagne avait déjà été en première ligne pour obtenir la levée des sanctions et la reprise de la coopération entre l’UE et La Havane en 2008. Plusieurs États, dont la Suède et la République tchèque, ne souhaitent cependant pas abandonner la « Position commune ». L’Espagne veut aussi profiter de sa présidence pour conclure les négociations sur deux accords d’association : d’une part avec les pays de la communauté andine (même si cela ne concerne plus que la Colombie et le Pérou, la Bolivie et l’Equateur s’étant retirés des négociations) ; d’autre part avec les pays d’Amérique centrale où les négociations, presque achevées, sont bloquées depuis le coup d’Etat au Honduras en juin. SERVICE DIPLOMATIQUE EUROPÉENEnfin, l’Espagne va tenter de relancer l’Union pour la Méditerranée (UPM), plus que jamais enlisée au niveau institutionnel depuis son lancement à Paris à l’été 2008, en organisant un second sommet en juin à Barcelone. L’Espagne y est d’autant plus intéressée que le secrétariat général de l’UPM est à Barcelone. Sauf qu’il n’y a toujours pas d’accord entre les 43 États membres sur le nom du secrétaire général et d’autres questions statutaires diverses... Paradoxalement, le plus grand chantier de politique étrangère de l’UE au premier semestre sera interne : la mise en place du service européen d’action extérieure, le bras armé de Catherine Ashton pour mener sa politique. En se basant sur les lignes directrices du Conseil européen d’octobre, Mme Ashton doit formuler une proposition législative détaillée sur le fonctionnement du service (budget, domaines de compétence, organigramme, recrutement et statut juridique des diplomates nationaux, etc.). Celle-ci devra être adoptée par le Conseil d’ici la fin avril en accord avec la Commission et après consultation du Parlement européen. La mise en place de ce service sera l’une des questions clés du Parlement européen (qui aura son mot à dire sur le budget) lorsqu’il auditionnera Catherine Ashton à la mi-janvier. |
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