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SOCIAL / PensionsImprimer l'article | ![]() Entretien avec Jörn Wesenberg, expert technique, Deutsche Rentenversicherung BundLe Livre vert est l’occasion de tirer les leçons de la crisePar Sophie Petitjean | lundi 05 juillet 2010
Jörn Wesenberg travaille pour la Deutsche Rentenversicherung Bund qui gère les retraites publiques en Allemagne (premier pilier). Cette institution assure quelque 52 millions de personnes en Allemagne et dépend des contributions des patrons et des assurés.Pour M. Wesenberg, ce Livre vert est l’occasion de voir si la Commission veut vraiment tirer des enseignements de la crise, et abandonner son point de vue sur le financement privé des retraites comme « la » solution aux défis démographiques de demain. Il lancera en outre le débat sur la portabilité des pensions. Quels pourraient être les problèmes et obstacles pour la Deutsche Rentenversicherung Bund ces prochaines années ? Le vieillissement de la population est bien sûr un défi majeur pour les années à venir, également pour l’Allemagne. Le système de pension de vieillesse du premier pilier a été adapté à ces changements démographiques par différentes réformes ces dernières années (d’abord en 1992, puis surtout en 2001, 2005 et 2007). Financièrement, le système allemand de retraite a donc été adapté aux défis démographiques de demain : la retraite anticipée a été graduellement abolie, l’indexation des pensions réduite et liée à la proportion de la population active par rapport aux bénéficiaires de pensions de vieillesse (facteur de viabilité). L’âge général de la retraite commencera à augmenter de deux ans à partir de 2012 en paliers mensuels (pour faire de 67 l’âge standard de la pension de vieillesse). A l’avenir, le niveau de vie d’un retraité ne sera maintenu qu’en combinant les régimes de retraite de l’Etat, la retraite professionnelle et un complément de retraite privée (qui a été renforcé par un régime de retraite « Riester » volontaire, subventionné par l’Etat). Les défis à relever concernent plutôt la future adéquation des retraites : les carrières instables combinées à des changements de statut employé/indépendant et retour, mènent souvent à des « trous » d’assurance retraite chez un nombre croissant de personnes en Allemagne (les indépendants ne sont généralement pas assurés dans le cadre du régime du premier pilier en Allemagne). Le système de pension devra s’adapter à ces changements du marché du travail. Quelle est votre position sur la viabilité des pensions : que suggérez-vous pour que l’on continue à verser les pensions malgré le vieillissement de la population et la crise ? En Allemagne, les retraites du premier pilier sont déjà étroitement liées à la carrière d’assurance durant toute la vie professionnelle. En outre, l’indexation des pensions a été réduite par différentes réformes. Le système est financièrement stable et bien préparé aux futurs changements démographiques. Jusqu’à présent, la crise n’a pas détérioré la situation financière de l’Assurance Pension allemande. Cela est principalement dû aux instruments du marché du travail comme le chômage partiel (« Kurzarbeit »), qui ont amorti les baisses des contributions à la sécurité sociale (via des contributions supplémentaires par l’assurance chômage) et évité de plus fortes réductions de main-d’œuvre. Le chômage n’a pas fortement augmenté depuis le plus fort de la crise à l’automne 2008. Qu’attendez-vous du Livre vert sur les retraites ? Quel rôle pour l’UE ? La Commission utilisera la consultation pour regagner du terrain, et influer sur les débats sur les retraites publiques, professionnelles et privées. Ces trois aspects se retrouveront dans le document. La crise est une opportunité bienvenue, pour la Commission, de raviver certains dossiers, comme le projet de directive sur la portabilité des pensions professionnelles. La crise a à nouveau démontré la stabilité des systèmes de retraite avec retenue à la source, et leur nécessité comme premier pilier dans un bouquet de différents régimes de pension de vieillesse à l’avenir. La Commission a raison d’analyser avec le Livre vert si les régimes financés par des capitaux privés et les produits pour la sécurité liée à l’âge sont à soumettre à un examen plus strict au niveau de l’UE en termes de « sécurité ». Il sera intéressant de voir si la Commission veut vraiment tirer des leçons de la crise à cet égard, et renoncer à son point de vue sur les pensions privées comme « la » solution aux défis démographiques de demain. Quelle est l’issue de la conférence sur la méthode ouverte de coordination et les retraites, organisée en mai à Berlin ? Comment en améliorer la mise en œuvre ? La conférence de l’Assurance fédérale de retraite allemande, d’une part, a réitéré l’importance de la MOC sociale et ses outils (examen par des pairs, rapports conjoints, indicateurs) pour un apprentissage mutuel intereuropéen entre Etats membres et ses effets pour les réformes des pensions des Etats membres lors de la décennie écoulée. Le rôle volontaire que la MOC doit continuer de jouer a aussi été souligné par les délégués des Etats membres. De nombreux orateurs ont jugé indispensables une visibilité accrue et un processus plus transparent en englobant d’autres parties concernées (et organisations non gouvernementales) au processus de la MOC. Le dilemme est en outre qu’un rôle social accru de l’UE et qu’une visibilité des aspects sociaux sur la scène européenne courent le risque que les Etats membres perdent cette compétence au profit de l’UE. Ce n’est pas une option pour l’Allemagne. Des objectifs quantifiables ont dès lors été rejetés par les Etats membres et les représentants de la sécurité sociale allemande. |
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La pression sur les systèmes de pensions pousse aux réformes -
