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SOCIAL / PensionsImprimer l'article | ![]() La pression sur les systèmes de pensions pousse aux réformesPar Sophie Petitjean | lundi 05 juillet 2010
Acculés par un vieillissement démographique et une crise économique et financière encore trop présente, les États membres multiplient les tentatives visant à assurer à leurs citoyens une pension de retraite viable et adéquate. Au rang de ces mesures, le rehaussement de l’âge de départ à la retraite, et ce après plus de quarante ans de tendance inverse. Cette mesure semble inévitable au vu des prévisions : alors qu’en 2008, l’UE comptait 4 personnes en âge de travailler (15-64 ans) pour une personne âgée de 65 ans et plus, en 2060, ce ratio devrait être de 2 à 1. Et à l’heure actuelle, l’âge moyen effectif de départ à la retraite est de 61,7 ans pour les hommes et 60,5 ans pour les femmes, alors qu’officiellement il est de respectivement 64,3 ans et 62,7. Un tel déséquilibre devrait entraîner une augmentation des dépenses publiques en matière de retraite de 23 %. Conjuguées aux craintes des citoyens, ces prévisions obligent les gouvernements européens à se pencher sur la question de la viabilité et de l’adéquation (des revenus suffisants permettant un niveau de vie décent) des systèmes de pensions. QUATRE AXES DE RÉFORMESelon l’Observatoire français des retraites, quatre axes de réformes ont été envisagés ces dernières années. Le premier, et certainement le plus médiatisé, consiste à repousser l’âge effectif de départ en retraite, soit explicitement en relevant l’âge de liquidation des droits à la retraite, soit implicitement par un allongement de la durée d’assurance requise pour une pension complète. Le second consiste à augmenter les sources de financement, de manière directe par une augmentation des taux de cotisation, ou de manière indirecte, par exemple en élargissant l’assiette des cotisations. Le troisième axe consiste à diminuer le niveau relatif des pensions, soit par une baisse directe des taux d’annuité dans le cadre des régimes à prestations définies, soit de manière indirecte en modifiant les règles de revalorisation des pensions ou en allongeant la période du salaire de référence. Le dernier axe consiste à introduire ou à développer la capitalisation au sein des régimes en répartition. Pour compenser la baisse du niveau des pensions des régimes publics, les réformes portent également sur le développement des régimes des deuxième (régimes de retraite privés proposés dans le cadre d’un contrat de travail) et troisième (plans souscrits à titre individuel) piliers, notamment par le biais d’incitations fiscales. Certains pays ont choisi de renforcer les dispositifs collectifs dans le cadre de l’entreprise ou au niveau sectoriel, alors que d’autres encouragent les dispositifs individuels. LES LEÇONS DE LA CRISEDéjà l’objet d’un certain désaveu de la part des citoyens européens (58 % d’entre eux doutent de la capacité de leur gouvernement à les financer et à prendre en charge les personnes âgées dans les décennies futures), les systèmes de pensions ont encore été affaiblis par la crise. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « la crise exacerbe les problèmes structurels à plus long terme auxquels sont confrontés les systèmes de retraite de nombreux pays en raison du vieillissement de la population ». Les fonds de pensions privés ont été les premiers touchés : ils ont vu la valeur de leurs investissements baisser de 23 % en 2008, soit de quelque 5 400 milliards de dollars américains. Les Pays-Bas et la Grande-Bretagne ont été particulièrement touchés. Mais les régimes publics de retraite ne seront pas épargnés, dans la mesure où les recettes provenant des cotisations sociales s’amenuisent en raison de la montée du chômage et où les dépenses au titre de la redistribution augmentent pour compenser la baisse des pensions, ajoute l’OCDE. Et ceci tant dans les systèmes non révisés que ceux qui ont déjà subi des réformes, met en garde le rapport conjoint du comité de protection sociale (CPS) et du comité de politique économique (CPE), qui invite à étudier le rôle des régimes de retraite par capitalisation et l’interaction entre les piliers public et privé. « La crise met en lumière la nécessité de réexaminer le degré d’exposition au marché financier », souligne le rapport. |
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