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Présidence du Parlement

Un Polonais ou un Italien comme prochain président du PE

Par Célia Sampol | jeudi 07 mai 2009



Qui sera le prochain président du Parlement pour deux ans et demi ? Le choix dépendra de l’accord technique mis en place entre les groupes politiques les mieux placés pour se partager le perchoir le temps de la législature.

Plusieurs configurations sont envisageables. La première, et la plus probable, serait un accord entre le PPE-DE et le PSE comme cela était déjà le cas de 2004 à 2009. Sous la législature actuelle, les socialistes ont pris en premier la tête de l’institution avec Josep Borrell à la présidence de juillet 2004 à décembre 2006. Puis en janvier 2007, le conservateur allemand Hans-Gert Pöttering, jusqu’alors chef de file du PPE-DE, a assuré le relais. Du coup, en cas de nouvel accord entre les deux grands groupes, ce serait au PPE-DE de présider en premier. On parle déjà d’un ticket Jerzy Buzek (PPE-DE, Pologne)/Martin Schulz (PSE, Allemagne). Jerzy Buzek est issu de la Plateforme civique, le parti de centre-droit du Premier ministre Donald Tusk qui devrait faire de très bons scores en juin. La délégation polonaise au sein du PPE-DE, actuellement à 15 députés, pourrait ainsi doubler son nombre de sièges et prendre beaucoup d’importance. Quant à Martin Schulz, actuel président du groupe PSE, il devrait logiquement prendre la suite sauf si, après les élections, il annonce avoir des visées autres que le Parlement européen.

Mais ce ticket n’est pas le seul mis en avant. En effet, avec la fusion récente d’Alliance nationale et de Forza Italia, la délégation italienne du PPE-DE va croître et pourrait gagner dix sièges. Actuellement troisième avec 24 députés, elle risque de passer deuxième voire première délégation vu que les 27 conservateurs britanniques devraient partir et que leurs homologues allemands, aujourd’hui 49, pourraient perdre des voix comme l’annoncent les sondages. Avec une telle position, les Italiens devraient revendiquer soit la tête du PPE, soit celle du Parlement. Le nom de Mario Mauro, vice-président du Parlement et membre de Forza Italia, est ainsi évoqué comme alternative à Buzek. Mais reste à savoir si Martin Schulz acceptera un accord avec ce proche de Silvio Berlusconi car il garde un goût amer dans la bouche. En 2003, le chef du gouvernement italien avait en effet apostrophé M. Schulz, alors simple député, en le traitant de «  Kapo » devant toute la plénière. À ce stade, le PPE-DE n’a pas encore tranché entre les deux hommes.

UNE PLACE POSSIBLE POUR L’ADLE

L’un des autres accords techniques possibles serait une alliance conservateurs/libéraux. Un tel cas de figure s’est déjà vu dans le passé, sous la législature 1999-2004 avec, à la présidence, la Française Nicole Fontaine pour le PPE-DE, suivie de l’Irlandais Pat Cox pour l’ADLE. Ce schéma serait d’autant plus envisageable que lors des élections législatives de cet automne en Allemagne, la grande coalition pourrait rompre au profit d’une alliance entre les conservateurs de la CDU et les libéraux du FDP. Au Parlement européen, les libéraux seraient favorables à un tel accord. Ils n’opposent d’ailleurs pas de résistance au candidat du PPE pour la tête de la Commission européenne, l’actuel président José Manuel Barroso. Les Libéraux disposent en plus d’une personne toute préparée pour présider le Parlement : le leader du groupe, le Britannique Graham Watson, qui s’est publiquement porté candidat à ce poste.

Une alliance socialistes/libéraux pourrait aussi être imaginable dans la mesure où ces derniers votent souvent ensemble en plénière mais ils n’auraient probablement pas la majorité. Du coup, la dernière configuration possible serait un accord PSE/ADLE/Verts. Le coprésident des Verts, le Franco-Allemand Daniel Cohn-Bendit, a plusieurs fois plaidé pour avoir un socialiste à la tête de la Commission (par exemple le Danois Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen), alors que les Verts et les libéraux se partageraient la présidence du Parlement. Avec par exemple Watson suivi de Cohn-Bendit lui-même. Ce serait une première. Toutefois, ce scénario semble peu probable et les socialistes européens n’ont pas de candidat pour la présidence de la Commission.

Tout se décidera après les élections, en fonction des résultats réalisés par les différentes familles politiques. n



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