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Institutions / ParlementElectionsImprimer l'article | ![]() Le panorama électoral d’Europolitiquejeudi 07 mai 2009
Exercice inédit : un grand nombre de correspondants de presse ont apporté une contribution exceptionnelle à Europolitiquepour dresser ici, à un mois des élections européennes, le panorama des situations politiques dans les 27 États membres (panorama coordonné par Rory Watson). Qu’ils en soient tous chaleureusement remerciés. Le paysage est évidemment très divers, parfois chaotique, et très informatif. Même si, à l’horizon du 7 juin, les observateurs tendent à considérer que les grands équilibres du Parlement européen ne devraient pas être bouleversés, tous les observateurs restent attentifs aux exceptions locales, aux particularismes nationaux, aux singularités des grandes figures politiques qui, finalement, pourraient réserver des surprises ! ALLEMAGNE Les élections sont considérées comme un test avant les élections nationales du 27 septembre. Les questions européennes sont peu présentes dans la campagne. Selon un sondage réalisé pour les élections nationales, les Chrétiens démocrates (CDU et CSU de Bavière), qui participent actuellement au gouvernement de coalition avec les Sociaux-démocrates (SPD), pourraient être en mesure de former une petite majorité avec les Libéraux (FDP) à l’automne prochain à Berlin. Par rapport à 2004, les CDU et CSU devraient perdre certains de leurs 49 eurodéputés (sur un total de 99 membres allemands), alors que le SPD (23 eurodéputés actuellement), le FDP (7 eurodéputés) et le parti de gauche “Die Linke” (7 eurodéputés) pourraient arriver à augmenter leur présence. Les Verts (13 eurodéputés) pourraient voir leur position un peu affaiblie. Le CSU, qui n’a de candidats qu’en Bavière, doit obtenir un résultat national supérieur à 5 % pour pouvoir désigner des eurodéputés. Même si le scrutin local se déroule le même jour dans sept des 16 Länder, ce qui pourrait faire grimper le taux de participation, on s’attend généralement à ce que le CSU soit représenté au sein du nouveau Parlement. AUTRICHE Les élections européennes montreront si la « grande coalition » au pouvoir entre le Parti social-démocrate (SPÖ) et le Parti conservateur du peuple (ÖVP) mérite encore son qualificatif de « grande ». Tous les partis reflètent l’euroscepticisme grandissant et placent les eurodéputés établis au bas de leurs listes. L’ancien Secrétaire d’État à l’Intérieur Ernst Strasser est le grand favori des conservateurs. L’euro-rebelle Hans-Peter Martin, qui a accusé des députés européens d’abuser de leurs allocations parlementaires, fait à nouveau campagne. Les instituts de sondage prédisent des gains significatifs pour l’opposition de droite anti-immigration, le parti d’extrême-droite Freiheitliche Partei (FPÖ) et le parti de Jörg Haiders Bündnis Zukunft Österreich (BZÖ). Dans ce contexte, le parti Libertas de Declan Ganley a peu de chance de gagner du terrain. Selon un sondage récent, 30 % des électeurs voteront SPÖ (-3 %), 29 % ÖVP (-4 %), 15 % FPÖ (+9 %), 9 % Verts (-3 %), 6 % BZÖ (+6 %) et 3 % Martin (-11 %). Le taux de participation risque d’atteindre un nouveau record « vers le bas » (moins de 40 %). BELGIQUE En même temps que les élections européennes, sont organisées, le 7 juin, des élections régionales. Le vote est obligatoire. Au titre du Traité de Nice, le nombre de parlementaires belges au Parlement européen est ramené de 24 actuellement à 22, élus selon leur langue : 13 pour le collège électoral néerlandophone, 8 pour le collège francophone et 1 pour le collège germanophone. La parité hommes-femmes est obligatoire sur les listes électorales. À noter que le commissaire européen Louis Michel est tête de liste du parti libéral francophone (MR). La Belgique – qui prendra la présidence du Conseil de l’UE au second semestre 2010 – est, traditionnellement, un pays pro-européen. Le taux de confiance dans le Parlement européen y est le plus élevé (64 %). Mais tout porte à croire que, tant dans la campagne que dans le choix des électeurs, les questions régionales et linguistiques (des communes flamandes ont refusé d’organiser les élections pour protester contre la non-scission de l’actuelle circonscription électorale de Bruxelles-Halle-Vilvorde) et économiques (gestion de la crise financière par le gouvernement fédéral) prendront le pas sur les questions purement européennes. BULGARIE Les élections européennes seront un test important pour la coalition sociale-libérale au pouvoir (depuis 2005), avant les élections générales qui auront lieu au début juillet. La campagne sera sans doute dominée par les difficultés que la Bulgarie rencontre dans la gestion des fonds européens. Ce problème est à l’origine de la retenue de 220 millions d’euros et de la suspension d’un prêt de 500 millions d’euros. L’opposition de droite accuse la coalition au pouvoir d’être responsable de la mauvaise gestion. Selon différentes prévisions, le taux de participation devrait se situer entre 27 % et 30 %. Le vainqueur probable est le parti de droite GERB qui est dirigé par le maire de Sofia, Boyko Borisov. Les analyses publiées en avril par MBMD – un grand institut de sondage bulgare, ont montré que 26 % des électeurs voteront pour GERB, 16 % pour BSP/socialistes, 9 % pour DPS/libéraux, 6 % pour ATAKA/extrême droite et 5 % pour SDS/DSB/droite. CHYPRE Les questions purement européennes seront supplantées par les affaires nationales. L’électorat votera sans doute pour des candidats qui respectent cet ordre de priorités ; ce qui peut s’expliquer par le fait que le public est un peu dépassé par les affaires européennes qu’il ne comprend pas totalement. Le Traité de Lisbonne lui est pratiquement étranger même si ce document contient une clause autorisant les États membres à se défendre mutuellement en cas d’attaque – un réseau de sécurité pour Chypre. Tous les partis politiques, notamment le parti de gauche AKEL du Président Demetris Christofias, chercheront à gagner des voix. L’amélioration du score du gouvernement durant les élections enverra un message positif sur les affaires en cours, notamment les négociations de réunification de l’île. Les autres partis politiques, DISY (conservateurs), DH.KO (démocrates) et EDEK (socialistes), soutiennent la participation de Chypre au Partenariat de l’OTAN pour la paix – une politique à laquelle le gouvernement est opposé. Le taux de participation sera relativement élevé puisque les Chypriotes ont tendance à prendre les élections au sérieux. Selon le dernier sondage Eurobaromètre, 52 % des Chypriotes se disent intéressés par les élections européennes, soit 8 % de plus que la moyenne européenne. DANEMARK La campagne danoise suit le modèle établi des élections européennes précédentes. Les médias ont d’abord rapporté l’ignorance générale du public. À peine 19 % des danois étaient au courant de la date des élections. Puis, la presse a noté que personne ne savait vraiment qui étaient les candidats. Enfin, il apparaît qu’environ 50 % des Danois iront voter. Le débat politique se concentre sur la nécessité de limiter la marge de décision de l’UE. Mais peu de propositions concrètes sont faites à propos des politiques à supprimer. La question de savoir si la Turquie doit recevoir le statut d’État membre ou de partenaire privilégié a également été soulevée. Il y a cinq ans, le nombre record de voix accordées à l’ancien Premier ministre Poul Nyrup Rasmussen a permis aux sociaux-démocrates de gagner cinq sièges. Il ne se présente pas cette année. Les sociaux-démocrates et le parti Libéral du Premier ministre Lars Løkke Rasmussen devraient être les grands gagnants et le mouvement anti-européen sera sans doute le grand perdant. ESPAGNE Les élections européennes seront la première occasion importante pour le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, parti d’opposition, de redevenir la force politique dominante du pays depuis sa perte du pouvoir en mars 2004. Suite aux dernières élections européennes, le PP et le parti du Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero, le Parti des travailleurs socialistes (PSOE) ont obtenu chacun 24 sièges. Mais les derniers sondages montrent que les Socialistes perdront plusieurs sièges et que le PP en gagnera. En vue de redresser son gouvernement et de sortir de la crise financière, M. Zapatero a modifié son équipe ministérielle. Mais les derniers résultats confirment que le PP a le vent en poupe. Ce parti a remporté un vif succès lors des élections régionales de mars. Il a mis en échec le PSOE en Galice. En outre, les Socialistes sont obligés de compter sur le PP au Pays Basque où M. Zapatero est revenu au pouvoir l’an dernier en persuadant la gauche de s’allier au PP, avec un certain soutien régional qui ne semble plus d’actualité. ESTONIE Le Parti du Centre, dans l’opposition, devancerait le Parti de la Réforme (libéral) du Premier ministre Andrus Ansip lors des élections en Estonie (le vote par avance via Internet peut aider à augmenter le taux de participation qui n’était que de 27 % en 2004). Les sondages montrent une légère avance du Parti du Centre, principalement soutenu par les russophones du pays qui ne sont pas autorisés à voter. Ils peuvent cependant participer au scrutin local du 18 octobre au cours duquel le Parti du Centre pourrait développer sa base forte dans la capitale, Tallinn. Les sièges pourraient être distribués comme suit : pour le Parti du Centre et le Parti de la Réforme, deux sièges chacun ; pour les Sociaux-démocrates et pour le Parti conservateur Union Pro Patria/Res Publica, un siège chacun. Les grands perdants devraient être les Sociaux-démocrates qui ont remporté trois sièges la dernière fois parce que le Président actuel Toomas Hendrik Ilves était leur tête de liste. Ils remportent en général entre 10 et 15 %. La campagne porte principalement sur des questions intérieures – le slogan du Parti du Centre est que « l’Estonie doit changer ». Il rend le gouvernement responsable des problèmes économiques. La surprise pourrait venir de l’élection de l’eurosceptique Igor Gražin (Parti de la Réforme), qui a été approché par Libertas mais a refusé de les soutenir. FINLANDE Neuf des 14 eurodéputés finlandais ont décidé de ne pas se représenter, n’étant même pas tentés par le salaire plus élevé dont ils pourraient profiter. Les quelques politiques en lice se plaignent de ce que les dirigeants du parti ne seront pas à leurs côtés pour faire campagne. Cela pourrait s’expliquer par le fait que, selon les sondages d’opinion d’avril, 73 % d’entre eux ignoreraient l’existence d’élections en juin. Par ailleurs, seuls 30 % de ceux qui le savent ont l’intention de voter. Se servir des élections pour punir le gouvernement est chose courante. De nombreux Finlandais, encore mécontents du projet de hausse de l’âge de la pension, pourraient être tentés par cette attitude. Toutefois, ce n’est pas simple quand quatre partis, dont les couleurs politiques vont du bleu au vert, sont au gouvernement. Certains électeurs pourraient être motivés par le risque qu’il n’y ait pas de Finlandais parlant le suédois au sein du nouveau Parlement. Mais même cet argument pourrait ne pas suffire à augmenter le taux de participation au-delà des 41 % de 2004, puisque la minorité qui parle le suédois représente moins de 6 % de la population. FRANCE Sarkozy, Sarkozy, Sarkozy : le scrutin du 7 juin a valeur de test national pour les forces en présence se déterminant par rapport au chef de l’État, et non à l’Europe, malgré deux meetings Merkel-Sarkozy prévus. Les militants du parti au pouvoir, l’UMP, sont mobilisés pour minimiser un vote sanction en raison de la crise économique. Avec 26-27 % des intentions de vote en avril, le parti majoritaire resterait en tête, en retrait de la victoire présidentielle de 2007 (31 % au premier tour) mais ferait oublier la défaite de Jacques Chirac aux européennes de 2004 (16,6 %). Le Parti socialiste, convalescent d’une longue recherche de leader, ne renouvellera pas son record de 2004 (29 %), mais défendrait la deuxième place (22-25 %), devant le Modem au centre (12-14 %), Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit (8-10 %), le Front national de Jean-Marie Le Pen (7-8 %), un Nouveau Parti Anticapitaliste (7 %) et Libertas (5-7 %). L’opposition fait campagne « contre Barroso », l’extrême droite « contre l’euromondialisme ». Les élections se déroulent le 7 juin en métropole, un jour plus tôt dans les départements et territoires d’outre-mer. La participation n’a jamais cessé de baisser (de 60,7 % en 1979 à 43,1 % en 2004). GRÈCE Début mai, les Grecs ne savaient toujours pas si les élections européennes ne seraient pas couplées à des législatives anticipées. En tout cas, elles devraient être un test pour un gouvernement fragilisé. La vie politique grecque est dominée depuis des mois par des scandales politico-financiers qui déstabilisent le gouvernement de centre-droit de Costas Caramanlis. Celui-ci ne compte qu’une faible majorité parlementaire de 151 députés sur 300. Les sondages lui sont de plus en plus défavorables. Les socialistes et les autres partis de gauche devraient récupérer les voix d’une partie des mécontents. L’apparition d’un nouveau parti libéral complique la donne. Les écologistes misent sur le mécontentement des Grecs après les incendies criminels d’août 2007. Voter est obligatoire en Grèce. Pour cette raison, la forte participation électorale attendue masquera un phénomène croissant de rejet de la part de l’opinion publique à l’égard de toutes les composantes du système politique grec. HONGRIE Ce pays vit une période électorale chargée. En effet, le gouvernement socialiste minoritaire de Gordon Bajnai, qui bénéficie du soutien extérieur de l’Alliance libérale des Démocrates libres, se bat pour sortir le pays des crises qui frappent sur plusieurs fronts. Si le gouvernement tombe à l’automne, comme d’aucuns s’y attendent, les élections nationales seront inévitables et des élections régionales auront lieu quelques mois plus tard. Dans ce contexte, la campagne européenne est le premier de trois tests pour les socialistes, qui sont au pouvoir depuis sept ans mais connaissent une crise depuis 2006. Depuis que l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany a reconnu avoir « menti » au sujet de la situation économique du pays lors de la campagne électorale d’il y a trois ans, l’opposition (Fidesz) met en doute la légitimité du gouvernement socialiste. Le parti socialiste MSzP devrait subir une défaite et perdre quatre sièges (passant de neuf à cinq). Fidesz pourrait passer de 12 à 18 sièges. Il n’est pas exclu qu’un parti extrémiste, comme le Mouvement pour une Hongrie meilleure (droite), remporte un siège. IRLANDE Les élections locales se dérouleront le même jour que les élections européennes, ce qui pourrait faire ou défaire la coalition gouvernementale dirigée par le parti centriste Fianna Fáil. Un budget d’urgence présenté le 7 avril (augmentation des taxes et réduction des dépenses pour mettre fin à la spirale d’un déficit de 10,75 % du PIB) a fait perdre un soutien capital au gouvernement. Selon un sondage publié dans le Sunday Business Post du 25 avril, le parti d’opposition Fine Gael (cinq eurodéputés) aurait dix points d’avance sur le parti Fianna Fáil (quatre sièges au Parlement actuel), et le Parti travailliste est en retard de quatre points seulement sur le parti au pouvoir. Libertas, groupe paneuropéen qui fait campagne contre le Traité de Lisbonne, présente trois candidats en Irlande mais il n’obtient qu’environ 2 % de soutien. Un deuxième référendum sur Lisbonne est prévu en octobre, mais aucune date précise n’a encore été fixée. ITALIE Le jour des élections, les Italiens voteront lors de la première étape d’élections administratives pour élire les autorités locales, notamment les maires et les présidents provinciaux. En tout, 79 partis ou groupes, y compris le Parti de l’égalité des chances pour les hommes et le Parti des préservatifs gratuits, présentent des candidats pour les élections européennes. Pour être représenté au Parlement européen, un parti doit remporter plus de 4 % des votes nationaux. Le Premier ministre, Silvio Berlusconi, évoque un gain de plus de 50 % pour son parti, Popolo della Libertà (PDL), le résultat d’une récente fusion entre la Forza Italia et le parti de Gianfranco Fini, Alleanza Nazionale. Il va chercher à profiter de la vaste couverture médiatique dont il a bénéficié après le tremblement de terre dans les Abruzzes et il n’a pas hésité à choisir des candidates séduisantes pour attirer les voix des couches populaires. Les partis de l’opposition - Partito Democratico (PD), Italia dei Valori (IDV), Unione Democratici di Centr (UDC) et l’extrême gauche – tentent de contrer sa domination. Le taux de participation au scrutin promet d’être élevé. LETTONIE Les élections locales ayant lieu le même jour que les élections européennes, cela pourrait gonfler le taux de participation. Les dernières analyses montrent que le parti d’opposition de gauche, Saskanas centrs (Centre Harmonie) remportera un score honorable. Alfrēds Rubiks, ancien président du parti communiste de Lettonie qui s’est opposé à l’indépendance de la Lettonie de l’Union soviétique, est en tête de liste. Il bénéficie d’une courte avance sur le parti de centre droite Pilsoniskā savienība (Union civique) formé en 2008 par les transfuges des partis Jaunais laiks (JL) et Tēvzemei un Brīvībai/LNNK (TB/LNNK). L’ancienne ministre des Affaires étrangères et commissaire européenne Sandra Kalniete est la principale figure du parti. Le Groupe libéral (fusion des partis LPP et LC), présidé par l’ancien Premier ministre Ivars Godmanis, arrive en troisième position. L’économie est le thème majeur de la campagne puisque le pays connaît une crise financière importante. Les partis russophones promettent de défendre les droits de leurs partisans en Europe et l’octroi de la citoyenneté lettone pour tous. C’est la première fois qu’un candidat étranger se présente, l’Italien Giulietto Chiesa se présente sur la liste du parti vert de gauche PCTVL (Pour les droits de l’Homme en Lettonie unie). LITUANIE Les prochaines élections présidentielles et la situation économique périlleuse du pays ont fait passer la campagne européenne au second plan car tous les partis se sont concentrés sur le scrutin national de mai, plutôt que sur le scrutin européen de juin. Les élections présidentielles ont toutefois aussi une connotation européenne. La commissaire au Budget, Dalia Grybauskaite, vient en tête des quelques candidats et a de grandes chances de gagner les élections. Par ailleurs, les Lituaniens vivant ailleurs en Europe, notamment en Irlande, sont encouragés à voter. Une fois la passion des élections présidentielles passée, la campagne européenne devrait être sans doute sans relief et connaître un taux de participation faible, selon les observateurs. L’économie sera sans doute le sujet dominant puisque le gouvernement réduit les dépenses et tente de recréer un climat de stabilité financière. Selon les sondages, le grand perdant sera le Parti travailliste, membre du groupe ADLE, qui a remporté cinq des 13 sièges en 2004. LUXEMBOURG Malgré l’organisation d’élections générales le même jour que les élections européennes, ces dernières conserveront leur identité propre. Cela s’explique notamment par le fait que les Verts, comme dans d’autres pays, font campagne pour des questions européennes. Mais, plus important encore, pour la première fois en dix ans, des figures politiques marquantes, comme le Premier Ministre Jean-Claude Juncker, ne peuvent plus se présenter en même temps sur les listes nationales et européennes, en utilisant leur popularité personnelle pour faire gagner des voix à leur parti. La commissaire aux Télécommunications Viviane Reding est tête de liste pour les sociaux-chrétiens mais elle restera probablement à la Commission européenne si elle est réélue pour un nouveau mandat de cinq ans. Comme 41 % de la population du Grand-duché se composent de ressortissants d’autres États membres, des efforts sont déployés pour détourner ces voix étrangères. Il y a cinq ans, 5 % des étrangers s’étaient inscrits comme électeurs. Cette année, ce taux est de 11 %. MALTE Les élections européennes coïncideront avec le renouvellement d’un tiers des conseils locaux maltais, juste un an après le retour au pouvoir du Parti nationaliste chrétien démocrate qui est au gouvernement depuis 1987 presque sans discontinuer. Représenté par deux députés PPE-DE, le parti connaît son taux de popularité le plus faible jamais enregistré à cause de quelques décisions énergiques prises précédemment durant son mandat quinquennal. Le parti travailliste, principal parti d’opposition, jouit actuellement d’une avance substantielle sur le Parti nationaliste. Il devrait obtenir trois sièges (probablement quatre quand le sixième siège prévu par le Traité de Lisbonne sera d’application) alors que le Parti nationaliste conservera ses deux représentants. Les autres partis risquent d’obtenir des résultats peu convaincants : Verts - Alternattiva Demokratika, Azzjoni Nazzjonali – Libertas, avec un candidat, et Alleajanza-Liberal Demokratika. La campagne devrait être dominée par les questions nationales (immigration clandestine, emploi et récession économique). Le scrutin servira de vote de protestation contre le gouvernement au pouvoir. Traditionnellement, Malte connaît un taux de participation élevé aux élections : plus de 80 % en 2004. Mais, les sondages montrent que ce taux pourrait baisser à 65 % environ. PAYS-BAS Les deux principaux partis de coalition, Chrétiens Démocrates (CDA) et Parti travailliste (PvdA), seront sans doute les grands perdants des élections. Selon des analystes politiques de la London School of Economics, la grande inconnue réside dans le résultat du parti populiste de droite mené par Geert Wilders (PVV). Ils lui prédisent un gain de trois sièges, voire plus. Les élections sont dominées par les questions nationales notamment la crise économique et financière et la politique d’immigration. Le résultat sera considéré comme un vote pour ou contre le gouvernement. Le taux de participation devrait avoisiner les 30 %, soit le même niveau qu’en 1999 quand il était plus bas que jamais. Les élections communales auront lieu l’an prochain et un scrutin national sera organisé en 2011. POLOGNE Cinq ans après l’entrée de la Pologne dans l’UE, les sondages confirment la satisfaction des Polonais à propos de l’adhésion. Mais, cela ne signifie pas qu’ils s’intéressent aux élections européennes. Selon le dernier sondage Eurobaromètre, un Polonais sur dix seulement compte voter, ce qui représente le taux de participation national le plus faible de l’UE. En 2004, la participation était de 21 %, soit le deuxième taux le plus faible après celui de la Slovaquie. La campagne électorale est très centrée sur les questions nationales et s’intègre dans un conflit politique plus large entre le parti de centre-droit au pouvoir, Plateforme civique (PO), et le parti conservateur Loi et Justice (PiS) dirigé par les frères Kaczynski. Selon les sondages, le premier pourrait remporter 50 % des votes et le second, 25 %. Une question domine : le député et ancien Premier ministre Jerzy Buzek, qui se présente sur la liste de la Plate-forme civique, peut-il devenir le Président du Parlement européen ? Son principal concurrent est l’Italien Mario Mauro. La Plateforme civique estime qu’élire leurs candidats contribuera à placer un Polonais dans l’une des plus hautes fonctions européennes et à faire de la délégation polonaise l’une des délégations nationales les plus fortes au sein du groupe PPE-DE, le plus grand groupe politique du Parlement européen. PORTUGAL Le Parti socialiste (PS), présent au gouvernement depuis 2005, tentera de défendre la victoire qu’il a remportée en 2004 et qui lui a conféré la moitié des 24 sièges portugais au Parlement. Ce résultat a peu de chance d’être répété. Le scrutin européen pourrait servir à « punir » le PS en raison de la crise économique et de l’insatisfaction générale. Ces élections sont considérées comme le premier tour du scrutin local et national qui devrait avoir lieu après les vacances d’été. Les meilleurs alliés des Socialistes sont la mauvaise organisation du parti d’opposition social-démocrate (PSD), famille politique du Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, et le manque de charisme de son leader. Le ‘vote de protestation’ pourrait profiter au Parti communiste et au Bloco de Esquerda. La campagne a été dominée par les questions nationales et par le soutien du gouvernement à un second mandat bruxellois pour M. Barroso. Cela a été vivement critiqué par plusieurs candidats du PS, une dissension que le PSD cherche à exploiter. RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Avec la chute du gouvernement de coalition de centre-droit, les élections du Parlement européen s’annoncent de plus en plus comme une « répétition générale » de la lutte nationale qui se prépare pour la mi-octobre. Le slogan de la bataille européenne des sociaux-démocrates de centre-gauche « Certitude pour le peuple, espoir pour l’Europe » fait écho à sa campagne nationale de lutte contre la crise. Les démocrates civiques de centre-droit s’opposent à la campagne avec le slogan « Résoudre plutôt que répandre la peur », et ils ajoutent qu’ils souhaitent une République tchèque forte et sûre d’elle en Europe. Le discours du parti démocratique civique ODS a perdu un peu de son antagonisme à l’égard de l’Europe – ce qui pourrait s’expliquer par la séparation d’avec le fondateur du parti, le Président tchèque Václav Klaus. Un sondage donne les sociaux-démocrates légèrement en tête mais de peu. Une étude menée par l’institut STEM, le 21 avril, a conclu à 23 % pour les sociaux-démocrates, 21 % pour les démocrates civiques, 11 % pour les communistes. Enfin, les Chrétiens démocrates et les Verts tentent de dépasser la barre des 5 %. ROUMANIE Le Parti démocrate-libéral (PD-L) et le Parti social-démocrate (PSD), qui ont formé un gouvernement de coalition dirigé par Emil Boc (PD-L) en décembre 2008, sont encore en pleine « lune de miel ». Selon un sondage récent du Centre de sociologie urbaine et régionale, l’alliance du PSD et du Parti conservateur remporterait 30 % des voix, les Libéraux démocrates, 26 %, le Parti national libéral (PNL), 19 %, l’Union démocratique des Hongrois de Roumanie, 7 %, le Parti de Roumanie, 7 % et Elena Basescu, candidate indépendante et fille cadette du Président roumain Traian Basescu, 4 %. La campagne devrait être dominée par le débat sur la crise économique et financière et par l’avenir du système d’assistance sociale qui est durement touché par la crise actuelle. Le résultat pourrait donner une idée de ce que pourrait être le résultat des élection présidentielles de novembre prochain. ROYAUME-UNI Le gouvernement travailliste est en mauvaise posture : la popularité du parti et du Premier ministre Gordon Brown n’a jamais été aussi faible. Les résultats seront minutieusement analysés pour voir s’ils augurent éventuellement de l’issue des élections générales, qui seront organisées dans l’année à venir. Le score des travaillistes ne sera probablement pas très bon, mais le parti ne devrait pas perdre de siège ; il pourrait même en gagner, notamment parce que les résultats obtenus il y a cinq ans étaient particulièrement mauvais. Le Parti conservateur de David Cameron vise à regagner certains des douze sièges remportés par le UK Independence Party (UKIP) en 2004. Reste à savoir si son engagement à quitter le groupe PPE, plutôt fédéraliste, lui vaudra un soutien populaire accru. Ses dirigeants craignent surtout l’élection de plusieurs candidats du British National Party. Le parti d’extrême-droite et l’UKIP pourraient remporter 12-14 % des voix mais si le soutien à ces partis est divisé équitablement entre eux, ils pourraient s’en trouver exclus et n’obtenir aucun siège. SLOVAQUIE La situation slovaque est paradoxale. Selon un sondage Eurobaromètre, seuls 16 % des Slovaques ont l’intention de participer au scrutin (lors des dernières élections, le résultat était de 17 %, déjà le taux le plus bas dans l’UE) et seuls 34 % sont convaincus de l’importance des élections. Pourtant, le taux de confiance des Slovaques dans le Parlement européen est l’un des plus élevés. Trois scrutins auront lieu cette année : des élections présidentielles ont été organisées il y a deux mois et des élections régionales auront lieu à la fin de l’année, en plus des élections européennes. Le partenaire principal du gouvernement de coalition, le parti de gauche Smer-SD dirigé par le Premier ministre slovaque Robert Fico, devrait remporter plus de voix qu’il y a cinq ans, voire plus d’un tiers des votes. Ses deux partenaires, le Parti national slovaque (SNS) et le Mouvement pour la Slovaquie démocratique (HZDS), pourraient également obtenir de bons résultats. Le SNS, qui n’est pas encore représenté au Parlement européen, pourrait remporter un siège au moins. Le chômage, l’énergie et la crise économique seront au cœur des thèmes de la campagne. SLOVENIE La baisse de popularité du Premier ministre Borut Pahor, le litige frontalier avec la Croatie, la richesse des oligarques dans un contexte de crise économique, la controverse concernant les charniers datant de la deuxième guerre mondiale et la suppression des droits de milliers de personnes effacées des listes des résidents permanents après l’indépendance, seront autant de sujets qui influenceront le vote en Slovénie. Le scrutin est un obstacle au déblocage des négociations d’adhésion de la Croatie. Mais étant donné le large soutien à la position ferme de la Slovénie, les candidats ne feront sans doute que se disputer la place du « meilleur défenseur des intérêts nationaux ». D’autres questions pourraient engendrer des dissensions, comme celle du salaire des eurodéputés, mais pas de participation électorale supérieure pour autant. Les principaux candidats aux sept sièges slovènes sont les Sociaux-démocrates de Pahor, le parti démocratique de centre-droit et d’opposition de l’ancien Premier ministre Janez Janša et l’un des quatre membres de la coalition, le Parti Zares. Les eurodéputés Jelko Kacin, du Parti des Libéraux démocrates, et Alojz Peterle, du Parti chrétien non parlementaire, New Slovenia, sont désignés comme favoris pour une réélection. Rien n’indique clairement comment la Slovénie choisira son huitième député au titre du Traité de Lisbonne. SUEDE La seule chose dont les partis politiques de Suède veulent discuter à propos des élections est des méthodes de campagne : Facebook, blogs et « twittering ». Ils espèrent tous pouvoir reproduire le succès de Barack Obama qui a utilisé les médias sociaux durant sa campagne. Ce sera une répétition générale pour les élections législatives de l’an prochain. Le gouvernement de coalition de centre-droit réussira-t-il à battre une deuxième fois les Sociaux-démocrates ou bien ces derniers réussiront-ils à restaurer ce qui fut l’ordre normal des choses en politique suédoise durant près d’un siècle, en revenant au pouvoir ? Ne serait-ce pour cette bataille politique, peu de Suédois iraient voter. Un sondage d’opinion a révélé que rares sont ceux qui sont capables de citer le nom d’un eurodéputé suédois (moins des 50 % ayant l’intention de voter). Le manque manifeste d’intérêt des milieux politiques pour les questions européennes pourrait donner sa chance au jeune Parti Pirate, au Parti féministe, au parti xénophobe des Démocrates suédois voire au Parti irlandais Libertas, s’ils réussissent à trouver un candidat désireux de faire campagne pour eux, avant juin. |
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