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Politiques sectorielles / Open Days 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

Mer Baltique

Une stratégie innovante, à l’échelle d’une macrorégion

Par Anne Eckstein | vendredi 02 octobre 2009

En adoptant, le 10 juin, une stratégie et un plan d’action pour la région de la Mer Baltique, la Commission européenne a innové tant sur le fond - le plan d’action comprend quelque 80 projets concrets – que sur la forme, puisqu’elle place son action au niveau « macrorégional » (impliquant tous les pays et régions riverains de la Mer Baltique : Suède, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Allemagne et Danemark et Fédération de Russie ) et met l’accent sur le principe d’une coopération renforcée.

Stratégie innovante encore, puisqu’elle introduit une nouvelle manière de travailler ensemble dans l’Union : il ne s’agit pas d’élaborer de nouvelles lois ou institutions, mais d’agir sur base de la volonté des gouvernements, des citoyens et des régions, de relever ensemble des défis communs. C’est la première fois aussi que l’UE élabore une stratégie globale, multisectorielle, à l’échelle d’une « macrorégion », approche qui intéresse d’autres régions comme la Méditerranée ou le bassin du Danube. Cette initiative, considérée comme prioritaire par la présidence suédoise, devrait être avalisée par les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE lors de leur réunion des 29-30 octobre 2009.

APPRENDRE À PENSER « AUTREMENT »

Beaucoup a été fait, beaucoup d’argent a été investi en mer Baltique au cours des dernières années mais les résultats ne sont pas proportionnels aux efforts consentis. En cause : de nombreux acteurs mais très peu de leaders. La Commission espère, en assurant la coordination de la mise en œuvre de la stratégie, se hisser au rang de dirigeant neutre sans intérêts nationaux. De leur côté, les pays et régions concernés devront apprendre à «  penser » autrement leur politique de développement : une stratégie commune signifie que les pays vont discuter comme une région avec des intérêts communs, plutôt que comme des Etats isolés qui oeuvrent pour leur propre intérêt. Une participation intense de tous les niveaux de pouvoirs et acteurs intéressés est essentielle à sa réussite : un forum annuel permettra d’échanger informations et expériences et de construire et consolider les liens.

DES RÉGIONS QUI FONT LE GRAND ÉCART

Cinq ans après le dernier élargissement de l’UE, la région baltique est confrontée à des défis pressants, y compris la détérioration de la mer Baltique, les mauvaises liaisons de transport, les obstacles au commerce et des préoccupations concernant l’approvisionnement énergétique. Ces problèmes sont exacerbés par un manque de coordination efficace et par le fossé qui subsiste entre, d’une part, le nord et l’ouest, prospères et très innovateurs (pays nordiques et Allemagne) et, d’autre part, l’est et le sud, en retard de développement (régions disposant d’une main-d’œuvre jeune et très bien formée mais d’infrastructures insuffisantes : Pologne, Estonie, Lituanie et Lettonie). Intérêts, ressources et préoccupations communs…mais déséquilibres entre régions : le cocktail peut être soit détonnant, soit stimulant. La stratégie part de cette seconde hypothèse et se veut occasion nouvelle de développement.

MIEUX COORDONNER

Des initiatives et plans d’action ont déjà été mis en œuvre dans la région mais ils ont eu des effets limités. «  Il est urgent de mieux coordonner les nombreux organismes et actions concernés », souligne la Commission qui précise que beaucoup de problèmes se posent dans des domaines où l’UE peut intervenir et dispose des instruments nécessaires. Ainsi, les programmes des Fonds structurels serviront de base au renforcement de la coopération. « Il existe, en la matière, de nombreuses opportunités dans le cadre financier et légal existant », précise la Commission pour qui il n’est donc pas nécessaire de créer de nouveaux instruments. « Il ne s’agit pas seulement de nouveaux moyens ou de plus de moyens : on peut arriver à mettre en place beaucoup de choses en travaillant autrement », renchérit Branislav Stanicek, du Comité des Régions. La région baltique bénéficiera ainsi, entre 2007 et 2013, de plus de 50 milliards d’euros de soutien à l’investissement au titre de la politique de cohésion et d’autres instruments financiers communautaires : 27 milliards d’euros pour l’amélioration de l’accessibilité, près de 10 milliards d’euros pour l’environnement, 6,7 milliards d’euros pour la compétitivité et 697 millions d’euros pour la sécurité et la prévention des risques.

OBJECTIFS ET PRIORITÉS

La stratégie est assortie d’un plan d’action qui se décline en quatre objectifs et quinze priorités :

1. L’environnement marin (5) : améliorer l’état écologique de l’eau, réduire la pollution, protéger les zones naturelles et la biodiversité, réduire l’impact des substances dangereuses, adaptation au changement climatique ;

2. L’économie (4) : réduire les obstacles au marché intérieur, exploiter pleinement le potentiel régional en termes de recherche et d’innovation, renforcer les PME, l’agriculture, et la pêche durables ;

3. Une région accessible et attractive (3) : énergie (efficacité et sécurité des marchés énergétiques), transports (amélioration des liaisons internes et internationales) et renforcement de l’attrait de la région Baltique par l’éducation, le tourisme et la santé.

4. Sûreté et sécurité (3) : faire de la zone Baltique une région leader en termes de sûreté et de sécurité (lutte contre la pollution accidentelle ou délibérée), renforcer la protection contre les urgences majeures en mer et sur terre et réduire la criminalité transfrontalière.

COOPÉRATION AVEC LES PAYS TIERS

La stratégie concerne les huit États membres qui bordent la mer Baltique : elle est en cela une stratégie « communautaire ». Mais, souligne la Commission, l’efficacité de certaines mesures sera renforcée par une étroite collaboration avec les pays tiers de la région : la Russie et la Norvège, d’abord, qui se disent déjà «  intéressées » et le Belarus, ensuite. De telles coopérations existent entre UE, Norvège, Islande et Russie au titre de la politique septentrionale de l’UE, qui devra sans doute être redéfinie, restructurée, complétée mais certainement pas abandonnée.



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