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Politiques sectorielles / Open Days 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

Coopération territoriale

Quand l’échelon « intermédiaire » se mobilise

Par Manon Malhère | vendredi 02 octobre 2009

Si l’Europe s’est faite par le haut, elle se fera de plus en plus par les collectivités territoriales. Et, en matière de proximité, « il n’y a pas plus proche que les pouvoirs locaux intermédiaires ».C’est dans l’esprit que Claudi Lebreton entend présider la Confédération Européenne des Pouvoirs Locaux Intermédiaires (CEPLI). Créée en juillet 2008 à l’initiative de l’Association des Départements Français et reconnue par les Institutions européennes, cette coopération non-institutionnalisée répond avant tout « à une forte demande de tous les adhérents qui souhaitaient avoir une reconnaissance sur la scène européenne des particularités de leur échelon territorial. Car, de plus en plus, il y a, entre les agglomérations et les régions, d’autres espaces de vie très différents qui apparaissent », explique-t-on à la CEPLI.

Il y avait l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE, depuis 1985) pour les autorités régionales, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE, depuis 1951) pour les collectivités locales. Il faudra maintenant aussi compter avec la CEPLI. S’étalant sur onze pays, ce réseau réunit actuellement 8596 pouvoirs locaux intermédiaires, allant des nomoien Grèce, aux provinciasen Espagne, en passant par landkreisallemands, les countiesanglais ou encore les départements français.

Au-delà de sa nature européenne, la création de la CEPLI fait également écho à un débat d’une plus grande envergure : celui de la montée en puissance du fait territorial sur la scène mondiale. « Si la CEPLI est là, c’est aussi parce qu’il y a, en gestation, une organisation des collectivités du monde. Et d’ailleurs, cette poussée mondiale, les Etats l’encouragent », dit Claudi Lebreton.

UNE RÉPONSE À LA CRISE

Les pouvoirs « intermédiaires » ont un rôle à jouer dans la résolution des multiples défis qui se présentent actuellement, tels que la crise de l’emploi ou la réduction drastique des dépenses publiques. A l’heure où s’affirme le fait territorial sur la scène européenne, l’enjeu est de taille : l’occasion inespérée de bâtir leur propre politique afin de répondre efficacement aux demandes de plus en plus pressantes de leurs administrés. Claudi Lebreton en est convaincu : « Vous savez, nos concitoyens reconnaissent les élus locaux en premier. Et face à l’explosion des frontières, à la crise actuelle, à la lourdeur de l’administration étatique, les collectivités locales apparaissent les plus efficaces pour gérer les affaires quotidiennes. Et la CEPLI, en plein essor, a elle aussi un rôle important à jouer dans la limitation de la crise ».

Si la CEPLI s’est constituée, c’est de toute évidence parce qu’elle entendait peser sur les grands débats européens, tant en participant aux consultations de la Commission qu’en nouant des contacts avec le mouvement social européen. Mais, en ces temps de crise, sa plus-value se trouve ailleurs : « dans sa volonté d’être un instrument nécessaire à la réalisation de la cohésion territoriale européenne ». Le souhait de l’organisation est de favoriser le partage, encourager les expériences de coopération et in fine, apprendre à travailler ensemble. Elle se conçoit comme un canal d’échange de « bonnes pratiques », de mutualisation des compétences et des ressources.

Le fait est que les pouvoirs locaux intermédiaires européens possèdent des compétences similaires dans des domaines aussi importants que l’intervention économique et la protection de l’emploi, la lutte contre l’exclusion ou la pauvreté, l’aménagement des territoires ou encore, la gestion du Fond social européen. A titre d’exemple, rappelons que 70 % des investissements publics européens sont décidés au niveau local. Ce qui les met en première ligne pour identifier les priorités et apporter des solutions concrètes et efficaces : « Nos politiques maintiennent sur le territoire tous les emplois et, en cela, sont des sortes de rempart. Elles sont la garantie que le tissu économique sera tenu ».

« De plus en plus, il y a, entre les agglomérations et les régions, d’autres espaces de vie très différents qui apparaissent »  

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