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Politiques sectorielles / Open Days 2009Imprimer l'article | ![]() Changement climatiqueLes régions méditerranéennes paieront le prix fortPar Isabelle Smets | vendredi 02 octobre 2009
La plupart des régions européennes seront affectées négativement par le changement climatique mais toutes ne le seront pas de la même manière. L’indice de vulnérabilité au changement climatique publié par la Commission européenne (voir carte) (1)en novembre 2008, montre que l’Europe méridionale sera particulièrement touchée. Pour déterminer la vulnérabilité des régions aux effets du changement climatique, la Commission s’est basée sur l’évolution démographique, le risque de sécheresse, la vulnérabilité de l’agriculture, de la pêche et du tourisme, en tenant compte des changements de température et de précipitations attendus. Conclusion : « les régions sujettes à la pression la plus élevée sont généralement situées dans le sud et l’est de l’Europe, dans l’ensemble de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce, de la Bulgarie, de Chypre, de Malte et de la Hongrie ». Une grande partie de la Roumanie et certaines régions méridionales de la France sont aussi particulièrement exposées. Principalement, ce sont les changements attendus du niveau des précipitations (jusque -70 % en été à l’horizon 2070-2099 dans certaines régions méditerranéennes, selon certains scénarios qui ne sont pas les plus extrêmes (2)) et l’augmentation des températures (jusque plus de 7° dans certaines régions méridionales), qui fragiliseront des secteurs économiques comme l’agriculture (impact sur les rendements agricoles, les types de culture, les méthodes de production), la pêche (écosystèmes encore plus vulnérables) ou le tourisme (le ski dans les Alpes, pour combien de temps ?). Certes, l’Europe centrale et septentrionale sera moins touchée, mais cela n’empêchera pas les côtes de la mer du Nord et de la mer Baltique d’être particulièrement exposées à l’érosion qui s’accentuera suite aux phénomènes climatiques extrêmes. RÉPERCUSSIONS SUR LA SANTÉ HUMAINEGlobalement, les régions du nord de l’Europe connaîtront moins de pluies estivales et plus de tempêtes. Celles jouxtant la mer Baltique seront confrontées à une plus forte érosion due à des tempêtes hivernales plus fréquentes et plus puissantes. L’Europe atlantique, elle, verra les chutes de pluie augmenter en hiver, avec des risques d’inondation accrus, mais connaîtra des étés plus secs et sera confrontée à un risque accru d’érosion côtière. Les régions méditerranéennes seront surtout confrontées à un risque de sécheresse continue et d’inondations occasionnelles. Tout cela aura évidemment des répercussions sur la santé humaine. La plus évidente, qui touchera principalement le sud de l’Europe, sera une augmentation significative du nombre de décès dus aux pics de chaleur. Les prévisions retenues par la Commission montrent qu’ils pourraient être deux à trois plus importants qu’aujourd’hui. Même si le nombre de morts causé par le froid diminuera parallèlement dans le nord de l’Europe, il faut s’attendre d’ici à 2080 à une augmentation du nombre de décès annuels en Europe dus à la modification des températures qui va de 36 000 à 86 000, selon les scénarios. Sans compter la mortalité liée aux phénomènes climatiques extrêmes, comme les inondations et les tempêtes. Des problèmes de disponibilité et de qualité de l’eau potable ainsi que l’augmentation des maladies à vecteur (maladies dues à la transmission d’un agent infectieux par un vecteur, par exemple un insecte ou acarien hématophage) dans des zones auparavant préservées complètent le tableau. La capacité de répondre à l’augmentation des demandes de soins de santé consécutive à cette nouvelle situation sanitaire dépendra notamment de la densité des infrastructures de santé dans une région donnée. Or cette densité est moindre en Europe méditerranéenne, là où justement les effets seront plus tangibles qu’au nord. De manière générale, le sud semble moins armé pour faire face aux défis qui l’attendent. L’indice de vulnérabilité concocté par la Commission est limpide : la pression sera surtout ressentie dans des régions dont le PIB par habitant est bas et donc dont la capacité d’adaptation est moindre. Ajouté au fait que les effets du changement climatique auront aussi un impact sur le potentiel de croissance régionale, de nouvelles disparités risquent d’apparaître par rapport aux régions les moins touchées. Dans tous les cas, faire face aux effets du changement climatique nécessitera des investissements importants dans la lutte et la prévention de la sécheresse, des incendies, de l’érosion côtière, des inondations et des pics de température. Et les choix d’aujourd’hui, particulièrement en ce qui concerne les investissements dans les infrastructures, influenceront la capacité des régions à faire face. Se préparer, et surtout s’adapter, est essentiel. La bonne nouvelle, c’est que les différents scénarios évoqués dans l’étude de la Commission ne tiennent pas compte des adaptations qui pourraient réduire significativement les dommages attendus dans certains cas. Un exemple : le coût économique des inondations en zones côtières, estimé à 18 milliards d’euros dans l’hypothèse où le niveau de la mer augmenterait de 50 cm, pourrait être ramené à 1 milliard d’euros par an si les mesures d’adaptation adéquates sont prises à temps. Les choix d’aujourd’hui, particulièrement en ce qui concerne les investissements dans les infrastructures, influenceront la capacité des régions à faire face(1) « Régions 2020 – Evaluation des défis qui se poseront aux régions de l’UE », SEC(2008)2868) (2) Background document à l’étude « Régions 2020 » |
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