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GECT/Entretien avec Stefaan De Clerck, président de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai

« Les difficultés n’ont pas disparu, mais s’effacent peu à peu »

Propos recueillis par Sophie Petitjean | vendredi 02 octobre 2009



Stefaan De Clerck préside l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, qui couvre un territoire de 145 municipalités de France et de Belgique. Premier Groupement européen de coopération territoriale (GECT) à avoir vu le jour, alors même que la France n’avait pas encore transposé le règlement dans sa législation nationale, l’Eurométropole constitue un cas d’étude intéressant. Il donne un aperçu de ce que devrait constituer un GECT et des limites que cet outil peut rencontrer.

Le GECT a-t-il apporté des changements dans la vie quotidienne des habitants de l’Eurométropole ?

Il serait présomptueux de dire que leur vie a changé radicalement depuis la création du GECT. Néanmoins de réelles avancées sont en cours. On citera notamment, à la suite d’une importante rencontre des parties prenantes du transport ferroviaire, la diminution des tarifs de trains entre les trois villes principales de l’Eurométropole, Lille, Kortrijk et Tournai, ainsi qu’à terme, une optimisation des temps de parcours. Les habitants disposeront prochainement d’une carte touristique, laquelle leur permettra de s’approprier le territoire eurométropolitain durant leurs loisirs. Ils pourront profiter également de toute l’offre culturelle présente de part et d’autre de la frontière grâce à une meilleure information sur les différents versants.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées tout au long de la mise en place du GECT ? Y en a-t-il qui subsistent ?

Les difficultés n’ont pas disparu, mais elles s’effacent progressivement. Il nous faut trouver le parfait ajustement entre parfois deux, plus souvent encore trois systèmes, réglementations, traditions administratives, cultures. Je me félicite dès lors de la bonne volonté qui règne parmi l’ensemble des partenaires. Je tiens à souligner que l’Etat français, en la personne de M. le Préfet de Région Nord Pas de Calais, M. Jean-Michel Bérard, joue en cela un rôle tout à fait remarquable, permettant à notre structure, dont le siège social est en France, de pouvoir fonctionner dans le meilleur respect des normes européennes, y compris en ce qui concerne le personnel. La parité linguistique progresse, sans cesse plus de Français se mettant au néerlandais et les néerlandophones redécouvrant dès lors le charme de parler la langue de Voltaire.

Quelles améliorations pourraient être apportées à cet outil ?

Il nous paraîtrait important de faciliter la gestion du personnel par la création d’un véritable statut européen, permettant de régler l’ensemble des difficultés liées à la fiscalité, au droit social, aux conditions de travail, et ce, dans le sens le plus favorable aux employés. Peut-être pourrait-on oser imaginer l’extension progressive d’un tel statut applicable à l’ensemble des aspects du GECT, afin que le caractère transfrontalier et européen soit parfaitement garanti dans son fonctionnement.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux régions qui voudraient entrer dans un GECT ?

Elles doivent être animées d’un esprit pionnier, volontaire, téméraire, enthousiaste et déterminé ! Ceci, afin de ne pas être rebutées par les difficultés qu’implique la juxtaposition des systèmes et des cultures. Aussi doivent-elles avoir conscience de l’idéal qu’elles servent : celui de l’intégration européenne, réalisée « à la base », au plus près des citoyens et des territoires. Un GECT est ainsi un fabuleux outil de développement local si l’on ne s’arrête pas aux obstacles toujours prêts à s’interposer, si l’on possède, et c’est le cas de la communauté eurométropolitaine, à la fois l’énergie et le désir d’agir de la manière la plus concrète, avec et pour nos populations, au service du grand dessein européen. C’est là une responsabilité historique.



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