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Politiques sectorielles / Mission Eufor Tchad/RCAImprimer l'article | ![]() Le défi logistique n’est pas un vain motPar Nicolas Gros-Verheyde (à N’Djamena et Abéché) | jeudi 24 avril 2008
![]() Du sable, du soleil, du vent. Voici les éléments principaux dont disposent les « Eufortiens » — les militaires de l’Eufor, la force européenne en train de se déployer au Tchad et en République centrafricaine — quand ils arrivent sur le terrain. Des camps, au départ, « il n’y a rien ou presque rien. Il faut faire des forages pour aller chercher l’eau - 6 forages ont ainsi été effectués , et trouver une nappe phréatique suffisante pour alimenter les soldats », explique le lieutenant-colonel Axelos, responsable de l’information sur place. « Il faut damer un camp et le stabiliser, installer un drainage, des fossés, en prévision des pluies, enterrer les conduites d’eau et de téléphone, construire des merlons pour protéger le camp». Il a fallu ainsi acheminer 6000 tonnes de ciment pour les sites de N’Djamena et Abéché ou amener de l’eau par avion pour le béton car les nappes phréatiques n’étaient pas suffisantes. « C’est simple », ajoute le colonel français Serge Duval, « c’est un bout de désert sur lequel on doit faire pousser des petites villes. Il nous faut ainsi bâtir 3 petites villes de 600 habitants et une ville de 2000 habitants, à partir de rien. Et tout doit être terminé en temps record, avant juin et la saison des pluies ». Le tout dans des conditions climatiques défavorables – chaleur (de 35° à 45°), vent de sable – et situation politique instable. INSTALLATION DES CAMPSA N’Djamena, le « camp Europa » est en place, depuis début avril, pour accueillir l’Etat-major arrière et de camp de transit et d’adaptation pour les troupes qui arrivent. Il faut compter, en effet, 2 à 3 semaines pour que le corps s’adapte. Il s’agit aussi d’informer les nouveaux arrivants des particularités de la mission (les relèves s’effectuent tous les 2 à 6 mois suivant les fonctions et les nationalités). Sa capacité maximale est de 600 places, un espace étant réservé pour la Minurcat (mission de l’Onu au Tchad et RCA). L’installation reste sommaire : sous tente climatisée - seuls les bâtiments d’Etat-major sont en dur —, avec des douches de campagne (bien pratiques, où on peut entrer tout habillé, en mettant ses affaires dans des sacs étanches) et des lavabos en plein air. Les Européens se sont installés dans un espace qui était destiné à devenir une prison. Il en reste quelques éléments, tels le mur d’enceinte et les grillages qui donnent une atmosphère carcérale. Ce camp a néanmoins trois avantages. Situé un peu à l’écart de la capitale, loin de toute autre installation militaire ou nationale, il est assez facile à défendre. Il reste près de la voie d’accès principale: l’aéroport est à 500 mètres à vol d’oiseau, et une route, financée par les Européens est en train d’être ouverte, pour pouvoir y accéder directement, sans passer par les camps militaires français ou tchadien. Inconvénient : la petite hauteur où il est installé est pleinement exposée au soleil – un seul arbre sur le camp — et l’épreuve de la pluie est redoutée (les fossés ont été rehaussés de sacs de sable). A Abéché, le « camp des Etoiles » (capacité de 2000 places) est encore en travaux et ne devrait pas ouvrir avant la mi-mai. Les hommes présents sur la ville sont donc répartis provisoirement sous tentes sur trois sites : une partie (hôpital et Etat major) sur le camp Crocci – de l’opération française « Epervier » -, une autre partie sur le site de l’Office national de développement rural (ONDR) - que le gouvernement tchadien a mis à disposition des Européens -, et un camp « nomade » - les Suédois et Finlandais ayant choisi de planter leurs tentes, en bordure du chantier du « Starcamp », avec pour seuls voisins immédiats, quelques chèvres et, au loin, un camp militaire tchadien... A Farchana, le camp de la Brigade « centre » commence à s’installer. A Goz Beïda, un peloton est arrivé pour repérer et préparer le camp irlandais. Au nord, à Iriba, les forages sont en cours pour l’eau du camp polonais. Chaque Etat contributeur choisit, en effet, le mode d’installation qu’il préfère. Les Français installent ainsi pour le compte des Polonais le camp d’Iriba. Mais les Irlandais ont choisi de gérer leur installation, en recourant à une entreprise privée. Reportage et articles complémentaires sur : www.europolitique.info Moyens de liaison Du plus antique au plus moderne. Pour communiquer, les militaires disposent de divers moyens : des systèmes radios et télécom modernes, au bon vieux morse, « bien utile parfois quand çà ne passe plus », explique un officier, en passant par le téléphone portable tout simplement. Le GSM passe ainsi parfaitement dans la capitale et à Abéché. Des réseaux intérieurs « confidentiel défense » équipent les principaux PC ; 350 ordinateurs fonctionnent en réseau au QG de la force, réparti entre N’Djamena et Abéché (10 km de fibre optique ont dû être déployés). Le réseau internet public est, en revanche, plutôt lent et sujet à aléas. |
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Témoignage : la « croisière noire » du RICM vers Farchana -
