Analytique, complet, indépendant
Bannière
 
Politiques externes / Mission Eubam Moldavie/UkraineImprimer l'article | Imprimer cet article

Karl Von Wogau et Ioan Mircea Pascu : « la mission Eubam doit être prolongée »

Par Nicolas Gros-Verheyde (entre Odessa et Chisinau) | mardi 22 avril 2008



Entretien avec Karl von Wogau (PPE-DE, Allemagne), président de la sous-commission Défense du PE, et Ioan Mircea Pascu (PSE, Roumanie), vice-président de la commission des Affaires étrangères, les deux membres de la délégation parlementaire en visite en Ukraine et Moldavie.

Au terme de cette visite, comment jaugez-vous la mission Eubam ?

Ioan Mircea Pascu : Eubam a un rôle très utile, avec des résultats concrets. Le transfert de l’expertise, l’observation de l’activité bilatérale courante, les négociations entre les deux parties, en présence de l’EUBAM, avec un haut degré de professionnalisme, aident l’Ukraine comme la Moldavie à progresser dans un domaine sensible et important pour leurs relations. Inévitablement également, Eubam assure en quelque sorte une présence de l’UE dans ces deux pays, sur le terrain.

Karl von Wogau : C’est un succès. C’est utile pour gérer cette situation étrange, avec la Transnistrie. C’est aussi utile pour l’Union européenne. Nous développons ainsi une philosophie commune de la gestion des frontières partout en Europe. En contrepartie de l’ouverture de nos frontières en interne, il me paraît en effet indispensable d’élever les standards de contrôle aux frontières des pays voisins. L’Eubam, ce sont, en quelque sorte, les meilleures pratiques de l’Union qui sont développées et ainsi appliquées.

La mission doit-elle être prolongée ? Quelles leçons en tirez-vous pour l’avenir ?

Ioan Mircea Pascu : Dans un cadre plus général, je crois que de telles missions, principalement « techniques », peuvent jouer, comme l’a fait Eubam, un rôle très important en tirant parti de l’autorité professionnelle de l’UE et, indirectement, en stabilisant de fait notre voisinage immédiat. L’Eubam joue ici un rôle pionnier et irremplaçable de stabilisation. La mission doit continuer.

Karl von Wogau :  Même si à un certain moment il faudra reconnaître que c’est aux pays concernés de prendre leurs responsabilités, pour moi, il est encore trop tôt pour prendre cette décision et terminer cette mission. Nous devons la continuer. Ce qui doit être renforcé maintenant, c’est la gestion commune des frontières. Au final, il faut un seul poste frontière, avec les douanes et polices frontalières des deux pays travaillant au même endroit, et un seul contrôle pour les véhicules.

Comment résoudre la question de la Transnistrie ?

Ioan Mircea Pascu : C’est une question compliquée où l’Otan, les Etats-Unis, la Russie ont un rôle essentiel à jouer. Ce n’est pas une question uniquement technique mais hautement politique. Pour moi, l’Union européenne a un rôle marginal à jouer, du moins à ce niveau.

Karl von Wogau : C’est une solution à résoudre dans un contexte plus large. Pour ma part, j’observe que la plupart de nos questions de sécurité sont des points où les Russes ont une partie de la solution, que ce soit les conflits gelés du Subcaucase ou de Transnsitrie, le Kosovo, les missiles. Il semble donc bien difficile de trouver une solution au cas par cas pour chacun de ces litiges. Il ne faut donc pas avoir peur d’évoquer ces questions avec les Russes, dans le cadre d’une stratégie globale. C’est, pour moi, une question à relier de façon générale avec la considération de nos alliances. La Russie reste un joueur global et l’Europe doit apprendre à être un acteur global.



Copyright © 2008 Europolitics. Tous droits réservés.
cover