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Business & compétitivité / AirbusImprimer l'article | ![]() Le retard dans les programmes militaires, la norme !Par Sophie Petitjean | mercredi 25 mars 2009
![]() L’A400M a du retard, c’est vrai ! Mais il est loin de faire exception. Selon un rapport du National Audit Office (dépendant du Parlement britannique) publié en décembre 2008, qui analyse les dépenses du ministère britannique de la Défense au nom du Parlement, le retard enregistré par l’Airbus A400M n’est pas un cas isolé. Sur la vingtaine de projets analysés, « onze ont dépassé la date limite que les contractants s’étaient fixée et 483 mois de retard ont été enregistrés ». Et si le rapport salue les progrès réalisés par le ministère ces dix dernières années, il estime néanmoins que les performances reste variables, reflétant la complexité d’acquérir de telle technologie et des conditions opérationnelles très aléatoires. PAS DE NIMROD AVANT 2010En tête de liste de ce rapport, le Nimrod Maritime Reconnaissance and Attack Mk 4. Ce nouvel avion de patrouille pour la reconnaissance et l’attaque totalise 92 mois de retard par rapport à son agenda originel. Un constat que regrette la Chambre des Communes dans son troisième rapport pour la session 2008-2009. Conclu en 1996 avec la firme BAE System, l’accord prévoyait la mise en service de l’engin dès avril 2003 afin de remplacer l’avion Mk2 actuellement en service. Mais, à l’heure actuelle, toujours pas d’avion de patrouille en vue et on parle aujourd’hui de décembre 2010 comme dernière échéance. Le rapport du National Audit Office pointe du doigt, d’une part, les problèmes techniques révélés lors des essais, qui ont repoussé les délais de trois mois en 2008, et une augmentation des coûts qui en résulte de 789 millions de livres (899 millions d’euros) par rapport au budget de départ. Ainsi, la série de tests effectuée en 2008 a montré que cinq critères de sécurité n’étaient toujours pas atteints, soit la capacité de contrer le terrorisme maritime, celle de recherche et détection (sur et sous l’eau), l’accomplissement de mission, les attaques sous-marine et la possibilité de mener à terme des opérations dans des environnements hostiles. Temporairement, le Mk2 actuellement en service pourra combler le vide - bien qu’il devienne de plus en plus obsolète – et, ce, moyennant quelques modifications, le ministère de la défense planifiant d’utiliser les processeurs du MK4, d’améliorer les systèmes de navigation et le transfert des données. 54 MOIS DE RETARD POUR LE TYPHOONLe Typhoon ou Eurofighter EF 2000 se situe en deuxième position dans le classement des retards, loin derrière le Nimrod mais avec néanmoins 54 mois de retard. Cet avion multi-fonction, apparu sur le marché militaire en 2007, est le fruit d’une collaboration entre l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne ; quatre nations désireuses d’obtenir la supériorité aérienne, avec des attaques au sol très précises. Mais cette volonté, si elle a permis d’entamer très tôt (1984) des études sur la faisabilité du projet et de signer un contrat relatif à son développement quatre ans plus tard, n’a cependant pas permis d’éviter les retards. Programmé pour 1998, la Royal Air Force n’a reçu son premier avion « multi-fonction » qu’en 2003. D’une part, 32 mois supplémentaires ont été nécessaires pour répondre aux conditions technologiques (très complexes) fixées à l’origine. D’autre part, un changement d’orientation dans la phase de développement (en réponse aux pressions des quatre nations) ainsi que le délai nécessaire à la signature d’un mémorandum de compréhension pour la phase de production et de support, ont prolongé les délais de 22 autres mois. Un report qui n’est pas sans prix : en tout, près de 214 millions de livres (environ 250 millions d’euros) doivent désormais être ajoutés aux 16,671 milliards de livres arrêtés par le contrat. Et le National Audit Office de rappeler que la situation aurait pu être pire « si la période d’entrée en fonction du Typhoon n’avait pas été rabotée ». Le rapport du NAO de 220 pages pointe également du doigt d’autres projets militaires en proie aux affres du calendrier, notamment l’Astute Class Submarine (47 mois de retard), le Type 45 Destroyer (42 mois), le Sting Ray Torpedo Live Extension and Capability Upgrade (42 mois), le Terrier (39 mois), etc. Et il conclut en identifiant quatre facteurs sur lesquels le ministère et ses partenaires commerciaux devraient être plus attentifs : identifier plus précisément les dépendances clés, estimer de manière plus pointue les coûts et les délais pour faire face aux problèmes émergents, jouer à fond le rôle de client intelligent et, enfin, faire preuve de plus de réalisme dès le début. |
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Un programme et un contrat à rebondissements -
