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Politiques sectorielles / GalileoImprimer l'article | ![]() Entretien avec Radovan Zerjav, ministre slovène des TransportsGalileo affirme l’indépendance de l’EuropePropos recueillis par Pierre Lemoine | lundi 23 juin 2008
![]() Il estime avoir plus de raisons que d’autres d’être satisfait du lancement formel de Galileo, le futur système 100 % européen de navigation par satellites, après l’adoption le 23 avril par le Parlement européen du règlement de mise en œuvre : le ministre slovène des Transports Radovan Zerjav vante pour Europolitique le mérite du compromis obtenu, la qualité promise du système et, finalement, son enjeu politique (entretien publié dans Europolitique n°3517). Comment un projet d’envergure comme Galileo est-il vu de Slovénie ? Je suis heureux, d’abord, qu’un accord ait pu être trouvé sous présidence slovène. Au début de notre présidence, j’étais très inquiet. Une volonté farouche et des efforts considérables ont permis de dégager un compromis, en coordination avec le Parlement européen et grâce à son appui. D’ailleurs, la solution retenue tient compte du désir du Parlement d’être impliqué. L’un des plus beaux résultats est la création du Groupe interinstitutionnel comprenant trois représentants du Parlement, trois du Conseil et un de la Commission dont la mission est celle d’une supervision générale dans tous les domaines. L’accord est un signal clair lancé à tous les Européens et au monde entier qui montre que nous, Européens, sommes déterminés et sérieux (we mean business and are serious) et que nous ferons tout pour rendre Galileo opérationnel en 2013. Qui aura le pouvoir finalement dans ce projet ? C’est la Commission. C’est elle le manager de tout le projet et elle sera assistée de l’Agence spatiale européenne (ESA). Mais la construction juridique que nous avons négociée départage clairement les fonctions : la Commission est responsable de la construction et de la gestion du système, le Conseil et le Parlement portent la responsabilité politique. Le Groupe interinstitutionnel supervisera dans un souci de bonne coordination et le comité de programme, composé d’experts de haut niveau envoyés par les Etats membres, fonctionnera sous le régime de la comitologie. Vous n’avez pas mentionné une instance complémentaire, l’Autorité de surveillance... L’Autorité est une question en suspens. Dans le cadre de l’accord final, son rôle a été redéfini et elle aura toutes les compétences techniques requises. Elle sera responsable de la sécurité du programme, du marketing et de la promotion des applications. La Slovénie est candidate pour héberger le siège de cette agence. Quand la décision sera-t-elle prise ? Nous n’en savons rien. La Commission doit proposer un règlement relatif à cette agence et la question du siège sera débattue à cette occasion. La décision sera prise probablement sous présidence française (après le 1er juillet). Officiellement, il n’y a aucun délai. En théorie, cela peut intervenir dans les prochains jours comme dans les prochaines années. La Commission peut proposer de soumettre le cas au Conseil ou en codécision avec le Parlement. En ce qui concerne le siège, il est clair que l’Agence doit être éloignée de Bruxelles, pour le dire en termes simples, et que la Slovénie défendra fortement sa candidature, tout comme le feront les autres pays candidats, je suppose, et vous savez qu’il y a au total onze candidats . La Commission ne traînera sûrement pas car il y a d’autres échéances derrière. Maintenant que le projet est lancé, comment le présentez-vous à l’opinion publique ? A quoi va servir Galileo ? Galileo va faire beaucoup pour les citoyens européens, pas seulement dans le domaine des transports, qui est le mien, dans l’optimisation des transports routiers, maritimes et aériens, mais aussi dans l’agriculture, dans l’économie en général, couvrant un large spectre d’applications. C’est un outil universel, multi-usage, plus performant que le GPS (Global Positioning System) américain. Il sera le système le plus précis au monde. Et quelle évaluation politique en faites-vous ? Le plus important est que Galileo affirme et garantit l’indépendance des Européens dans l’usage des satellites. Il n’est pas fait que pour eux car il est aussi à la disposition du reste du monde. Mais nul, en dehors de l’Europe, n’aura le pouvoir de « couper le courant » (turn it off) à sa place. C’est aussi parce que d’autres systèmes sont en développement dans le reste du monde et seront en concurrence que Galileo est un choix stratégique. Je dis bien : indépendance et concurrence. |
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Le programme européen de radionavigation par satellite -
