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Politiques externes / ElargissementImprimer l'article | ![]() Entretien avec Elmar Brok, eurodéputé, membre de l’Union des Chrétiens démocrates (CDU)« Nous ne ferons aucune exception, pas même pour l’Islande »Propos recueillis par Joanna Sopinska | mercredi 29 avril 2009
![]() Elmar Brok (PPE-DE, Allemagne), qui a été un fervent défenseur du « big-bang » de l’élargissement de 2004 - fait désormais campagne pour un gel de la politique d’expansion de l’UE, tant que celle-ci n’aura pas mené à bien ses réformes internes. Il pense que, tant que le Traité de Lisbonne n’aura pas été ratifié, l’UE ne devrait pas accepter de nouvelle demande de candidature, y compris de la part des pays des Balkans occidentaux et de l’Islande. Selon lui, de nombreux Etats membres seront prêts à répondre positivement à l’appel de Berlin en faveur d’un gel total de l’élargissement. Le manifeste du CDU pour les élections européennes de juin prévoit de donner la priorité à la consolidation interne sur la poursuite de l’élargissement. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’avant de poursuivre l’élargissement, à l’exception de la Croatie, l’UE doit devenir efficace. La capacité d’intégration de l’UE doit être accrue. L’Union, dans son état actuel, n’est pas capable de s’élargir à cause du risque d’étirement excessif (« overstretching »). Cela signifie-t-il qu’il faille ratifier et mettre en oeuvre le Traité de Lisbonne avant d’accepter tout autre pays, outre la Croatie ? Oui. Que se passera-t-il si le Traité de Lisbonne n’est pas ratifié ? Dans ce cas, il faudrait arrêter les élargissements. Combien de temps doit durer une telle interruption ? Jusqu’à ce que l’UE améliore sa capacité d’intégration. Etes-vous pour un gel total ? Oui. Si la République tchèque et l’Irlande ne ratifient pas le Traité de Lisbonne, l’UE ne sera pas en mesure d’intégrer de nouveaux Etats membres. Cela veut-il dire que l’UE ne devrait pas accepter de nouvelles demandes d’adhésion ? Oui. Quels sont les pays susceptibles de suivre l’appel lancé par le CDU en faveur d’une interruption du processus d’élargissement ? Ils sont nombreux surtout si le Traité de Lisbonne n’est pas ratifié. Il y a notamment la France, mais aussi l’Autriche. De nombreux pays sont favorables à une interruption du processus d’élargissement, même s’ils ne le clament pas ouvertement. Ne craignez-vous pas qu’un gel total de la politique d’élargissement n’entraîne l’instabilité dans les Balkans occidentaux ? Il faudra encore un bon moment à la plupart des pays avant d’être prêts à adhérer l’UE. Nous pouvons poursuivre la négociation d’une stratégie de préadhésion pour ces pays afin qu’il n’y ait pas d’interruption dans le processus de leur rapprochement des normes européennes. Par ailleurs, c’est à Prague et Dublin que ces pays devraient adresser leurs doléances quant au gel du processus d’élargissement. L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne est une condition sine qua non au dernier élargissement. Nous travaillons encore pour l’instant dans le cadre établi pour quinze Etats membres. Les critères de Copenhague prévoient que tant le pays candidat et que l’UE doivent être prêts pour un nouvel l’élargissement. L’UE devrait faire preuve de sa capacité de réforme avant d’admettre de nouveaux membres. Quel sera le sort réservé à l’Islande si elle décide de poser sa candidature à l’adhésion avant la ratification complète du Traité de Lisbonne ? Nous ne ferons aucune exception, pas même pour l’Islande. En règle générale, quel est le scénario le plus probable pour les Balkans occidentaux ? Voyez-vous une intégration des sept pays dans les dix ans à venir ? Tout dépendra de leur aptitude à répondre à certaines conditions dans les prochaines années. Les Etats membres vont entamer prochainement la négociation du prochain budget. Pensez-vous que l’adhésion des pays des Balkans occidentaux doit être envisagée dans ce document ? Je pense qu’elle doit être prise en compte. Concernant la Turquie, le CDU propose un partenariat privilégié plutôt qu’un statut d’Etat membre. Quelle serait la valeur ajoutée de ce type de relation pour la Turquie et pour l’UE ? Tout d’abord, la Turquie est l’un des pays stratégiques les plus importants pour l’UE. L’intérêt pour l’UE d’entretenir une relation étroite ave la Turquie est manifeste. Ensuite, je doute que la Turquie sera capable de remplir les conditions politiques et économiques de l’adhésion, notamment dans des domaines tels que les affaires intérieures, la justice ou la liberté d’expression et de religion. C’est pourquoi je pense que la Turquie devrait recevoir un statut du type de celui qui a été offert à la Norvège. La Norvège fait partie du marché intérieur et de l’espace Schengen. Ce statut peut être atteint en un laps de temps relativement court. Il pourrait se traduire par des progrès pour la Turquie et en même temps il renforcerait sa relation avec l’UE. Cela dit, il est manifeste que la Turquie aspire au statut d’Etat membre. Ne craignez-vous pas que, si Ankara se voir offrir le statut que vous proposez, elle ne se détourne de l’UE plutôt que de suivre l’exemple norvégien ? La Turquie ne répond pas aux critères de Copenhague. C’est évident. Le mandat de négociation adopté par le Conseil stipule que le but des négociations est l’adhésion totale. Cependant, le même document précise qu’en cas de problème dans les négociations, le statut d’Etat membre doit être remplacé par l’accord établissant les liens les plus étroits possible entre l’UE et la Turquie. |
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