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Politiques externes / ElargissementImprimer l'article | ![]() Entretien avec Libor Roucek, vice-président de la commission des affaires étrangères du Parlement européenLes Balkans occidentaux ne doivent pas être victimes de Wall StreetPar Joanna Sopinska | mercredi 29 avril 2009
![]() Libor Roucek (PSE, République tchèque), un des plus ardents défenseurs de l’élargissement parmi les députés européens, estime que malgré les sérieuses difficultés politiques et économiques, l’UE doit maintenir sa politique d’expansion. Opposé à toute pause du processus, il milite au contraire pour la poursuite de l’élargissement parallèlement à la réforme économique et institutionnelle de l’Union. Comment réagissez-vous à l’idée de la Chancelière allemande Angela Merkel d’une pause dans l’élargissement après l’entrée de la Croatie ? Je ne suis pas de cet avis. Il y a du travail à finir dans les Balkans occidentaux. En 2003 à Thessalonnique, l’UE s’est clairement engagée à s’élargir vers les Balkans occidentaux. Malgré toutes les difficultés que nous éprouvons aujourd’hui, avec l’élargissement antérieur, le traité de Lisbonne et la crise économique, nous nous devons de tenir nos promesses. Bien entendu, il est clair que les pays en question ne sont pas encore prêts à adhérer. Mais nous devons poursuivre le processus. Par le passé, l’UE a, en parallèle, effectué une consolidation interne et procédé à son élargissement. Vu les sérieuses difficultés actuelles, nous devons adopter une approche identique et poursuivre l’élargissement. La crise économique actuelle et la réforme institutionnelle en cours sont-elles des motifs légitimes de pause de l’élargissement ? Nous devons affronter les deux. Nous devons mettre le traité de Lisbonne en place. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Nous devons en même temps continuer le processus d’élargissement. Il y a des négociations en cours avec la Croatie avec certaines difficultés résultant du différend frontalier avec la Slovénie. Tous les pays ont maintenant signé un ASA. Ils disposent donc d’une base pour avancer dans le processus. Il est manifeste que des pays comme l’ARYM ou le Monténégro, et l’Albanie veulent être admis dans un avenir prévisible. Nous ne devons donc pas laisser tomber les pays et leurs citoyens juste parce que nous traversons des difficultés économiques ou politiques. La crise financière dans laquelle nous nous débattons, ne trouve pas son origine à Belgrade ou Tirana. Ces pays, comme d’autres de la région, ne doivent pas être les victimes de certains banquiers à Wall Street. Vu la dégradation du climat économique et politique dans l’UE, d’autres Etats membres suivront-ils l’Allemagne ? Je ne pense pas que l’Allemagne soit contre l’élargissement en principe. Oui, l’Allemagne veut une consolidation de l’UE. Et je souscris totalement à cette approche. L’UE doit dès maintenant renforcer ses structures. Cela signifie que nous devons nous concentrer sur la ratification du traité de Lisbonne. Cela ne fait aucun doute. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier les populations des Balkans occidentaux. Quel est le calendrier le plus réaliste d’adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’UE ? Une décennie suffira-t-elle pour tous ces pays ? Il est très difficile de donner une date car cela dépend surtout des pays eux-mêmes et du degré de réussite de leurs réformes. Cela dépend aussi des Etats membres, évidemment. Mais il est clair que cela ne se produira pas dans les toutes prochaines années vu que les pays ne sont pas encore prêts. Les Balkans posent certes problème, mais que dire de l’adhésion de la Turquie ? Cette adhésion est-elle encore réaliste aujourd’hui ? Le processus d’adhésion suit son cours. Il faut toutefois ne pas perdre de vue que beaucoup dépend de la Turquie même et de sa volonté de mettre en oeuvre ses réformes. L’année passée, vu les turbulences politiques et les élections, le processus de réforme s’est ralenti considérablement. La Turquie doit intensifier les réformes. Selon un accord de tous les Etats membres, les négociations avec Ankara sont un processus ouvert, mais qui mène aussi à une adhésion à part entière. Mais l’Allemagne et la France proposent à la Turquie un « partenariat privilégié » plutôt qu’une véritable adhésion. La France et l’Allemagne, en signant l’accord avec la Turquie il y a quelques années, ont accepté que l’objectif du processus était l’adhésion à part entière. Il s’agit d’un processus ouvert en même temps, qui donne aux deux parties le droit de décider à la fin des négociations. Nul ne sait si la Turquie voudra en fin de compte adhérer à l’Union. Quelles peuvent être les conséquences d’un gel potentiel de l’élargissement dans les Balkans occidentaux et en Turquie ? Comme je l’ai dit, l’UE ne doit pas ralentir son processus d’élargissement. Il est dans l’intérêt de chacun et de la stabilité et de la prospérité de l’UE que tous les pays des Balkans occidentaux adhèrent au club. |
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Relents d’amertume -
