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Politiques sectorielles / Directive "Retour"Imprimer l'article | ![]() Entretien avec l’eurodéputé Manfred Weber, rapporteur sur la Directive « retour »Un compromis à prendre ou à laisserPar Radek Honzak | vendredi 16 mai 2008
![]() Si l’UE échoue à adopter la proposition de directive « Retour » en première lecture, il n’y aura pas de règles communes sur le traitement des migrants illégaux pendant peut-être dix ans. L’avertissement émane du rapporteur du Parlement européen Manfred Weber (PPE-DE, Allemagne), dans un entretien àEuropolitique . Que répondez-vous à ceux qui affirment que la directive « retour » trahit les principes fondamentaux de l’UE ? Les critiques doivent mettre la directive en regard avec la situation actuelle dans l’UE. Par exemple, beaucoup d’Etats membres ne limitent pas la durée maximum de détention des migrants illégaux. Vaut-il mieux ne pas avoir de directive, ou avoir une directive qui fixe une limite ? Ou encore, beaucoup d’Etats membres ne connaissent pas le droit au départ volontaire. Nous pouvons préciser, par directive européenne, que chaque personne en séjour irrégulier doit pouvoir partir volontairement. Et nous pouvons aussi prévoir une série de garde-fous concernant les enfants, l’accès des migrants au système de santé, etc. Les lignes directrices du Conseil de l’Europe ont été intégrées à la directive. La Commission européenne et la Cour de justice pourraient avoir compétence légale pour faire respecter les règles. La situation actuelle n’est pas très brillante. La directive l’améliore. Ne serait-il pas plus logique de convenir de règles sur la migration légale, avant de prévoir l’expulsion de migrants illégaux ? Nous avons déjà des règles et normes minimales de traitement des demandeurs d’asile. C’est une bonne décision de débattre, d’abord, de règles pour tous ceux qui ont besoin de notre aide, comme les demandeurs d’asile; et, dans un deuxième temps, de voir ce que nous devrions faire des dix ou douze millions de personnes en séjour irrégulier dans l’UE. Ce sont des esclaves modernes, ils n’ont pas de droits. Ensuite vient la question de la migration légale. Les trois dossiers sont proches l’un de l’autre. Pourquoi cet empressement de faire adopter la directive ? J’y travaille depuis deux ans et demi. Mes partenaires au Conseil ont toujours dit que la directive n’était pas vraiment nécessaire et que les choses se passaient bien sur le plan national. La présidence slovène est la première à avoir fait des progrès. Nul au Conseil ne souhaite véritablement une approche européenne parce qu’elle ne faciliterait pas la tâche de ses autorités. Donc si nous n’acceptons pas ce résultat, nous n’aurons pas de directive pendant les cinq ou dix prochaines années. Selon la Commission, si le PE n’adopte pas la directive en première lecture en juin, il reste la possibilité d’une deuxième lecture, ce qui prendrait un ou deux ans... Le Parlement européen bute sur les aspects négatifs du compromis actuel, et je ne suis toujours pas sûr qu’une majorité de députés l’appuiera. L’attitude du Conseil est identique. Aucune des deux institutions n’est sûre d’appuyer le compromis à la majorité. C’est pourquoi il y aura la première lecture sinon rien. Je ne crois pas à une deuxième lecture. Le Conseil trouvera-t-il un accord ces prochaines semaines et le PE adoptera-t-il la directive ? Je crois à la volonté politique du Conseil de dégager un résultat. Le ministre slovène de l’Intérieur Dragutin Mate est un partenaire solide qui fait du très bon boulot. D’où mes espoirs. Quant au Parlement, son débat n’a encore porté que sur les aspects négatifs du compromis. Mais au fil du débat, il apparaîtra que de nombreuses mesures vont dans la bonne direction. Vous êtes donc optimiste quant à un accord au PE ? Il faut toujours être optimiste en politique... Il y a de fortes chances qu’une majorité se dégage. Le Parlement doit montrer qu’il est un partenaire sérieux dans le domaine de la migration. Sans oublier qu’on a déjà voté en commission (Libertés civiles, Justice Affaires intérieures), et que nous avons arrêté, par exemple, une limite de détention de dix-huit mois. Je ne parle donc pas de visions, mais de résultats du vote en commission. Un gros problème pour les négociations était, franchement, que le Conseil était content de n’avoir aucun résultat au bout du compte. Il n’a pas été facile de négocier le texte actuel. Les ONG et certains de mes collègues devraient comprendre que nous avons soit des normes minimales sur base de la directive, soit rien. Vos opposants surtout socialistes au Parlement disent ne pas avoir été assez consultés sur les éléments les plus controversés du texte. Qu’en est-il ? J’ai régulièrement mis au courant les rapporteurs fictifs quant aux avancées au niveau du groupe de travail et j’ai même décidé de les associer en personne à chaque réunion importante avec la présidence. Le groupe socialiste a donc participé lui aussi aux négociations. Il a changé de rapporteur fictif, mais ce n’est pas mon problème. J’ai fait de mon mieux, et ni les Verts ni les Libéraux ne se sont plaints à moi. |
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L’UE à l’aube d’une décision cruciale pour sa politique d’immigration -
