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Politiques sectorielles / Défense SécuritéImprimer l'article | ![]() Nouveaux enjeux"Stratégie européenne de sécurité" : révision imminentePar Nicolas Gros-Verheyde | jeudi 23 octobre 2008
Rédigée en 2003, la stratégie européenne de sécurité s’inscrit dans un environnement daté : crise dans les Balkans, fin de la guerre froide. La révision de la stratégie était prévue depuis le Conseil européen, en décembre 2007, comme un exercice de mise à jour, à froid, passant en revue tant les menaces nouvelles que la nécessité de renforcer les capacités militaires et civiles de l’Union. La crise en Géorgie, avec la volonté russe de jouer un rôle plus affirmé sur la scène européenne et mondiale, oblige à la fois à une révision d’autant plus délicate et stratégique qu’elle se déroule à chaud. La stratégie a « fait ses preuves », explique Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune. Les menaces décrites en 2003 – terrorisme, criminalité organisée, prolifération des armes de destruction massive, conflits régionaux et déliquescence des Etats – « n’ont pas disparu ». Au contraire. La prolifération des armes de destruction massive s’est « accrue », au Moyen-Orient, par exemple. Mais le « contexte a changé depuis 2003 ». Le « monde qui nous entoure évolue rapidement ». Et certaines questions comme le changement climatique, la sécurité énergétique et la cybersécurité sont « beaucoup plus d’actualité » au même titre que les conséquences déstabilisatrices des mouvements migratoires et des catastrophes naturelles. « Elles méritent une plus grande attention ». Les problèmes sont davantage liés entre eux ». La criminalité organisée, l’immigration illégale, la menace pesant sur la sécurité maritime et le terrorisme sont « tous entretenus par des conflits régionaux et inversement ». La réponse de l’UE « doit être plus cohérente qu’elle ne l’est aujourd’hui ». Dans le même temps, il est tout aussi « indispensable », insiste un document remis aux ministres en septembre, de continuer à bénéficier du soutien des populations pour l’action que nous menons ». Trois orientations sont proposées pour réviser la stratégie de sécurité : - continuer à contribuer à un système multilatéral efficace, « travailler avec les puissances émergentes », afin qu’elles « assument plus de responsabilités », par exemple en matière de changement climatique et de sécurité climatique, - poursuivre la mise en place d’un « voisinage solide et pacifique », en « consacrant plus d’efforts à la résolution des conflits et à la lutte contre l’instabilité », ce qui suppose davantage d’anticipation, de coordination de l’action européenne comme de renforcer les capacités des pays ou des organisations régionales concernées, - s’attaquer aux menaces à la source : l'UE « doit avoir la capacité et la volonté politique d’intervenir de manière efficace et de promouvoir la stabilité à long terme ». Le Conseil « jumbo » des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, le 10 novembre, avant le Conseil européen du 11 décembre, était prévu pour adopter définitivement ce document. |
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