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Politiques sectorielles / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

Après Kyoto - Bilan Européen

Repenser l’avenir des renouvelables

Par Dafydd ab Iago | lundi 07 décembre 2009

La politique européenne de promotion des renouvelables fixe, à l’horizon 2020, un objectif général (20 % de la consommation d’énergie provenant de sources renouvelables) et un objectif spécifique pour les transports (10 % du carburant, pas seulement des biocarburants en théorie, devront également provenir de sources renouvelables). Si l’UE dans son ensemble devrait à peu près atteindre ses objectifs, contraignants dans les deux cas, certains Etats membres peineront à l’ouvrage. La Directive 2009/28/CE relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables établit en effet pour chaque Etat membre un objectif individuel. Ainsi, Malte devra atteindre 10 % de renouvelables, le Luxembourg 11 %, alors que la Suède se voit imposer un objectif de 49 % et le Danemark de 30 %.

La directive améliore sensiblement le cadre juridique en faveur de l’électricité verte. Elle impose des plans d’action nationaux pour jalonner de manière réaliste le développement des renouvelables. Elle précise les mécanismes de coopération par lesquels les Etats membres peuvent s’aider mutuellement à atteindre à moindre coût leurs objectifs et définit des critères de durabilité des biocarburants qui entrent dans les 10 % de renouvelables pour les transports. Les Etats membres ont jusqu’à la fin 2010 pour mettre en oeuvre la directive.

Pour booster les renouvelables d’ici 2050, la Commission s’efforcera de faire tomber les barrières aux renouvelables. Mais ce sera sans nul doute le Parlement européen qui militera le plus pour un secteur énergétique largement sans carbone d’ici 2050. Les députés européens ont déjà précisé leur vision de la politique future, dans le rapport de février 2009 d’Anne Laperrouze (ADLE, France). En réponse à la « deuxième analyse stratégique de la politique énergétique » de novembre 2008 de la Commission, les députés remontent la barre de plusieurs crans : ils proposent de rendre l’efficacité énergétique contraignante (cf. article séparé), de l’améliorer de 35 % d’ici 2050, et de porter à 60 % la part de l’énergie provenant des renouvelables. Ils préconisent enfin de réduire les émissions de CO2 d’au moins 80 % en 2050.

TECHNOLOGIES CONCURRENTES

L’avenir des renouvelables dépend étroitement des autres technologies pauvres en carbone. Si le nucléaire étendait son rôle et si la technologie de captage et le stockage de carbone (CSC) faisait un bond en avant, le rôle des renouvelables régresserait d’autant. Des études contradictoires atterrissent déjà sur le bureau des décideurs. Eurelectric prévoit qu’à peine 38 % de la production totale d’électricité dans l’UE proviendra des renouvelables en 2050, contre 15 % en 2005. Le secteur européen des renouvelables, avec 450 000 emplois et un chiffre d’affaires annuel dépassant les 45 milliards d’euros, vise bien plus. Il estime avec Greenpeace que 56 % de la demande d’énergie primaire pourraient provenir des renouvelables d’ici 2050. Soit pratiquement 88 % de la production d’électricité.



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