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Politiques sectorielles / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

Tribune libre

Maintenant, il faut des résultats

Stavros Dimas, commissaire européen à l’Environnement | vendredi 04 décembre 2009



Au cours des dernières années, la législation européenne en matière de climat a progressé à pas de géant. Lorsque je suis devenu commissaire à l’Environnement en 2004, nous savions très bien quelle direction nous voulions donner à la politique, mais nous n’avions pas les outils pour traduire nos bonnes intentions en actes.

En peu de temps, le paquet Energie et Climat a pris la forme d’une législation, avec des implications énormes dans la manière dont nous gérons nos industries. Au niveau européen, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites d’au moins 20 % d’ici 2020 ; la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique global augmentera de 20 %, et l’efficacité énergétique devrait augmenter aussi de 20 %. Le but est de relancer le système de marché pour contrôler les émissions en mettant un prix sur le carbone, et de soutenir les énergies renouvelables, tels que l’éolien, le solaire et la biomasse.

Alors que nous nous trouvons dans la première période d’engagement de Kyoto et que le Sommet de Copenhague est tout proche, l’heure est venue pour le reste du monde de suivre notre exemple. Il faut des actions significatives et de grande envergure. Depuis plus de deux ans, nous travaillons à la conclusion d’un accord international global, ambitieux, juste, basé sur la science et juridiquement contraignant pour l’après 2012 ; le but de cet accord étant de garantir le maintien des températures mondiales à 2 °C en dessous des niveaux pré-industriels. Maintenant, il faut des résultats.

Nous devons asseoir nos réalisations, en gardant le meilleur de Kyoto, tels que les engagements pris à l’égard des pays en développement, l’architecture solide et les mécanismes testés et éprouvés en matière de comptabilité, d’observation, de révision et de conformité. Les autres éléments peuvent être améliorés, comme les mécanismes flexibles basés sur les crédits auquel nous voulons ajouter un mécanisme sectoriel d’octroi de crédits.

L’UE a soutenu Kyoto depuis le début et il ne fait aucun doute que nous honorerons nos engagements. Mais l’accord de 1997 a toujours été envisagé comme un tremplin vers quelque chose de plus global et procéder à une extension de cet accord amènerait à faire perdre un temps précieux à la planète. L’heure est venue de trouver une solution mondiale.

Les experts scientifiques disent que pour respecter l’objectif des 2 °C, les pays développés devront réduire les émissions de 25 % à 40 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990 et, pour les pays en développement, de 15 % à 30 % par rapport aux niveaux d’activités habituels. Les émissions mondiales doivent atteindre leur pic avant 2020, et elles doivent être réduites de 50 % d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990, si nous voulons respecter la fourchette de température. Dans un contexte aussi grave que celui-ci, il ne peut être question d’une simple extension du Protocole de Kyoto, car les engagements de Kyoto s’appliquent à un peu plus de 10 % des émissions mondiales. Désormais, il faut que tout le monde s’engage.

Alors que l’UE est claire depuis longtemps sur ce qu’elle propose, nos partenaires de négociation se sont montrés moins ouverts sur leurs intentions. Nous avons proposé notre réduction de 20 % et notre volonté de passer à -30 % une fois que des engagements similaires auront été pris. De plus, notre position en matière de financement est claire : nous pensons que, pour les pays en développement, les coûts additionnels de l’adaptation au changement climatique et de l’atténuation de son impact s’élèveront à 100 milliards d’euros d’ici 2020.

Pour que le Sommet de Copenhague soit un succès, il est capital d’arriver à un accord sur la manière de trouver et de gérer l’argent. Si nous présentons une offre tangible de fonds disponibles à très court terme, nous convaincrons certainement nombre de nos partenaires dans les pays en développement que nous prenons ces questions très au sérieux.

Notre proposition, qui démarre en 2010, est de financer des actions immédiates dans des domaines tels que l’adaptation ainsi que de se préparer à l’application de mesures dans le domaine de l’atténuation du changement climatique. N’oublions pas que la température a déjà augmenté de 2 degrés dans certaines régions du monde et que le processus du réchauffement va inévitablement se poursuivre. Nous estimons que 5 à 7 milliards d’euros par an permettront de couvrir ces besoins à court terme et nous sommes désireux de participer à l’effort.

Une part considérable des fonds dont les pays en développement auront besoin devrait provenir d’un marché du carbone augmenté. Pour que ce marché puisse s’étendre, nous devons garantir une demande suffisante de crédits de carbone. Ce sera l’un des nombreux bonus résultant d’objectifs ambitieux de réduction des émissions pour les pays développés. Il faudra aussi réformer le mécanisme de développement propre afin qu’il se concentre sur les pays les moins développés. Un mécanisme sectoriel de crédits pour les secteurs compétitifs dans les pays les plus économiquement développés permettra d’augmenter proportionnellement les gains.

Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur y a plus de dix ans, et il expirera dans trois ans à peine. Le temps ne joue pas en notre faveur. Il faut que le Sommet de Copenhague aboutisse à un accord fort et opérationnel qui permettra la finalisation d’un traité à part entière dans le courant de l’année prochaine. L’heure est venue de faire preuve de détermination : les chefs d’Etat et de gouvernement doivent venir au Danemark avec l’intention de ne pas le quitter sans qu’un accord ait été scellé.



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