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Business & compétitivité / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | ![]() Elements clés de la négociatioNL’argent, nœud gordien de la négociation internationalePar Anne Eckstein | lundi 07 décembre 2009
![]() Autant l’atténuation que l’adaptation au changement climatique exigera d’importants investissements dans les pays en développement (PVD), et les pays industrialisés savent qu’ils devront mettre la main à la poche. Mais ils tardent à présenter des propositions chiffrées et les PVD s’impatientent. Tactique de négociation », dit-on à Bruxelles. A l’heure où les Parties vont se retrouver à Copenhague pour le round final, il est clair que cette question est le véritable nœud gordien de la négociation. Face à ce point de blocage, un seul espoir : que les chefs d’Etats et de gouvernement du monde (une cinquantaine d’entre eux, dont le Conseil européen au grand complet, devraient rejoindre Copenhague les 17 et 18 décembre) donnent le signal tant attendu. Les pays riches l’admettent : il est impossible, voire indécent, ne fût-ce que par un souci élémentaire d’équité, d’empêcher les PVD de progresser sur le plan socio-économique sous prétexte qu’ils augmenteront leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Reste donc à les aider à réaliser un développement durable, autrement dit à mettre en place une économie à faible teneur en carbone et, pour les plus vulnérables, à mettre en place les capacités et moyens nécessaires pour prévenir et s’adapter aux effets néfastes du changement climatique. C’est, souligne Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention climat « une obligation des pays industrialisés », qui implique des investissements importants tant sur le plan des ressources financières et humaines que sur le plan des transferts de technologies. « Sans argent, pas d’accord » répètent les PVD, excédés par les promesses non tenues des riches et qui exigent un soutien financier fort en faveur de l’adaptation. « Sans effort, pas d’argent », rétorquent ces derniers au premier rang desquels l’Union européenne. Car, disent-ils, s’il faut passer à la caisse, il faut que tous les pays, y compris les PVD, contribuent à l’effort, selon le principe de « responsabilité commune mais différenciée ». Les pays industrialisés mettant l’accent sur le terme « commune » ; les PVD sur le terme « différenciée ». L’UE a évalué les besoins du Sud à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020, à financer, dit-elle, à la fois par des moyens publics (de l’ordre de 22 à 50 milliards par an) et par le secteur privé et par le marché du carbone. Elle s’est engagée à « assumer sa part » de ces financements, sans préciser le montant qu’elle compte mettre effectivement sur la table. Les autres grands bailleurs de fonds potentiels dont, bien sûr, les Etats-Unis, ne sont pas plus clairs sur ce point. Outre la question fondamentale du « combien ? », reste aussi à régler la question de la gestion des fonds. Il existe déjà un Fonds pour l’adaptation, créé par le protocole de Kyoto mais qui n’est opérationnel que depuis la conférence des Parties de Poznan en décembre 2008, soit 11 ans après la signature du protocole. Onze ans pendant lesquels les PVD n’ont eu droit qu’à des promesses non tenues. D’où leur colère et leur méfiance. Les propositions de nouveaux fonds et de montages financiers sont multiples. Les pays du G8 ont ainsi annoncé leur soutien à la création par la Banque mondiale de deux fonds pour lutter contre le réchauffement climatique, auxquels ils apporteront six milliards de dollars. Le premier, baptisé « Fonds pour les technologies propres », devrait accorder des prêts à taux préférentiels à des pays pauvres qui souhaitent mettre en place des programmes environnementaux (développer les énergies renouvelables ou encore monter des projets de technologie à basse consommation d’hydrocarbures). Le deuxième fonds, baptisé « Fonds stratégique pour le climat », devrait financer des programmes test sur les façons innovantes de gérer le changement climatique. L’UE a proposé un « Fonds Forêts » pour aider à la lutte contre la déforestation et le Mexique, un « Fonds vert » auquel contribueraient tous les pays selon leur capacité de paiement. Une certitude : les PVD estiment indispensable d’avoir un ou des mécanismes gérés au niveau international (les Nations unies, la Banque mondiale) et dans lesquels ils bénéficieront d’« une juste représentation », autrement dit, où ils pourront clairement faire valoir leurs droits et priorités. |
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Mini-ambitions pour un méga-défi mondial -
