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Politiques sectorielles / Climat - Copenhague 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

Les positions en présence

L’Afrique monte au créneau

Par Anne Eckstein | lundi 07 décembre 2009

Le G77 - coalition de pays en développement (PVD) qui entendent défendre leurs intérêts dans les négociations sur le climat - va-t-il éclater ? Ce n’est pas impossible vu les intérêts de plus en plus divergents des grands pays émergents – Chine, Inde, Brésil – qui, jusqu’il y a peu, donnaient le ton pour l’ensemble du Groupe, et des pays les moins avancés, en majorité les pays africains et les petits pays insulaires. Rien d’étonnant donc si l’Afrique a décidé de faire entendre une voix solidaire mais bien distincte. Pour preuve, l’accès de mauvaise humeur des délégués de 53 pays d’Afrique qui ont pratiqué, pendant 24 heures, la politique de la chaise vide, lors de la réunion préparatoire de Barcelone (4 novembre) afin d’exprimer leur colère face à l’immobilisme des pays développés et leur refus de s’engager tant sur des objectifs de réduction des émissions que sur le financement de l’aide au développement.

Dans une déclaration commune adoptée à Nairobi en mai 2009 (1), les ministres africains de l’Environnement, soulignent le caractère particulièrement vulnérable de leurs pays et leur profonde inquiétude face aux effets néfastes du changement climatique. Ils confirment leur attachement au processus de Kyoto et veulent un accord «  cohérent, solide, équitable, juste et légalement contraignant », qui tienne compte des priorités des pays africains. Ils demandent que les pays développés réduisent de 40 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport à 1990 et de 80 à 95 % d’ici 2050 et insistent sur le concept de responsabilité « commune mais différenciée ». Et si l’Afrique du Sud, pays considéré comme « émergent » mais dont le taux de croissance est encore loin d’égaler ceux de la Chine et de l’Inde, admet qu’elle pourrait aussi avoir à faire des efforts, elle rejette comme les autres pays émergents, tout engagement quantifié et contraignant.

Les pays africains demandent aux pays développés des « compensations équitables pour les pertes environnementales, sociales et économiques » et le respect de leurs engagements. Ils pressent les pays développés de dégager les financements adéquats, tant pour les aider à construire des sociétés plus résilientes au changement climatique et pour la gestion des risques que pour les aider à poursuivre un développement économique à faible teneur en carbone. A cet effet ils insistent sur les nécessaires transferts de technologies. Ils restent par ailleurs attachés à une gestion « internationale » des fonds ainsi mis à disposition qu’il s’agisse du Fonds Mondial pour l’Environnement (FME) ou de tout autre fonds qui serait créé par le nouvel accord.

Ils plaident, enfin, pour la révision et le réajustement du mécanisme de développement propre (MDP) afin d’en assurer une meilleure distribution géographique et pour la création d’un instrument équivalent qui tienne compte des activités agricoles et forestières, de l’utilisation des terres et des efforts de lutte contre la déforestation, connu sous le nom de programme REDD (Réduction des Émission dues à la Déforestation et à la Dégradation des sols).


(1) www.europolitique.info > recherche = 261244

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