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Politiques externes / Changement climatiqueImprimer l'article | Imprimer cet article

L’Union européenne finalise son plan climat

jeudi 29 novembre 2007

2007 aura été un tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les opinions publiques se mobilisent, les dirigeants politiques aussi, parfois sous l’effet d’éléments déclencheurs externes.

Ainsi, le film d’Al Gore Une vérité qui dérange, récompensé d’un Prix Nobel de la Paix, conjointement décerné au groupement intergouvernemental des scientifiques établi par la Convention climat des Nations unies (GIEC), a fait prendre conscience de la gravité de la situation.

Le rapport de Sir Nicholas Stern, conseiller de Tony Blair, a, lui aussi, jeté un pavé dans la mare. Il dresse un tableau très sombre des conséquences des changements climatiques pour l’économie mondiale. Il fixe surtout un prix pour l’inaction : ne rien faire coûtera 5 % du PIB mondial chaque année, et les dommages collatéraux pourraient porter ce coût à 20 % du PIB mondial. Agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre supposerait en revanche une dépense de l’ordre de 1 % du PIB mondial par an.

L’Europe montre l’exemple

En 2007, dix ans après le protocole de Kyoto, l’Union européenne a fait le lien - officiellement - entre énergie et climat. Les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres, lors de leur Conseil de mars, ont décidé de mener désormais une politique «  intégrée », c’est-à-dire d’introduire dans toute politique énergétique des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. En outre, ils se sont mis d’accord pour réduire les émissions de CO 2 de 20 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990 (voire 30 % si un accord mondial est trouvé pour après 2012) et pour augmenter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’UE d’ici 2020. La Commission européenne doit préciser ces engagements. La complexité des mesures et leur impact dans les 27 pays de l’UE l’ont contrainte à reporter ses propositions, initialement prévues le 5 décembre 2007, au 23 janvier 2008.

Les Européens, qui ne sont pas les plus gros émetteurs planétaires de CO 2, sont les premiers à avoir mis en place au 1 er janvier 2005 un système collectif de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) : l’échange de droits d’émission ou Emissions Trading System (ETS), qui a été étendu en octobre à tout l’Espace économique européen (Norvège, Islande, Liechtenstein) et qui doit faire l’objet d’une refonte. Leaders en technologies renouvelables et en efficacité énergétique, ils veulent se montrer comme les bons élèves de la Convention climat de l’ONU et obtenir un accord multilatéral mondial de réduction des émissions de GES.

Les négociations reprennent

La plupart des gouvernements des pays industrialisés, voire de certains pays en fort développement, se disent maintenant prêts à agir. Ce changement de cap politique tombe à pic, car la 13 e Conférence des Parties (COP13) et la 3 e Réunion des Parties (MOP3) à Bali (Indonésie) du 3 au 14 décembre 2007 doivent décider de la route à suivre vers un accord mondial pour l’après-Kyoto (le protocole expire en 2012).

Tout ce qu’il faut savoir

Europolitique, qui décrypte la « cuisine interne » européenne depuis 35 ans, offre à ses lecteurs, dans ce numéro spécial « climat », les outils nécessaires à la compréhension des prochains événements phares pour la politique climatique européenne : COP13 à Bali et révision de l’ETS.



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