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Aviation : la chasse aux émissions

lundi 15 juin 2009

Mauvaise nouvelle : les experts internationaux viennent de réévaluer à la hausse l'impact probable de l'aviation sur le changement climatique. Alors que jusqu'ici le Groupe d'expert des Nations-unies sur l'évolution du climat (GIEC) s'en tenait à un prudent 3%, les chiffres qu'il a publiés en mai réévaluent cet impact à 4,9%. Hasard ou pas, le président de l'Association internationale du transport aérien (IATA), Giovanni Bisignani, vient d'annoncer l'engagement des compagnies aériennes à ce que leurs émissions de CO2 cessent de croître d'ici 2020. En rappelant au passage que les émissions des avions ont diminué en 2008 et que les biocarburants ont le potentiel de réduire encore de 80% l'empreinte carbone de l'aviation.

L'impact de l'aviation sur le changement climatique fait l'objet d'une guerre de communication incessante entre le secteur aérien et les environnementalistes. Un vol Bruxelles-New-York génère un impact sur le climat comparable au fait de chauffer sa maison durant toute une année, disent les uns. Un Airbus A380 a une consommation en carburant inférieure à une petite voiture familiale aux 100 km par passager, rétorquent les autres. Difficile de s'y retrouver entre effets d'annonce, estimations et autres projections. Mais ce qui est sûr, c'est que l'industrie aérienne est confrontée aujourd'hui à un défi majeur.

L'UE y a répondu politiquement en intégrant le secteur dans le système européen d'échange des droits d'émission (ETS). A partir de 2012, les compagnies devront respecter un certain niveau d'émission sous peine de devoir acheter des quotas. Mais pas d'unanimité, ici non plus, sur le bénéfice réel du système pour l'environnement. De même que les incertitudes demeurent quant à l'impact des émissions aériennes d'oxyde d'azote (NOx), que l'UE pourrait aussi se décider à réglementer.

L'industrie, elle, entend répondre au défi environnemental en investissant dans la recherche. Sur les carburants alternatifs, sur l'allègement des structures, sur l'aérodynamique, sur les moteurs. Les avions d'aujourd'hui sont 70% plus efficaces sur le plan énergétique qu'il y a quarante ans (20% qu'il y a dix ans). En optimisant les opérations aériennes aussi : itinéraires raccourcis, procédures d'atterrissage repensées, limitation des temps d'attente avant décollage... et ce sont des millions de tonnes de CO2 qui peuvent être économisées. 

Où en est-on aujourd'hui dans la chasse aux émissions? Europolitique fait le point.

 



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