Analytique, complet, indépendant
Bannière
 
Politiques sectorielles / Arctique- Les enjeuxImprimer l'article | Imprimer cet article

Entretien avec Roger Helmer, député européen

« Les politiques européennes en matière de climat se trompent sur tous les points »

Par David Kepes | mercredi 01 septembre 2010



L’eurodéputé britannique Roger Helmer (ECR) est connu pour ses opinions franches. Ce conservateur fait partie d’un petit groupe de députés qui résiste toujours activement à l’idée du changement climatique anthropogénique. Dans cet entretien accordé àEuropolitique , il explique sa position sur la politique européenne en matière de climat considérée comme un élément clé de l’avenir d’un Arctique durable.

Etes-vous favorable à une exploitation accrue des ressources pétrolières de l’Arctique ?

Tout à fait, mais en respectant toutes les conditions. Il faut tirer les leçons de l’expérience dans le Golfe du Mexique. Je suis également préoccupé par la biodiversité et la survie des espèces. Il faut être très prudent en Arctique, car il s’agit d’un environnement très fragile, mais l’industrie et l’inventivité humaine vivent de défis, et celui-ci, nous devons le relever. On pourrait faire brûler tous les carburants fossiles que nous connaissons sur la terre, cela n’affecterait pas vraiment le climat.

D’après vous, comment la politique européenne actuelle en matière de changement climatique peut-elle affecter l’élaboration d’une politique dans l’Arctique ?

Laissez-moi vous dire ce que je pense du changement climatique. Au cours des derniers siècles, nous avons observé un léger réchauffement et le chiffre généralement admis, unanimement, dépasse légèrement 0,7 degré. Ceci est très faible et très lent. Par ailleurs, ce petit changement observé sur les derniers siècles est tout à fait cohérent avec les cycles climatiques bien connus depuis longtemps et qui remontent à dix mille ans.

Rien ne requiert une explication anthropogénique. Le CO2 n’est qu’une diversion qui n’a rien à voir avec le problème. Il en résulte que les politiques européennes en matière de climat se trompent sur tous les points. Elles se trompent, car le problème n’est pas le CO2, la réduction du CO2 n’aura aucun effet.

Ne pensez-vous pas que les politiques climatiques de l’UE sont efficaces ?

Aucune des politiques qu’essaie de mener l’UE ne sera réellement efficace. La Chine construit une nouvelle centrale au charbon toutes les semaines et l’Inde n’en est pas loin. L’idée de réduire drastiquement les émissions de carbone d’ici 2020 ou effectivement d’ici 2050 n’est qu’une utopie. La politique de l’UE se trompe, car même si vous partez du principe que le CO2 est le problème et que sa réduction serait bénéfique, l’UE aborde le sujet d’une façon totalement irrationnelle. À choisir entre le commerce du carbone et une taxe directe sur le carbone, tout économiste choisira la seconde option comme étant la meilleure solution. Elle est en effet plus prévisible et inclusive. Elle n’entraîne pas non plus toutes les distorsions bizarres et les effets rétroactifs que l’on obtient en tentant de créer une structure complexe de commerce du carbone.

Êtes-vous d’accord avec l’objectif de l’UE consistant à atteindre 20 % d’énergie renouvelable d’ici 2020 ?

Non je ne l’approuve pas. Mais admettons, pour couper court à tout débat, que nous souhaitons réduire le CO2. Quel serait le moyen le plus efficace de réduire le CO2 ? Ce serait de remplacer le charbon et le lignite par le nucléaire. On pourrait finir aussi par remplacer le gaz. Le nucléaire est une technologie fiable, peu coûteuse. Il peut fournir l’énergie nécessaire pour faire tourner nos économies et industrie. Au lieu de cela, on se concentre sur des choses comme les parcs éoliens qui sont un échec total en termes de production de quoi que ce soit. Les parcs éoliens sont extrêmement coûteux et perturbants. Ils produisent une quantité d’électricité ridicule et imprévisible et mettent en fureur les communautés locales.

Êtes-vous contre les énergies renouvelables ?

Je ne suis pas contre les énergies renouvelables dans le principe, à condition que le coût soit satisfaisant. La géothermie est une idée lumineuse. L’incinération des déchets avec récupération d’énergie est également une excellente idée, la biomasse aussi, en particulier si vous pouvez utiliser des sols de piètre qualité qui ne pourraient pas servir à l’agriculture.

Y a-t-il quelque chose qui vous préoccupe en matière d’énergie ?

Je ne suis pas préoccupé par le réchauffement climatique, mais par la sécurité énergétique. Pour apaiser mes inquiétudes, il faut réduire notre dépendance aux carburants fossiles importés. Je n’ai rien contre les carburants fossiles, ils sont formidables. Ce qui me pose problème c’est le fait d’importer du gaz de Russie quand Poutine peut couper le robinet. Nous sommes soumis à une sérieuse instabilité politique lorsque le pétrole provient du Moyen-Orient, du Venezuela et du Nigeria.

Pourquoi alors faire la promotion des énergies renouvelables et mener des actions contre les émissions de CO2 ?

Personne ne s’est vraiment assis et n’a réfléchi au fait qu’une immense arnaque pourrait s’avérer lucrative. Mais contrairement au bug du millénaire, le fait de nous réveiller et de nous rendre compte que nous avions tout faux n’a aucune fin. Je pense qu’à l’origine, de vrais scientifiques ont déclaré que le CO2 pourrait avoir un certain effet. Mais les réponses politiques impliquant des sommes d’argent entrent en jeu à un certain moment. J’ai récemment lu que les traders de carbone gagnaient quasiment autant que les traders d’autres marchandises. Des gens comme le docteur Pachauri (président du GIEC) ou Al Gore, génèrent d’immenses sommes d’argent à travers le monde.



Copyright © 2008 Europolitics. Tous droits réservés.
cover