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Politiques externes / Arctique- Les enjeuxImprimer l'article | ![]() L’adhésion de l’Islande renforcerait la position de l’UEPar David Kepes | mercredi 01 septembre 2010
Avec l’adhésion de l’Islande à l’UE, l’Europe disposera de nouveaux moyens d’influer sur la situation dans l’Arctique. L’Islande a le statut de candidate officielle depuis juin 2010, et espère entrer dans l’UE en 2012. Elle siège au Conseil de l’Arctique et a beaucoup à dire dans la gestion de cette région. En un mot, l’Islande est incontournable pour les décideurs politiques arctiques. Le pays n’a pas de revendications côtières sur des ressources arctiques, ce qui a modelé sa politique de ces dix dernières années. Ainsi, lors de sa présidence du Conseil de l’Arctique en 2002-2004, l’Islande a voulu promouvoir la viabilité environnementale et l’inclusion des peuples autochtones. Deux objectifs qui ont abouti à des initiatives importantes, dont l’Evaluation d’impact sur le climat de l’Arctique. Reykjavik a aussi voulu un rapprochement avec des entités et organismes internationaux dont l’Union européenne. Faute de revendications côtières, l’Islande a été quelque peu marginalisée ces derniers temps. Le Canada a organisé, le 29 mars 2010, la deuxième réunion des cinq Etats côtiers (les Coastal Five : Canada, Etats-Unis, Russie, Norvège et Danemark). Ces pays, qui ont tous des revendications côtières, ont affirmé que leur coopération, accrue, ne servirait qu’à renforcer le Conseil de l’Arctique. L’Islande, la Suède et la Finlande, qui sont les trois autres membres permanents du Conseil, ont exprimé leur préoccupation. L’Islande a prévenu que ces réunions pourraient nuire au rôle du Conseil, et s’est fait l’écho d’une Suède mécontente des motifs qu’ont donnés les cinq Etats côtiers pour justifier leurs réunions séparées. Encore plus préoccupant pour les trois membres exclus : la déclaration des Coastal Five présentée à Ilulissat (Groenland), où s’est tenue leur première réunion, le 28 mai 2008. La Déclaration d’Ilulissat réaffirme la Convention des Nations unies sur le droit de la mer comme mode privilégié de solution des litiges arctiques. Toutefois, cette convention s’est vue reprocher son inefficacité en la matière, et l’Islande a récemment dit espérer que son adhésion à l’UE lui permette de poursuivre de meilleures formes de gouvernance multilatérale dans l’Arctique. Reste que l’adhésion de l’Islande n’est pas acquise. Ce n’est qu’avec la crise financière que l’adhésion a eu la cote en Islande. Le pays fait déjà partie de l’Espace économique européen et le Parti progressiste islandais milite pour l’adoption de l’euro qu’il présente comme solution aux problèmes d’endettement. Cependant, les derniers sondages Capacent Gallup en 2010 indiquent qu’une majorité nette est contre l’idée. L’adhésion de l’Islande fera l’objet d’un référendum et, comme dans le cas de la Norvège, l’électorat pourrait dire non. Autre fait troublant, le dossier Icesave qui a vu, en 2008, quelque 400 000 clients britanniques et néerlandais empêchés d’accéder à leur compte après que la banque islandaise Landsbanki a été placée sous administration judiciaire. Le Royaume-Uni a réagi en gelant les avoirs de la banque via la législation contre le terrorisme. Si ces deux Etats ont affirmé qu’ils ne feraient pas barrage aux négociations d’adhésion de l’Islande, l’adhésion proprement dite ne serait possible qu’une fois le différend résolu. |
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