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Business & compétitivité / AirbusImprimer l'article | ![]() Programme Airbus A400MLouis Gallois (EADS) s’explique sur le retardPar Nicolas Gros-Verheyde | mercredi 25 mars 2009
![]() Louis Gallois, le PDG d’EADS, Bruxelles, est venu s’expliquer devant les députés de l’Assemblée de l’Union européenne occidentale (UEO) qui tenaient une séance exceptionnelle le 24 mars à Bruxelles. Europolitique était dans la salle et a obtenu quelques précisions supplémentaires. Verbatim et Nota bene. Les causes du retard. « EADS a sous-estimé la capacité et la complexité du programme. Nous avons accepté une livraison de l’avion en six ans et demi. Alors qu’on ne connaît pas de programme de ce type livré en moins de 12 ans. Pour répondre à la demande de deux de nos clients Français et Britanniques, qui avaient des difficultés de transport, nous avons accepté un calendrier exagérément ambitieux.(…) Si nous livrions l’avion dans une amplitude de 10 ans, nous serions encore la référence dans ce domaine. A cela s’est ajoutée une «organisation exagérément complexe chez EADS. Nous avons réorganisé le programme sous tutelle exclusive Airbus, en créant une business unit « Airbus military ». Cette organisation est désormais effective. » NDLR: le retard est donc d’au minimum 3-4 ans voire un peu plus. Un contrat à réexaminer. « Notre entreprise a sous-évalué les ambitions et les enjeux. Nous avons signé un contrat commercial, qui n’est pas forcément adapté à ce type d’avion, en assumant les risques, sans programme d’évaluation des risques, sans prototype, en commençant de zéro.» «Cela a été une erreur majeure de notre entreprise. (…) Maintenant il faut revoir le contrat de manière à revenir à la réalité : le calendrier, les standards nécessaires ». Le coût du dérapage. «Le programme coûte cher pour EADS. La perte programmée est supérieure à 2 milliards d’euros alors que le premier vol n’a pas eu lieu. (…) Les pénalités que pourraient devoir verser EADS s’élèvent à 1,4 milliards d’euros. Mais pour l’instant nous n’avons rien payé. Nous verserons cette pénalité quand les avions seront livrés. Ils sont déjà provisionnés dans nos comptes». NDLR: une partie seulement des pénalités est provisionnée dans ces 2 milliards d’euros, selon Louis Gallois. Des solutions palliatives. « Nous sommes conscients du retard. Nous allons proposer à nos clients, particulièrement Français et Britannique, des solutions de transition pour faire face au gap de transport : des avions cargos légers, des A330 de transport (pour la longue distance), et la prolongation des capacités actuelles par travaux de maintenance.» NDLR: De là à payer pour ces solutions, il y a un pas que le président d’EADS s’est refusé à franchir. Louis Gallois a répondu par un sourire à notre question. « Je n’ai jamais dit çà. ». La fin du contrat. « Effectivement au 31 mars, si le premier vol n’a pas lieu - et il n’aura pas lieu -, par un consensus, les nations peuvent mettre un terme au contrat. Nous avons ensuite 60 jours pour rendre les 5,7 Milliards reçus au titre des fonds reçus pour la prélivraison des avions. Mais il faut un accord à l’unanimité. Nous n’en sommes pas là. » Des conséquences économiques. « Toute réduction de commandes ne sera pas sans effet. Tout d’abord, le prix ne pourra être le même. Et, ensuite, ce n’est pas sans conséquences industrielles ». NDLR: environ 40 000 emplois dépendraient de ce programme chez Airbus et ses sous-traitants, selon Louis Gallois, dont un tiers en France. « L’ouverture sur le marché militaire permet à Airbus d’équilibrer par une activité plus régulière, une activité civile, plus cyclique ». Premier vol. « Le premier vol, je l’espère à la fin de l’année. Mais cela dépendra de la faisabilité du Fadec » (le système logiciel de contrôle du moteur). Un avion remarquable. «L’A400M est un avion unique, il sera encore au service en 2050, il faut donc qu’il soit au niveau technologique pour vivre 30-40 ans. Il combine dans un seul volume les fonctions d’un avion stratégique et tactique. Il peut emporter 37 tonnes en mission stratégique. Il a des fonctions analogues à celles d’un avion moderne de chasse et une complexité supérieure aux deux chasseurs européens les plus récents (Eurofighter et Rafale). Il aura une certification civile, ce qui est une première pour un avion militaire. Cela représente une énorme contrainte technique. Mais c’est aussi une garantie, car cela protège l’avion de réglementations des années à venir (qui peuvent conduire à l’interdiction des avions militaires dans les couloirs aériens civils). Enfin, le rapport coût - performance est remarquable». Les Etats-Unis intéressés. « Les Américains ne développent pas d’avion concurrent. Ils suivent de près notre programme et nous demandent de les tenir étroitement informés. Ils nous disent que cet avion les intéresse. (…) Cet avion vient combler un manque entre le C27 ou le C130 (plus petits) et le C17 ou le C5 (plus grand). (…) Une fois dégagées des difficultés, et les premières livraisons actuelles, l’A400M pourra s’attaquer au marché à l’export. Un marché important. Il s’agit à terme de remplacer les quelque 3000 avions Lockheed C130 Hercules actuellement en service.» |
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Airbus A400M : pourquoi persévérer -