Analytique, complet, indépendant
Bannière
 
Institutions / Parlement européenRevenir à la liste des résultats | Imprimer l'article | Imprimer cet article

Disparition

Décès de Bronislaw Geremek : un « triste jour » pour l’Europe

Par Célia Sampol | lundi 14 juillet 2008



L’eurodéputé polonais Bronislaw Geremek est décédé le 13 juillet en Pologne dans un accident de la route près de Poznan, à l’ouest du pays. La voiture qu’il conduisait s’est subitement déportée sur la voie opposée et a heurté une camionnette. L’Europe perd ainsi une figure marquante des pays issus de l’élargissement de 2004, mais aussi un grand intellectuel, un humaniste engagé et un esprit libre refusant toute forme d’oppression.

Né le 6 mars 1932 à Varsovie, diplômé d’histoire, Bronislaw Geremek fut l’un des fondateurs du syndicat polonais Solidarité (Solidarnosc) en 1980. Proche conseiller de Lech Walesa, il appartient dès les années 1970 à un petit noyau d’intellectuels prônant une opposition non-violente au régime totalitaire imposé à la Pologne par l’Union soviétique. Après le coup de force du général Wojciech Jaruzelski contre Solidarité en décembre 1981, Bronislaw Geremek est emprisonné pour deux ans et demi avec les autres meneurs du mouvement. Quand le régime communiste fléchit au début de 1989, il est l’un des principaux artisans de la passation pacifique du pouvoir. Dans la Pologne démocratique, il est ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2000, préparant l’entrée de son pays dans l’Otan (1999) et l’UE (2004). Dans la foulée, Bronislaw Geremek se fait élire au Parlement européen d’où il ne manquera pas de critiquer, toujours avec sa voix posée et son regard malicieux, les jumeaux conservateurs Kaczynski après leur élection en 2005. L’an dernier, ces derniers avaient tenté en vain de le priver de son mandat d’eurodéputé, car il avait omis de faire une déclaration sur ses prétendues collaborations passées avec les services spéciaux communistes.

Les réactions à cette disparition ont fusé de toutes parts. Le président de la Commission José Manuel Barroso a exprimé son «  profond chagrin » devant la disparition d’un «  Européen d’une grandeur exceptionnelle, un Polonais de convictions inébranlables (...) exemple d’un esprit libre qui restera dans notre mémoire comme un des symboles les plus puissants de la libération vis-à-vis de toute oppression  ». «  C’est un triste jour pour le Parlement européen  »,a commenté le président de l’institution, l’Allemand Hans-Gert Pöttering (PPE-DE), rappelant que «  nous le considérions comme un homme sage, d’une connaissance remarquable  ». Le chef de file du groupe ADLE (auquel appartenait M. Geremek), le Britannique Graham Watson, a déclaré que «  l’Europe pleure le symbole de sa réunification  ».Pour le Premier ministre polonais Donald Tusk, «  la science et la politique polonaises ont perdu un grand homme  ».



Copyright © 2008 Europolitics. Tous droits réservés.





You need to upgrade your Flash Player

Copyright © 2010 Europolitics. Tous droits réservés.