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Banques

La Commission met Dexia au régime sec

Par Sophie Mosca | lundi 08 février 2010

Après un an d’enquête et trois semaines de négociations ardues, Dexia, la Commission, les autorités françaises, belges, et luxembourgeoises ont fini par trouver un terrain d’entente pour la restructuration de la banque franco-belge. Le 5 février dans la soirée, les protagonistes se sont entendus sur un accord de principe, qui contraint la banque à réduire de 35 % d’ici à 2014 la taille de son bilan par rapport à 2008, à 430 milliards d’euros contre 650 milliards. Une réduction qui s’inscrit dans la ligne des contraintes de restructuration imposées à d’autres banques comme ING ou Commerzbank afin de s’assurer qu’elles peuvent survivre sans de nouvelles aides publiques et réduire les distorsions de concurrence liées aux aides reçues. Avalisé par le conseil d’administration de Dexia, l’accord doit encore être formellement entériné par la nouvelle Commission.

CESSION DE FILIALES

Pour ce faire et en contrepartie des subventions reçues des Etats français, belge et luxembourgeois pour l’aider à surmonter la crise (d’un montant de 6,4 milliards d’euros injectés et 100 milliards de garanties), Dexia devra se séparer de plusieurs actifs. Ella a accepté de céder d’ici à la fin d’octobre 2012 ses filiales italienne Crediop et slovaque Banka Slovensko, ainsi que ses activités d’assurance en Turquie et, d’ici à fin décembre 2013, de prêt aux collectivités locales en Espagne par le bais de Sadabell. Elle devra, par ailleurs, se défaire de ses activités à Singapour ou encore en Russie pour se recentrer essentiellement sur le Benelux. La banque ne pourra plus recourir aux garanties des Etats dès fin juin au lieu de fin octobre. De plus, Il lui est aussi interdit de faire une quelconque acquisition d’ici à la fin de 2011. La banque doit en outre revoir son business model de manière à réorienter son refinancement vers des durées supérieures à un an, en faisant passer cette part de son bilan de 50% aujourd’hui à 90 % d’ici à 2014. Certes les sacrifices sont lourds mais pour Pierre Mariani, l’administrateur délégué de Dexia, le point essentiel est que la Commission a jugé crédible le plan de restructuration et par là même la viabilité de la banque sans recours aux aides publiques dans l’avenir. «  Cet accord met fin à une période d’incertitude extrêmement pénible pour les collaborateurs de la banque », s’est-il félicité le 5 février.

UN DÉSENGAGEMENT DÉJÀ AMORCÉ

En écho, Jean Luc Dehaene, président du conseil d’administration, a ajouté que «  cet accord reconnaît que Dexia a déjà fait pas mal de chemin dans sa restructuration ». Le groupe avait déjà commencé l’an dernier à revoir son portefeuille obligataire, à stopper les activités de marché les plus risquées et à céder quelques actifs tels la filiale américaine FSA ainsi que des participations dans le français Crédit du Nord et l’autrichien KommunalKredit Austria.

Cet accord a été salué par le marché : Dexia a connu le 8 février la plus forte hausse du CAC 40, son action ayant fait un bond de 7,6%.



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