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Politiques sectorielles / Imprimer l'article | ![]() Hedegaard veut mettre un terme à la cacophonie sur le climatPar Sophie Petitjean | vendredi 15 janvier 2010
![]() La Danoise Connie Hedegaard (PPE), désignée pour l’action en faveur du climat, a clôturé le 15 janvier la première semaine des auditions des futurs commissaires, au Parlement européen. Si son engagement et sa volonté politique n’ont pas été remis en question, les eurodéputés ont néanmoins fait part de leur scepticisme sur l’efficacité de ce nouveau poste. A sa sortie de l’audition, la députée finlandaise Satu Hassi (Verts) a déclaré que c’était au président José Manuel Barroso de « prouver qu’il avait créé ce poste pour protéger le climat et non comme un coup médiatique ». « Il faut en faire quelque chose de transversal », a rétorqué, pour apaiser les doutes, celle qui fut, à 24 ans, la benjamine du parlement danois avant de se lancer dans les médias puis de revenir à la politique. « L’Union européenne doit se rassembler, travailler ensemble car sinon, nous allons tous y perdre ». Elle identifie d’ailleurs ce manque de cohésion comme la principale leçon à tirer de Copenhague. NÉGOCIATIONS CLIMATIQUESL’échec des négociations des Nations unies sur le changement climatique a logiquement été le sujet principal de cette audition. Interrogée sans relâche par les députés de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, ainsi que de celles des transports et de l’industrie, Connie Hedegaard s’est néanmoins voulue optimiste. « Oui, j’ai été déçue de la COP15 (Conférence des parties), qui n’a pas adopté d’objectifs contraignants », a-t-elle déclaré dans son introduction. Et d’ajouter, comme pour s’excuser, que « beaucoup de choses s’étaient passées depuis ; certains pays qui n’étaient pas engagés dans le protocole ont quand même pris des engagements ». On se souvient que les critiques n’ont pas épargné le travail de Mme Hedegaard - qui a présidé la Conférence de Copenhague - jugée trop rigide et trop proche des Américains. Et Chris Davis (ADLE, Royaume-Uni) de s’interroger sur le choix de Mme Hedegaard au poste de commissaire au Climat « alors que les négociations qu’elle présidait ont échoué ». « On ne peut pas accuser l’Europe, ni la présidence danoise parce que quelques pays ont changé d’avis à la dernière minute », a-t-elle rétorqué. Mais elle a néanmoins reconnu que les résultats auraient pu être meilleurs si l’Europe avait fait, en amont, des propositions financières. PAQUET ÉNERGIE-CLIMATOutre la mise en œuvre et le suivi de l’accord de Copenhague, Connie Hedegaard a défendu devant les parlementaires ses deux autres priorités. Il s’agit, d’une part, du renforcement de la compétitivité et la création d’emplois, par l’innovation et les technologies à faibles émissions de carbone, et, d’autre part, de la mise en œuvre des instruments relatifs au climat prévus dans le paquet « énergie et climat », adopté en décembre 2008. Elle s’est engagée à s’attaquer à ce point le plus rapidement possible. Parmi ses attributions, elle est en effet responsable du développement et de la mise en œuvre du système d’échange de droits d’émissions de l’UE et de la promotion de ses liens avec d’autres systèmes de marché du carbone. « Notre vision, c’est un système global avec un prix global pour le carbone », a-t-elle déclaré, en insistant sur le lien à faire en premier lieu entre le système européen et le système américain. Déclarant qu’elle ferait la chasse aux abus, elle s’est néanmoins positionnée à l’encontre de la fixation d’un prix plancher, qui risquerait d’entraîner la mise en place d’un prix plafond et dès lors, de surplus. AUTRES PRIORITÉSTout au long de l’audition, elle a d’abord plaidé pour la mise en place d’un paquet « transport/climat ». Elle désire en effet agir sur le transport des poids lourds, par exemple, ainsi que sur le transport maritime, pour lequel elle désire une régulation internationale. Elle a ensuite défendu l’idée d’un test climat systématique dans tous les projets d’infrastructure financés par l’Union européenne et d’une réforme de l’agriculture intégrant la problématique climatique. Enfin, sur la question du nucléaire elle estime que le plus urgent est de voir si la sécurité est respectée car « si au Danemark, nous ne voulons pas du nucléaire, il existe dans le monde ». Connie Hedegaard Née le 15 septembre 1960 à Holbaek (Danemark), un master en littérature ainsi qu’un master en histoire en poche, Connie Hedegaard est élue députée au parlement national du Danemark sous l’étiquette du parti conservateur en 1984. Dans les années 1990, elle se consacre pleinement au métier de journaliste avant de remonter sur la scène politique en 2004 aux côtés d’Anders Fogh Rasmussen, alors Premier ministre. Occupant les fonctions de ministre de l’Environnement, de ministre de l’Energie et du climat à partir en 2007, c’est elle qui a présidé la Conférence de Copenhague sur le climat en décembre 2009, avant de céder la place suite aux difficultés rencontrées, à son Premier ministre. |
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